‹ Maison de BullyChapitre 19 sur 51 · Voici sa teneur textuelle · texte numérisé non relu

Voici sa teneur textuelle

(i A tous cheus qui ches lettres verront et oiront, Jehan Dumoustier, « clerc tabellion et garde du scel des obligations de la vicomte de Nœfchas- « tel, salut.

« Sachent tous que par devant Pierres Baul, clerc commis et establi por « nous es dites lettres, passer, si comme il nous a tesmoigné que, par son « serement auquel nous adjoutoii foy, fu présent Thomas de Bully, de la « paroisse de Bully, qui recognut, de sa bonne volenté sans nul contraigne- « ment, qu'il avoit baillé, quittié et délessé, à fin de héritage, à toujours mes « pour luy et pour ses hoirs au duc monssegneur et à ses hoirs, pour douze « livres tournois, lesquelz sont tournés et convertis envers le duc monssc- « gneur en acquittant le dit Thomas, à cause du tiers et dengier d'une vente, « qu'il tenoit de monssieur Henry Louvel, chevalier es montz de Bully, de « laquelle somme d'argent le dit Thomas se tint pour bien païé par devant « ledit tabellion; chest assavoir vint quatre soulz tournois de rente à « prendre et à rechevoir, chascun an, sus une masure avec les édifices, assis « en la paroisse de Bully, que lient Guillaume Legay, imoitié à la Saint- « Michel et moitié à la Toussaint, et joint la dite masure d'un costé à la « masure Guillaume Ferée, et de l'autre costé à la masure du dit Thomas et « aboute des deux aux quemins du roi.

« Laquelle rente dessusdite le dit Thomas, pour luy et pour ses hoirs, au « duc monssegneur et à ses hoirs vers tous et contre tous promist garantir « et deffendre et de tous obligations, empeschesment, délivrer et despecher « quels qu'ils soient ou puissent estre et fère la dite rente bonne et bien « solvable en temps à venir as dits termes bon an mal an. Et fut présent le dit

frappait une certaine étendue de bois couvrant les monts de Bully et acquise d'Henri de Louvel, seigneur de Bully.

Les rejetons de Roger de Bully, au début du xiv^ siècle, quoique déshérités depuis longtemps du fief qui avait été leur berceau, ne l'avaient donc pas tous abandonné. Une branche était restée attachée à un coin du sol originel. Elle y vivait côte à côte avec les enfants de

« Guillaume Legay, que la dite masure tient, qui promist et s'oblija à rendre « et à païer la dite rente d'ore en avant en la manière qu'il la rendoit aa dit « Thomas. Et fut présente Humaine, femme du dit Thomas, qui jura sur « saints Évangiles, de sa bonne volenté et de l'otorité du dit son mari que « présent y estoit, que jamès en la dite rente pour réson de héritage, de « douaire, de mariage encombré, de conquest de partie de promesse de don « ne de nocches ne pour nulle autre réson quelle quelle soit ou puist estre, « riens d'ore en avant ne demander, à demander ne réclamer ne fera par « luy ne par aultre, en court laie ne en court de chrestienneté. Et quand « à che tenir, garder, garantir et intérigner de point en point, en la manière « que dit est, les dessus dit Thomas et sa femme et le dit Guillaume ont « obligé eux et leurs hoirs leurs corps à mettre et tenir en prison, se euls « défalloient des choses dessus dites, tenir et entérigner. Et si ont obligé ,« touz leurs biens et les biens hoirs, moebles et non moebles, présens et à « venir, à vendre et à despendre par la main de la justice, dans quelle « juridiction eulz seront trouvés, pour bailler au porteur de ches lettres « jusqu'à la quantité de la dite rente et des caus et domages que le por- « teur de ches lettres diroit que l'on avoit eus et soustenus, pour la dite « rente, fère tenir et intérigner, dont le porteur de ches lettres seroit cru « par son serment sans autre preuve fère ne autre procuration porter devant « justice.

« Et nous, en tesmoing de cheu, avons mis en ches lettres le scel des obli- « gâtions de la vicomte de Nefchatel, qui furent faites l'an de grâce mil trois « chens trente et trois, le samedi avant le jour des Brandons. » [Archives de France, Fr. 215, n° 10.)

ceux qui avaient spolié jadis les vrais sires de Bully. Les étrangers, par conséquent, n'avaient point entièrement envahi l'héritage, car quelques lambeaux en avaient été sauvegardés par les descendants directs des de Bully primitifs. Le peu qu'ils avaient retenu suffisait pour rappeler leur point de départ aux maîtres nouveaux de leur seigneurie et empêcher que les de Melleville et les de Louvel ne pussent, en s'assimilant le nom terrien de Bully, s'identifier avec ceux qui le portaient à titre patronymique.

Thomas de Bully avait aliéné la petite redevance féodale dont il vient d'être question avec l'assentiment de sa femme HUMAINE, qui renonça à toute réclamation ultérieure et à tout privilège dotal. Les époux s'engagèrent en outre solennellement envers le duc de Normandie à se laisser mettre en prison si leur obligation n'était pas rigoureusement tenue.

. Le 2 août de cette même année 4333, Thomas de Bully conclut un nouveau marché avec ledit prince, à des conditions analogues ^ Il avait sauvé du désastre général de sa famille, non-seulement les censives dont il a été question, mais en outre un arrière-fief dans la juridiction de Bully. Ce fait de possession d'une enclave féodale est constaté dans le Coustumier de Normandie. 11 résulte d'un article de ce recueil que le fieu de Tho-

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