‹ Maine de Biran, sa vie et ses penséesChapitre 47 sur 85 · Imitation de Jésus-Christ · texte numérisé non relu

Imitation de Jésus-Christ

2, FéneloD. Lettres Spirituelles.

non pas de nous-mêmes, ôtres inconstants et faibles qui ne sommes qae vanité, néant et poussière devant Dieu. De quoi puis-je donc me glorifier, et à quel titre désiré-je être estimé des hommes ? Dès que l'homme aspire à être loué de ses semblables, il est esclave de sa vanité, et privé des véritables vertus. « La vraie gloire, laloie pure est de se glorifier, de se réjouir en Dieu ^ »

Cette abnégation de soi-même et de tout ce qu'il y a de terrestre, de sensible ou d'humain en nous et hors de nous, est le caractère propre et éminent de la philpsophie chrétienne, à laquelle, sous ce rapport, nulle autre ne peut être comparée, et qui surpasse tout ce que la philosophie des anciens a de plus élevé. Le christianisnrie pénètre bien plus avant dans le cœur de l'homme ; il lui révèle bien mieux tout le secret de sa faiblesse que la philosophie tend à lui cacber : et seul lui apprend où il trouve une force qui n'est pas en lui, puisque, évidemment, il ne dépend pas de lui-même, et que ce qui le constitue lui à titre de force suijuris peut disparaître ou s'évanouir à chaque moment, sans qu*il puisse l'empêcher, comme il arrive dans le sommeil, la défaillance, tes maladies, la caducité.

Observons les divers degrés de perfection dont notre nature est susceptible, et dont la vraie philosopbie ne peut s'empêcher de tenir compte exactement, au lieu de s'arrêter au degré le plus bas et au dernier ordre de facultés, comme si c'étaient là nos limites. C'est dégrader l'homme, c'est l'anéantir que de ne voir en lui que des facultés sensitives, et de tout rattacher à rorganisme, comme s'il n'y avait pas une force active, libre, indépendante du fatum, force qui a ses lois propres, élevées au-dc^us de la nature. Ceux qui considèrent le mot hors des sensations, ou supérieur à elles, commencent à entendre

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