‹ Maine de Biran, sa vie et ses penséesChapitre 49 sur 85 · Livre de Job, chap xiv, vers · texte numérisé non relu

Livre de Job, chap xiv, vers

DE ItAINE DB BtRAN. 1819. 287

river à la mort, quand l'âme sera délivrée de ce corps pénssable, et libre de toutes ses entraves? Jusque-là je n'ai qu'à me résigner : Libenier gloriabor in infirmitatibus meis *.

10 octobre. M. et M«« (jéi*ard sont arrivés à Grateloup avec mes deux Hlles. La joie s'est répandue dans la maison, et, dés ce moment, j'ai été hors de moi, tout entier au plaisir de voir ma famille réunie, m'occupant à leur rendre ce séjour le plus agréable possible, jouissant de leurs caresses et du bonheur qu'ils éprouvent prés de moi. Huit jours se sont ainsi passés comme l'ombre.

20 octobre. M. de Bonald dit, avec son ton sentencieux d'oracle, que l'homme est « une intelligence servie par des organes. - On peut lui opposer cette parole divine citée par Van Helmont : domestici ejus smt inimid ejus '.

Voulez- vous conduire l'homme par la foi et réduire là toute vraie philosophie? ayez la simplicité de la foi et servez-vous de son divin langage, au lieu de recourir aux subtilités de la dialectique et de vouloir séduire par un style de poète, ou nous en imposer par des paroles brillantes qui ne signifient rien au fond.

« Toute occupation, même des choses saintes, qui ne nous « met^ point avec Dieu dans un état de présence-, ou une so- 4 ciété d'amour, est plutôt une étude qu'une oraison '. » La philosophie n'admet que Tétude : c'est un état d'effort et de contention sans relâche : aucun abandon. L'âme cherche à se diriger elle-même contre le vent des passions ou des mouvements spontanés: elle ne se sent pas soutenue, elle craint

i. Saint Paul, 2* épftre aux Corinlh. cbap. xii, v. 9.

2. Et inimici homini» domestici ejus. (Evangile de saint Matthieu, chap. X, y. 36 )

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