‹ Maine de Biran, sa vie et ses penséesChapitre 56 sur 85 · ËvaDgile de saint Jean. Cbap. i, v · texte numérisé non relu

ËvaDgile de saint Jean. Cbap. i, v

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humilié et coq triste par les marques d'indifféreDce ; malgré toutes les contrariétés du monde, ne sachant pas me tenir tranquille dans une chambre, et concevant à peine comment on peut s'y tenir, en se réduisant à la vie intérieure. Quand on ne vit pas dans l'esprit, comment marcher selon Tesprit? Si spiritu vwimus, spiritu et ambulemus ^

Paris, 16 décemlfre. « L'amour des choses de la chair est une « mort, au lieu que Tamour des choses de Fesprit est la vie de « la paix '. 9

Insensés que nous sommes, de nous attacher exclufilTement à ce qui doit mourir, à ce qui meurt chaque jour, et de négliger ce qui esl immortel, ce qui doit rester le même. Écartez les soins superflus du corps et tout ce qui y tient, tout ce qu'il y a de passif, de sensible et de mortel et vous aurez la paix, la vie, la lumière. La lumière n'est offusquée en nous que par les ténèbres du corps ; l'activité est donnée à l'âme, au moi^ p)our chasser les ténèbres, et dès lors elle voit, elle s'unit, elle s'idenjifie à la vérité, à Dieu même. Se séparer ainsi du corps, se mettre au-dessus de tout ce qui est sensible, c'est apprendre à mourir, c'est se préparer à une mort tranquille, bien mieux qu'en y pensant directement.

Le mot ne fait pas la lumière sensible qu'il perçoit par le sens externe de la vue ; il ne fait pas non plus les sons qu*il entend par Foule ; mais, par un emploi de l'activité qui est en lui ou qui est lui-même, ii prépare ou dispose le sens à recevoir l'impression. De même, Fâme ne fait pas les idées des choses, des vérités qu'elle conçoit ; elle ne fait pas le beau, le bon, le vrai, le juste ; mais elle dispose le sens interne à percevoir la lumière qui éclaire ces idées, en écartant les images

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