‹ Maine de Biran, sa vie et ses penséesChapitre 15 sur 85 · Latnariiae · texte numérisé non relu

Latnariiae

le foyer domestique fatigue quelquefois par .sa traUqulllité méqe ; le travaii de Tesprit procure de douces et nobles joies, mais il est difficile de s'y adonner avec la persévérance nécessaire. On s'agite lors même qu'on est seul avec ses idées ; on erre dans une bibliothèque comme dans les rues d*nne cité; on se dissipe avec les livres aussi bien qu'avec les hommes. Pour être douce, l'étude doit être paisible, et on ne réussit pas toujours à lui donner ce caractère. Toute disposition n'est pas également propre au travail ;il est des heures, des jours où Pesprit, inactif malgré tous les efforts, retombe sur lui-même et s'affaisse dans une désolante langueur. L'étude, d'ailleurs, donne-t-elle ce qu'elle semble promettre ? Si le voile qui couvre la vérité parait se lever un instant, ne le voit-on pas souvent retomber ensuite plus lourd et plus sombre qu'auparavant ? La retraite et U; travail, pas plus que les agitations de la vie sociale, ne sauraient donner le bonheur : les affections les plus douces laissent des intervalles vides dans le cœur ; les labeurs de l'esprit offrent des jouissances éphémères et souvent trompeuses ; il n'y a point là de base fixe, de mobile permanent, de point d'appui qui mette l'âme en repos.

Telles sont les plaintes des solitaires qui succèdent è celles de rhabitant de la capitale. Toutefois, à Paris, M. de fiiran continue à désirer la solitude; dans la solitude, sans rencontrer ce qu'il cherchait, il ne désire pas la vie du monde. Il reconnaît avec une clarté toujours plus vive que nous demanderions en vain le repos aux circonstances du dehors, quelle que soit leur nature. Pour être heureux, il faut que la vie soit une, et

la sienne se disperse et se dissipe. « Je n'ai pas de base pas

« d'appui pas de mobile constant.... -Je soufiOre u n Je

souffre! telle est la parole qui revient sans cesse sous la plume

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