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Bâche

Quoique. la culture forcée soit exclue du jardinage que peut avoir à surveiller une darne à la campagne , néanmoins quelques-uns des objets servant à cette culture sont actuellement si peu dispendieux et d’un usage si général que nous ne pouvons nous dispenser d’en parler. En effet , il n’y a pas de jardinier qui ne sache plus ou moins diriger une couche et tirer parti d une bâche , non pour forcer des primeurs , mais pour se procurer du plant vigoureux des végétaux qui craignent le froid , et qui, comme les melons, par exemple, s’ils n’ont pas été avancés sous la protection d’un châssis , n’arrivent à maturité qu’à une époque de l’année où ils ont perdu la plus grande partie de leur valeur ; les meilleurs melons sont évidemment plus goûtés pendant les fortes chaleurs de l’été que pendant les journées déjà froides de l’arrière-saison. Les cloches, châssis vitrés, appareils de chauffage, et tous les objets accessoires qui s’y rattachent , ont beaucoup diminué de valeur depuis quelques années ; leur acquisition ne constitue pas une dépense excessive ; c’est à la maîtresse de maison qu’il appartient de veiller à ce que cette dépense soit rendue plus légère par des soins d’entretien qui rendent ces divers objets plus durables.

Le meilleur emplacement pour une bâche est à quelques mètres en avant d’un mur exposé au midi. On peut aussi la construire directement en appentis le long de ce mur. Mais , d’une part , on enlève ainsi à l’espalier une partie de sa surface, fort utile pour certains arbres fruitiers ; de l’autre, le service de la bâche de petite dimension est toujours beaucoup plus facile lorsqu’il est possible

de tourner autour , ce qui n’a pas lieu quand elle est en appentis. La largeur de la bâche ne peut être moindre de 4™, 30 sur une longeur indéterminée. Le pourtour se construit soit en planches sur champ, reposant sur une légère maçonnerie qui tient lieu do fondations , soit en pierres de taille très-minces qui , selon les localités, coûtent un peu plus cher, mais sont toujours plus durables.

Le devant de la bâche ne doit s’élever au-dessus du sol qu’à la hauteur de 50 centimètres , tandis que le mur du fond s’élève à 1 mètre ; cette différence de hauteur détermine l’inclinaison du vitrage dont la bâche doit être recouverte. Si le mur du fond est en

maçonnerie, un chevron de bois doit régner à sa partie supérieure, afin de recevoir les charnières des châssis vitrés. Pour conserver dans l’intérieur d’une bâche une température plus douce , son niveau intérieur doit être plus bas d’environ 40 centimètres que celui du sol environnant. Les cadres ou châssis vitrés (fig. 21) qui

Fig. 21. Bâche.

recouvrent la bâche doivent être en bois de chêne, revêtus de plusieurs couches de peinture à l’huile , et garnis de carreaux de vitres en verre blanc posés en recouvrement l’un sur l’autre, à leur partie inférieure, ce qu’on nomme vulgairement en écailles de poisson , parce qu’on leur donne vers le bas une forme arrondie. Chacun des panneaux du vitrage se déplace ou se soulève à volonté ; il est bon dy joindre une crémaillère en bois dont les crans permettent de maintenir le châssis à divers degrés d’ouverture.

Pendant les grands froids, on maintient dans l’intérieur de la )A(, ie uno température douce , en entassant tout autour du fumier en fcimcntdtion que Ion a soin de renouveler pour empêcher lo

refroidissement. On ajoule à ces précautions celle de couvrir de paillassons ou de litière sèche les vitrages pendant les gelées. Il est facile d’y joindre un petit thermosiphon ou appareil de chauffage à l’eau bouillante ; ces appareils s’établissent actuellement à des prix très-modérés ; leur emploi double les avantages que l’on peut retirer d’une bâche dont ils forment réellement, à notre avis, l’accompagnement indispensable.

Les cloches servant de protection aux végétaux délicats sont de deux espèces : les unes, formées d’un seul morceau de verre {fig-Z 3), sont les plus commodes et les moins dispendieuses; mais elles ont le grave inconvénient de se casser très-facilement et de devoir être , par conséquent , très-souvent renouvelées , ce qui

finit par rendre leur emploi assez coûteux, quoiqu’on puisse les avoir à la verrerie au prix de 90 centimes; les autres ( fig . 22), qui portent particulièrement le nom de verrines , sont formées de petits carreaux réunis entre eux par des lames de plomb. Elles coûtent plus cher, mais elles durent plus longtemps que les cloches de verre ; leur principal inconvénient consiste dans le défaut do lumière suffisante pour les plantes qui vivent sous leur abri , les lames de plomb leur dérobant une partie du jour.

Cloches économiques. — Pour la culture ordinaire des plantes potagères , et même pour celle des melons qui no sont pas de grande primeur, les cloches en calicot gommé ou en papier huilé sont très-économiques. On prépare, à cet effet, une charpente en osier ou en fil de fer (fig. 24 ) ; on prend pour moule , soit un bloc de bois, soit un seau renversé , soit un panier de grandeur conve-

nable ; il faut laisser au sommet une boucle en fil do fer pour la facilité du service. La fig. 25 montre une de ces cloches terminée ;

Fig. 24. Charpente de la cloche économique. Fig. 25. Cloche économique.

les pieds servent à la retenir en s’enfonçant dans la terre, sa légèreté la rendant très-susceptible d’être emportée par le vent.

Ces cloches, recouvertes en calicot gommé, peuvent s’établir à 25 cent. , façon comprise ; recouvertes en papier, elles ne coûtent que 15 cent. , et peuvent durer deux ans. La charpente dure nombre d’années lorsqu’on en a soin ; on la recouvre en calicot gommé pour 15 cent. , et en papier huilé pour 8 cent. , environ.

Aux environs de Honfleur , on remplace les cloches par un procédé encore plus simple et moins dispendieux , dont on pourrait tirer parti même sous le climat de Paris. On fixe tout simplement en terre deux baguettes d’osier, qu’on recourbe en arcades, se croisant au-dessus de la plante qu’on veut garantir [fig. 26). On

l'ig. 2G. Charpente d’une cloche en arcades.

Fig. 27. Cloche en arcades recouverte.

.ette par-dessus une feuille de papier huilé ou un morceau de eu-

licot gommé, qu’on assujettit avec des pierres [fig. 27). Lorsqu’on applique ce système d’abris à des planches entières de plantes cultivées en lignes , les arcades de baguettes forment une sorte de galerie continue (fig 28). On couvre ces arcades, soit en calicot

Fig. 29. Arcades abritées par un paillasson.

Fig. 28. Arcades formant galerie.

gommé , soit avec des paillassons. La fig. 29 montre ces paillassons à demi déroulés derrière les plantes , de manière à leur former une sorte d’espalier très-favorable à la concentration de la chaleur.

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