‹ Maison de BullyChapitre 14 sur 51 · Voici leurs noms · texte numérisé non relu

Voici leurs noms

— I. Jean de l'Estendart, seigneur de Bully ;

— II. Charles l'Estendart, seigneur de Saint-Martin, d'Angerville, de Sores, de Chalandri, épousa, le 20 septembre 1 640, Claude de Pipemont, née de Philippe de Pipemont, écuyer, seigneur de Couvron, et d'Anne de Vieuxpont. Ce fut en sa faveur que le roi, par lettres patentes en forme de charte, éleva, au mois d'avril 1655, la terre d'Angerville au rang de baronnie;

— III. Anne de l'Estendart, reçu chevalier de Malte dans le grand prieuré de France, le 7 juin 1629, après vérification de ses quartiers de noblesse;

— IV. Marguerite de l'Estendart qui fut conjointe à Nicolas du Caurel, écuyer, seigneur de Taigny. {Armoriai de France, par d'Hozier, 18i1, in-i", registre premier, p. 370-381.)

cette traduction trop libre : « Voici un autre de l'Estendart qui se présente à vous, de la part du roi, pour être votre nouveau gouverneur. »

Anne de l'Estendart, baron de Bully, succéda à François Martel, sergent de Neufchâtel, en 1620'.

Le 1^' septembre 163Ù, dans le village de Frenesville, à l'heure de la réunion des échevins, éclata entre divers gentilshommes et plusieurs roturiers une collision sanglante qui se termina par le meurtre du sieur Damonville, apprenti maréchal. Les coupables, qui étaient Jacques de l'Estoile, écuyer, sieur de Frenesville, son fils Antoine, son neveu André et Jean du Hamel, sieur de Coquetz, furent recommandés à l'indulgence du parlement par le duc de Longueville et le baron de Bully ^

La terre de Bully fut élevée au rang de marquisat en faveur de Jean-Louis de l'Estendart et de sa descendance mâle et femelle en ligne directe et collatérale au mois d'octobre 1677. Les lettres patentes d'érection furent regislrées au parlement de Normandie et en la chambre des comptes le 20 mai 1688 '. Dans son His-

\ . Hisloire de la ville de Neufchâtel par un religieux de l'ordre de Cileaux, écrite en 1753. Manuscrit in-fol., page 93; Bibl. de Neufchâtel-en- Bray.

2. Hisloire du privilège de Saint-Romain, par A. Floquet, t. II, p. 467 et 468.

3. Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, par l'abbé d'Expilly, t. l", p. 872. — Tableau généalogique

toire des cloches du pays de Bray, pages /!|10-/il7, M. Dieudonné Dergny parle de la refonte de celles de Bully en 1G8Û et 1700. Sur un compte de la fabrique de Bully, portant la première de ces deux dates, figure une somme de liO livres, payée au fondeur en présence de M'"* de Bully, qui était vraisemblablement de la maison de l'Eslendart.

Le roi, en 1683, avait réuni au marquisat de Bully le fief de Bos-Roliard-le-Hardi '.

De Jean-Louis de l'Eslendart, marquis de Bully, et de Clirétienne Tardieu de IMaleyssie vint le suivant : Jean-Louis de l'Estendart, IP du nom, marquis de Bully. Il débuta dans le métier des armes en 1691 comme cornette dans la compagnie de chevau-légers de Berry, d'où il passa, en 1699, avec la qualité de sous-lieutenant, dans les gendarmes de Berry au même régiment. Sa Majesté le nomma maréchal de camp au mois d'avril 1704 et lui accorda peu de temps après le gouvernement de Menin - et la croix de Saint-Louis. C'est

de la noblesse, par M. le comte de Watoquier de Combles, V parlie, p. -1 69-

■I. Recherches hisloriqueSj archéologiques et biographiques sur le Bray Normand el le Bray Picard, par N.-R.-P. de la Mairie, t. I", p. 347.

2. Le Journal du marquis de Dangeau, t. X, p. 13, nous apprend que le marquis de Bully avait acquis le gouvernement de Menin de M"'* de Pracomtal pour la somme de -142,000 livres. Jean-Louis de l'Estendart avait été réduit à quitter le service actif par suite de ses blessures qui l'avaient rendu invalide; il avait cédé sa sous-lieutenance à son beau-fils le marquis de Meinière-;, enseigne dans le «lême corps.

SOUS son commandement que cette forteresse, au bout de dix-huit jours de tranchées ouvertes, tomba aux mains des Anglais et des Hollandais le 22 août 1706.

La responsabilité de la reddition de cette place ne doit pas incomber tout entière à son gouverneur, puisqu'elle avait pour défenseurs militaires Caraman, et sous ses ordres le baron Sparre, maréchal de camp, et un capitaine suisse du nom de Besenval. Il y avait en outre une garnison composée de douze bataillons dont les principaux étaient ceux de Gondrin, de Saint-Sulpice, d'Isenghien, etc. ^

Jean-Louis de l'Estendart s'était marié une première fois en 1698 à Marguerite de Montfort % veuve d'Henri Alexandre de Fautereau, marquis de Meinières. Le marquis de Bully avait convolé en secondes noces, en d737, avec Marie-Geneviève-Gabrielle-Nicole de Grouches, fille de Nicolas-Antoine de Grouches, marquis de Chepy, maréchal des camps et armées du roi, inspecteur de cavalerie et époux de Geneviève Becquin. Jèan-Louis de Bully s'éteignit à Paris, le 17 mars 17 hO. Le Mercure de France (mois d'avril ilhO, pages 811 et 812), a consacré dans ses tablettes nécrologiques une page à sa mémoire.

^. Journal du marquis de Dangeau, t. XI, p. 163.

2. Celle-ci était fille de Dominique de Montfort, seigneur de Sainte-Foix, marquis de Tourny, maître des requêtes ordinaires de l'hôtel du roi, précédemment conseiller au parlement de Normandie, et de N. Bertaut.

Jean-Louis de BuUy fut enseveli le 7 mars 17^0 et ne laissa pas de postérité. La seigneurie titrée de Bully incomba à sa sœur Thérèse-Suzanne de l'Estendart% veuve de Charles, marquis de Roncherolles, dont le fils Thomas-Sibille fut privé d'héritier mâle. Sa fille unique, Anne-Marguerite -Thérèse de Roncherolles, recueillit à son tour le marquisat de Bully et le porta le 24 janvier ilkll à son mari René-Nicolas-Charles- Augustin de Maupeou, alors président du parlement de Paris et plus tard chancelier et garde des sceaux de France ^ Son fils René- Ange-Augustin de Maupeou, marquis de Bully, président à mortier du parlement de Paris le 28 août 176/i, s'allia en 1769 à Anne-Justine Feydeau de Brou, qui avait pour père Antoine-Paul- Joseph Feydeau, marquis de Brou, maître des requêtes, et pour mère Justine-Josèphe Boucot'.

Un des derniers hoirs de la race de l'Estendart fit

H. Elle lint sur les fonts baptismaux, le 15 février 1702, avec Michel de Roncherolles, marquis de Pont-Saint-Pierre, premier haut baron de Normandie, François-Jean-Jacques-Michel de Rieux, fils de François de Rieux, conseiller au parlement de Rouen, et de dame Marie-Jeanne-Louise Huet. Thérèse-Suzanne de Bully est qualifiée sur les registres ecclésiastiques « haute dame cl veuve de messire Charles, marquis de Roncherolles, gouverneur de Landrecies, lieutenant-général des armées du roi. »

2. Diclionnaire de la noblesse, par La Chesnaye-Desbois, 2« édition, t. VI, p. 161-162. — Tableau généalogique de la noblesse, par M. le comte de Waroquier de Combles, V« partie, p. 169-170.

3. Diclionnaire de la noblesse, par La Chesnaye-Desbois, 3" édition, t. XIII, p. 478-479.

démolir l'ancien château féodal et transporter ses matériaux à une certaine distance sur la colline de Martincamp, du haut de laquelle l'œil domine plusieurs horizons et découvre un splendide panorama. Le chancelier Maupeou avait donc succédé aux l'Estendart dans la propriété de Bully ' ; ses fils ou petits-fils aliénèrent ce beau domaine le 22 floréal an XII. Le château moderne subit le sort de l'ancien et fut détruit. Son emplacement et le domaine qui en dépendait furent acquis par M'"' veuve Denise, qui l'avait encore il y a peu de temps ^

Nous allons revenir un peu en arrière pour rappeler un litige dans lequel Guillaume de Bully, descendant des anciens feudataires de ce nom, qui jouèrent un si grand rôle dans la conquête de l'Angleterre, et les de l'Estendart se trouvèrent en présence. Noël de Bully eut, vers 1674, de Hélène Huot% Guillaume de Bully qui ne laissa point de progéniture. Dans une liquidation successorale, survenue en 1705 à la mort de dame Rainée, veuve de Bernard de Réclame, baron de Longepierre,

1 . Bully est réputé pour la fabrication de ses fromages à la crème, dits de NeufchâteL D'après d'Expilly, la petite ville de Bully était comprise dans le diocèse de Baveux, ressort du parlement de Rouen. Elle dépendait de l'élection et de la sergenterie de Neufcliâtel. On y comptait 3 feux privilégiés et 290 qui étalent taillables.

2. Tous les détails qui précèdent ont été empruntés à la Description de V Histoire de Neufchàtel, par Guilmeth, p. 26-27.

3. Elle était fille de Barthélémy Huot, contrôleur des guerres, lieutenant du bailliage de Ruelle, et de Mathurine Chevallier.

intervint Guillaume de Bully en qualité de seul héritier maternel dans la ligne des Huot, à laquelle appartenait la défunte'. Dans le môme acte comparaît à titre de créancier Jean-Louis de l'Estendart, marquis de Bully.

Les deux parties portaient le nom de Bully, l'une comme dénomination familiale depuis les temps les plus reculés, l'autre comme titre de date récente. Guillaume de Bully représentait la vieille souche de ce nom sans le fief, perdu au milieu des vicissitudes du moyen Age; les de l'Estendart au contraire possédaient le fief de Bully comme dignité glébée, mais non comme appellatif patronymique. La vieille race spoliée se trouva donc en présence de celle qui avait légitimement acquis le patrimoine.

Le débat contradictoire porta uniquement sur la question d'intérêt et ne se compliqua d'aucune contestation au sujet du nom et du titre entre les deux adversaires, ce qui prouve que Guillaume de Bully et Jean-Louis de l'Estendart étaient pleinement dans leurs droits. Le 23 août 1723, le litige n'était pas encore tout à fait terminé; les pièces judiciaires constatent le décès, sans enfants, de Guillaume de Bully-, ce qui est confirmé par un acte du 15 avrfl 1728

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