‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 55 sur 135 · Éd, Cousin, t. IV, p · texte numérisé non relu

Éd, Cousin, t. IV, p

chir. Par elle, nous connaissons les faits, les phénomènes et les lois de leur succession; nous ne pouvons aller au delà. La conscience n'est pas plus pénétrante que les sens : elle s'arrête à la même barrière, ou plutôt elle a le même objet, les phénomènes. Elle saisit l'acte de volonté et le mouvement qui le suit ; mais le lien qui les unit, s'il en est un, elle l'ignore i : toute conscience directe de l'effort est illusoire. Il nous semble que nous le sentons grandir et décliner; mais, en réalité, nous ne percevons que des sensations successives, d'intensité croissante ou décroissante. La force qui les produit, nous la concevons peut-être ; mais elle échappe à nos prises.

L'énergie productrice est inaccessible. Au repos, elle ne se distingue pas de la substance; elle est insaisissable comme elle. En acte, elle se confond avec le mouvement qu'elle est censée produire. La force vive d'un mobile, pendant son trajet d'un point à un autre, est un aspect du mouvement et non une entité cachée ; il en est de même en nous : l'énergie et le phénomène qu'elle est censée produire, s'identifient. Les séparer, c'est opérer dans le réel ime section idéale, une division purement logique : ils sont inséparables en fait; ils le sont aussi dans notre esprit.

Nous ne pouvons les connaître l'un par l'autre 2. 11 le faudrait pourtant. Si nous pénétrions jusqu'à l'énergie active, jusqu'à l'effort, dans la cause nous verrions l'effet : nous devrions avoir quelque idée de sa nature intime, de son intensité, de son mode de développement et par suite pressentir, avant qu'il se produise, le mouvement futur et

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