‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 12 sur 304 · Espaliers · texte numérisé non relu

Espaliers

Les murs qu’on destine â recevoir des arbres en espalier doivent être crépis. Aux environs de Paris, où le plâtre est abondant ot â

bas prix , le crépissage se donne sur toute la surface , ce qui est sans inconvénient , parce qu’il tient les clous et offre assez de solidité pour résister aux coups de marteau, ainsi qu’à la gelée et à 1 humidité. D’ailleurs les murs crépis à plâtre ne sont pas ordinairement destinés à recevoir un treillage ; les arbres doivent être palissés à la loque sur le mur même.

Dans les départements où l’on n’a pas les mêmes facilités pour donner un crépissage complet suffisamment solide, on peut se boi nei à reprendre les joints, c’est-à-dire à remplir de mortier lesj interstices des pierres. Les murs d’espalier doivent toujours être chaperonnés. On nomme chaperon une saillie de 1 5 à 20 centimètres, I ménagée à la partie supérieure du mur. Ce simple abri produit: contre la gelée beaucoup plus d’effet qu’on ne pourrait le croire, parce qu’il s’oppose au rayonnement , c’est-à-dire à la communication directe entre l’arbre et les couches supérieures de l’atmosphère. Dans les localités très-sujettes aux ravages de la gelée, on peut sceller au sommet du mur des lattes ou des échalas dépourvus de leur écorce , formant hors de la maçonnerie une saillie de 20 à 30 centimètres , et espacés entre eux de 50 à 60 centimètres ; ils sont destinés à recevoir , à 1 epoque de la floraison , une garniture de paillassons qu’on laisse pendre en partie en avant des arbres pendant les nuits froides du printemps , et qu’on peut aussi utiliser à l’approche d’un orage , comme précaution contre la grêle.

Les treillages sont de plusieurs genres : les plus usités consistent en brins de chêne ou de châtaignier; les meilleurs sont formés de chêne scié à la mécanique. Ces brins sont assemblés soit avec du fil de fer, soit avec des pointes rivées sur une petite enclume, et forment des mailles ou carrés un peu plus longs que larges ; le treillage ne doit jamais descendre jusqu à terre ; il doit toujours laisser vers le bas un espace vide de 30 à 35 centimètres. Le treillage se fixe à la muraille au moyen de crochets de fer; il ne faut pas craindre de multiplier cos attaches si l’on veut que le treillage soit solide. Plusieurs couches de peinture en assurent la conservation ; des expériences récentes ont démontré l’influence pernicieuse des émanations de la peinture fraîche sur la végétation du pêcher. On aura donc soin de peindre le treillage d’avance , et de n’y palisser les arbres que lorsqu’il sera parfaitement sec. Un treillage bien établi peut durer douze ans.

Le treillage en chêne ou en châtaignier est très-coûteux et peut être remplacé avec avantage par des baguettes de cornouiller ou même d’osier sans peinture , fixées au mur par des crochets , de manière à dessiner des demi-cercles concentriques, dont on augmente le nombre à mesure que l’arbre grandit. Nous décrirons plus loin le palissage à la loque pour les espaliers dépourvus de treillage.

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