‹ Maine de Biran, sa vie et ses penséesChapitre 79 sur 85 · M. Gérard souffrait d'une attaque de goutte · texte numérisé non relu

M. Gérard souffrait d'une attaque de goutte

A Adine.

iféTrier 1821.

c Ta dernière lettre, ma bien chère enfont» ni*avait déjà rassuré sur l'état de DOtre cher malade ' et celle que j'ai reçue hier d'ËIiza complète cette sécurité. Je tous remercie, mes bonnes enfants (après Dieu), de m aYoir ôté ce sujet d'inquiétude ; il m'en reste encore assez d'autres. Je partage bien de tout mon cœur les doux sentiments de satisfaction et de tran-^ quiilité que vous éprouvez aujourd'hui, après tant de tristesse. C'est là une des compensations du genre de vie simple et uniforme que vous menez.Les peinesque tous pouvez ressentiront toujours une cause légitime qui fait l'éloge de la sensibilité de votre âme, et n'emporte avec elle aucun repentir. La cessation de ces peines naturelles qui ne sont connues que des bons cœurs devient ensuite un sujet de satisfaction et de contentement pur comme sa source. C'est tout le contraire dans la vie du monde, même la plus heureuse. Les plaisirs qu'on y goûte ne font qu'agiter et dessécher l'âme ; la jouissance en est souvent mêlée de regrets, de repentirs amers ; la privation devient insupportable et n'est compensée par rien qui console et qui remplisse le vide affreux du cœur et de l'esprit. Quand je vois de près, ma chère enfant, ce monde si brillant, si pompeux et si vain, où tant de jeunes personnes ne semblent occupées qu'à tourmenter leur vie, et à se préparer des regrets cuisants et de longs ennuis, je remercie Dieu de vous avoir soustraites à de tels dangers, et je le prie ardemment de vous conserver par sa grâce Tâme pure, les goûts simples et ces bons sentiments où le devoir et le plaisir se trouvent unis et fondas l'un dans l'autre.

« Ta lettre, ma chère enfant, et celle de ta sœur, que j'ai re-

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