‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 38 sur 135 · Science et psychologie, p · texte numérisé non relu

Science et psychologie, p

LE MOI

monde : celui de, causalité ^ et celui de raison suffisante K Le principe de raison suffisante est au fond de chaque système philosophique. Dire en effet que tout a sa raison, c'est dire que tout est intelligible; et c'est le postulat, non seulement de toute philosophie, mais de toute pensée : penser c'est comprendre. Ce n'est donc pas pour avoir posé ce principe à la base de la science que Leibnitz se sépare des autres philosophes; c'est par le rôle qu'il lui assigne. Il n'en fait pas seulement le fondement de la science, mais l'intermédiaire nécessaire de toute connaissance objective : c'est par lui que nous parvenons à sortir de l'enceinte du moi et que nous atteignons le monde. En prenant ce détour, Leibnitz obéit à la nécessité et subit les exigences de son système sur la nature des monades. Mais cette nécessité est, par ailleurs, conforme à son désir et à ses tendances; il croit par là mettre l'existence du monde à l'abri du doute. Au lieu de se fonder sur un fait, la connaissance que nous en avons s'appuie sur un principe. Elle lui parait dès lors certaine, d'une certitude métaphysique, absolue.

Sortir du moi, aller au monde et à Dieu, c'est résoudre le problème suivant : étant donné le moi avec ses sensations, ses idées, ses principes, son évolution ininterrompue et graduelle, que doit être le monde pour que ce petit monde intérieur ne soit pas sans raison suffisante? Mais il est évident que, même certaine, une connaissance ainsi obtenue tend à nous éloigner du réel et de l'activité qui en est le fond. Nous n'arrivons au monde que par la de-

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