Nobiliaire universel, par Saint-Allais, t. XIII, p
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somme destinée à sa délivrance avait été fournie en vaisselle d'or et d'argent par l'abbé de Sainte-Melaine, auquel le duc avait cédé en compensation certains prélèvements sur diverses taxes et sur son droit de monnayage. Georges Gicquel, en sa qualité de receveur général du duc, fut chargé de réaliser les revenus et de les remettre aux moines de Sainte-Melaine, comme on peut le voir par l'extrait ci-après :
« Charles, duc de Bretagne, vicomte de Limoges, seigneur de Guyse et de Ardenc, à nostre amé vallet Georges Gicquel, nostre receveur général de Bretagne, gallon au mestre de nostre monoye de Rennes et « aux trésoriers et collecteurs de nos imposicions de nostre ville et païs de Rennes, salut : pour le grand nécessaire de chevance que nous avons à payer « nostre rançon, avons eu et receu et pris à présent de nostre très cher amé et féal conseiller l'abbé de Saint-Mélaine de Rennes, en vessellement et autres pièces d'or et d'argent, jusques au montent et vallue de deux mille escuz d'or de Jahan, des biens de sa dite abbaye et ad fin d'en estre satisffaiz et paiez le plus présentement que l'on pourra, par quoy le dict
< monsieur de Saint-Mélaine et ses religieux ne soient
< destituez de leurs ajournements et chevance, pour ( l'avisement de nostre grand conseil, les avons ajour-
< nez et assignez de aider le paiement de ladite somme
< assavoir estre : mil escuz sur les émolumenz de noz
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dictes impositions et les autres mil escuz
sur le profit à nous appartenant sur les dictes mo-
noye selont et des à présent deus
lesquelles choses
comme dict estre obligeons audict abbé et couvent, jusques à tant qu'ils en soient entièrement paiez et satisffaiz nonobstant quelconques ordonnances deffenses, assignations, lettres ou mandements, faiz ou affère pour nous ou nostre compaigne la duchesse, ne autre au contraire pour quelconque somme ou manière que ce soit. Pourquoy nous vous mandons et estroitement commandons à vous et à chacun de vous sur la foy et serment que vous et chacun de
vous nous avez fait
vous paiez au dict abbé et couvent ou
à leur franc message, portant ces lettres pour toute procuration, les deux mille escuz de Jahan ou la value
en nosîre monoye
et ad fin que ces choses soient tenues
et gardées fermement sanz enfreindre et sanz mal anging nous les garantiçons et promettons en bonne foy se tenir et accomplir, et pour plus diligemment et présentement les exéguter, vous, Georges, nostre général receveur, par notre commandement, les avez promises et jurées sur les SS. Évangiles fere avancier et avancier les dits paiemenz à tout vostre pouvoir sanz débat, empêchement, etc.
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« Fait et donné à Rennes le premier jour de janvier « mil trois cent cinquante sept \ »
Au bas est écrit :
« Par monseigneur le duc en son grand conseil auquel estoient les évêques, etc. »
Georges Gicquel remplissait encore les mêmes fonctions financières auprès de Charles de RJois, Je 15 avril 1358, ainsi qu'il appert de lettres analogues aux précédentes. A cette date, en effet, le duc et la duchesse de Bretagne le commirent de nouveau pour donner aux religieux de Sainte-Melaine d'autres garanties effectives jusqu'à parfait remboursement de la somme de deux mille écus, affectés par le monastère au rachat de Charles de Blois 2.
JEAN-RAOUL GICQUEL est mentionné dans Y Histoire de Bretagne par Dom Lobineau, comme champion de Charles de Blois et par conséquent du roi de France. 11 comparaît, le 6 décembre 1356, à la revue passée au Mans par Jean Raguenel, vicomte de la Bellière, faisant pour Foulques de Laval, lieutenant général d'Anjou et du Maine, demeuré fidèle au parti national après le désastre de Poitiers. Les compagnons d'armes de Jean-Raoul Gicquel étaient : Pierrot Le Coz, Macé
1. Archives de M. Albert-Auguste Gicquel des Touches, vice-amiral et préfet maritime à Lorient. Original en parchemin.
2. Archives domestiques de M. Albert-Auguste Gicquel des Touches, vice-amiral et préfet maritime à Lorient. Original en parchemin.
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Paisant, Guillaume de Halley, Jehan Boises, Olivier Trottier5 Jehan don Perrin, Olivier du Fail, Bonabes Danac, Guillaume de Maynant, Olivier du Guesclin, Amaury de Montgermont, le seigneur de Pois, Perrin Broche, Jehan de S. Nervé i9 etc.
ALAIN G1CQUEL, écuyer, était aux champs en j357 sous les ordres de Jean, sire de Beaumanoir, et fut passé en revue avec sa compagnie par son illustre chef en 1358 2. Charles de Blois, fils de Marguerite, sœur de Philippe YI, dit de Valois, avait épousé Jeanne de Penthièvre, fille de Gui, nièce et héritière de Jean III, duc de Bretagne. Ce dernier prince, en retour de la transmission faite à Charles de Blois, lui avait imposé de prendre le nom et les armes de Bretagne. En 13H, à la mort de Jean III, un de ses autres frères cadets, Jean de Montfort, revendiqua sa succession concurremment avec Charles de Blois. Les deux compétiteurs, soutenus l'un par la France, l'autre par l'Angleterre, recoururent aux armes pour vider leur querelle et engagèrent une lutte qui dura vingt-trois années. Elle se termina, en 1364, par la bataille d'Auray, où Charles de Blois succomba avec l'élite des seigneurs bretons. Michelet, qui a fait de ce grand combat un brillant et émouvant récit, rapporte que « les deux prétendants combattaient en
1. Histoire de Bretagne, par Dom Gui-Alexis Lobineau, t. I, p. 348, et t. II, p. 496. (Voir, aux Preuves, p. 123, document IX.)