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divers organes qui, mobiles à volonté , peuvent être mieux connus. Chacun de nos sens est le siège d'une sensation spéciale et le tact est répandu sur toute la surface du corps^ . C'est aussi dans les sens que les intuitions ont leur siè^-e. Elles sont intimement unies aux sensations internes particulières. Elles forment souvent avec elles un phénomène unique, phénomène à deux faces, l'une subjective qui nous fait connaître à nous-mêmes les modifications de notre sensibilité, l'autre objective qui se réfère aux objets extérieurs et nous révèle leur nature.
Ce n'est point que la sensation affective n'ait aucune relation avec le monde extérieur. Elle y est rattachée, ainsi que l'intuition, mais d'une manière différente. Elle est rapportée à l'objet qui la détermine comme à sa cause, l'intuition comme à sa substance. Celles-là sont retenues dans le corps vivant et sensitif; celles-ci en sont détachées : nous les fixons sur le contenu résistant que l'exercice du tact nous a révélé 2.
De là résulte la distinction des qualités premières et des qualités secondes : les qualités premières sont la résistance et ce que la résistance suppose, l'impénétrabilité et l'inertie; les qualités secondes, projetées hors de nous et fixées sur la substance, sont les couleurs, les qualités tactiles, les sons. C'est à tort que Descartes a rangé parmi les affections les sensations de chaleur, de saveur, d'odeur : elles ont leur cause dans les objets, bien qu'elles nous fassent surtout connaître les modifications de notre sensibilité 3.