‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 39 sur 135 · md.j p · texte numérisé non relu

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duction; nous ne le voyons qu'en nous dans un reflet *, dans une projection, fidèle peut-être, mais vide.

Là du moins, nous pourrions saisir la force d'une prise directe et à sa vraie source. Mais Leibnitz semble ne pas l'apercevoir -; il ne la voit que dans les conséquences qu'il en déduit. Pour que le principe de causalité, qui est en nous, trouve satisfaction, il faut qu'il y ait hors de nous des êtres qui soient relativement à nous et entre eux dans le rapport de cause à effet 3 : c'est le fondement de l'harmonie du monde. Mais, on le sait, cette harmonie est préétablie^; et l'on sait aussi comment, de cette conception, la causalité sort amoindrie. Non seulement tous les êtres, toutes les monades conçues à l'image du moi, sont closes à toute action extérieure, mais on se demande encore ce qui reste d'énergie vraie et de force dans leur développement intérieur. Faut-il voir dans la tendance autre chose qu'une prévision obscure des étapes que la monade va successivement parcourir? Entre ces étapes, y a-t-il plus qu'une succession, un lien réel, une action efficace? Peutêtre. Mais ce déroulement d'états successifs suivant une loi tracée d'avance, prête au doute; et l'on est amené à se demander pourquoi il faudrait une causalité vraie pour expliquer l'évolution de la monade, puisqu'une causalité apparente suffit à rendre raison des actions et des réactions des monades entre elles.

En tout cas, et c'est surtout ce qui nous importe, si la

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