Œuvres inédites..., t. I, p
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LE MOI
plus avant, on voit leur différence et même leur opposition. Le moi de Leibnitz se rattache d'une manière très étroite à la substance et à la cause ; celui de Kant parait se suffire à lui-même. S'il est uni au noumène, qui se dérobe dans le lointain non seulement à la conscience mais à la pensée elle-même, il est difficile de dire par quelle relation, et impossible de le préciser; et son union avec l'expérience, pour être plus certaine, n'en est pas plus claire. Il en est tout à la fois le fondement et le résultat : sans lui, toute expérience serait impossible, puisque, hors de l'unité, il n'y a ni pensée ni sensation; et sans l'expérience, il n existerait pas, puisqu'il n'est que le point de convergence des éléments qui la constituent K
C'est de ce moi, qu'on peut dire qu'il est abstrait et purement logique. Maine de Biran cherche autre chose.
Que cherche-t-il donc? Peut-être que, si nous résumons rapidement les critiques que nous venons d'exposer, nous parviendrons à comprendre en tout son enquête, et comment se pose dans son esprit la question fondamentale de la philosophie.
Depuis Descartes, tous les philosophes ont eu le même dessein et la même ambition : refaire, en laissant de côte toute tradition, la science philosophique. Et, comme ils ont le même dessein, ils ont à peu près le même plan : retrou-