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Des alris contre les gelées

Nous avons vu le parti qu’on peut tirer des paillassons suspendus aux piquets de bois scellés à la partie supérieure des murs. Ce procédé est toujours dangereux en ce que , pour placer et déplacer les paillassons, on risque d’endommager plus ou moins les jeunes bourgeons des arbres ; mais on sait parfaitement aujourd’hui quo les arbres en espalier n’ont pas besoin d’être protégés en avant de toute leur surface pour échapper aux ravages de la gelée. Ce que nous avons dit de l’utilité des chaperons s’applique également à celte espèce de toit formé de cadres de bois garnis ordinairement en toile grossière , qu’on pose à plat sur les piquets scellés dans le mur et qui suffisent pour s’opposer aux effets du rayonnement.

La toile de qualité convenable coûte de 30 à 35 cent, le mètre , ce qui porte à 20 cent, le mètre courant des abris , larges de 40 à 50 centimètres; comme ils ne servent jamais qu’un petit nombre de jours dans l’année , ils peuvent durer fort longtemps, lorsqu’on prend les soins nécessaires pour leur conservation.

La toile peut être remplacée par des paillassons ordinaires, seulement fixés sur les piquets, dans une situation horizontale ; il n’est pas nécessaire qu’ils dépassent le rebord de ces piquets.

SECTION II. — Arbres fruitiers.

L — Plantation et transplantation.

La plantation des arbres fruitiers, comme toutes les parties de lcui culture, exige des soins minutieux, quelquefois dispendieux, mais dont on est largement récompensé. Un plante en général avec

àLl MAISON RUSTIQUE DES DAMES.

Iiop do négligence, faute de se faire une juste idée do l’importance de cette opération pour l’avenir des arbres. Il ne suffit pas de faire un trou dans une terre bonne ou mauvaise et d’y mettre les racines d un aibio pour avoir droit d’en espérer une bonne végétation et une fructification abondante ; il faut encore remplir diverses conditions sans lesquelles la plantation ne saurait réussir. Les arbres fruitiers se plantent soit au printemps, soit à l’automne; ces deux époques sont à peu près indifférentes, pourvu que les arbres, au moment où on les plante, soient parfaitement en repos, et que leur végétation soit complètement suspendue. Ainsi les espèces qui perdent leurs feuilles de bonne heure et cessent de végéter dès la fin de 1 automne peuvent etre plantées sans danger dès la fin de novembre, tandis que d autres, d’un tempérament opposé, ne peuvent être plantées qu a la fin de 1 hiver, peu de temps avant le premier mouvement de la sève.

Pour les plantations de printemps , les trous doivent cire faits avant l’hiver; pour les plantations d’automne, on creuse les trous au printemps ou au commencement de l’été.

La grandeur des trous se proportionne à la force des arbres et à la nature du sol. Néanmoins il y a un minimum pour les arbres les plus petits; les trous doivent toujours avoir au moins 1 mètre carré cle surface, sur 60 à 80 centim. de profondeur. En les faisant, on ne rejette pas toute la terre du même côté, et on met à part et en deux lots différents celle de la surface et celle du sous-sol; la première est destinée, au moment de la plantation , à garnir le fond de la fosse. On achève de remplir les trous avec la terre du sous-sol; les racines des arbres à fruits no doivent jamais être trop profondément enterrées. Après avoir rejeté par-dessus ce qui pouvait. rester de bonne terre avant de combler le trou, il faut comprimer modérément les racines par le piétinement. La place occupée par les racines d un arbre, et 1 excès de volume que l’ameublissement procure a la terre extraite du trou, sont cause qu’au moment de la plantation il se forme toujours une sorte de butte au pied de l’arbre que l’on a planté. Il est bon, surtout dans les pays sujets à la sécheresse, de ménager autour du Collet de la racine un creux circulaire qui permette à l’arbre de profiter des eaux do pluie.

Il arrive assez souvent que le sol et le sous-sol sont également de qualités médiocres et ont besoin d’être amendés. Dans ce cas, après #

avoir retiré les plus grosses pierres, si le sol est trop argileux et i qu’il retienne l’eau, on garnit le fond des fosses avec des gazons coupés par morceaux et des débris de démolition. Si l’on juge nécessaire d’améliorer par du fumier la terre retirée des trous , il ne faut y employer aucun engrais qui ne soit parfaitement consommé et passé à l’état de terreau. Si le sol pèche par excès de légèreté, ce qui est rare , on peut l’amender avec de la terre fort argileuse ou de la boue d’étang desséchée et pulvérisée, afin que le mélange soit plus intime.

Les racines de toute espèce d’arbres à fruits craignent le contact immédiat du fumier frais, qui occasionne leur pourriture et peut entraîner leur perte.

11 peut arriver qu’une plantation réussisse dans une terre telle- I ment mauvaise qu’on ait été forcé de la remplacer en entier par de la terre rapportée. On peut s’attendre, dans ce cas, à ce qu’au bout d’un certain temps les racines des arbres parviendront aux limites de ces espèces de caisses et périront faute d’aliment, ce qui doit engager à donner aux trous de plus grandes dimensions.

11 ne faut pas hésiter, dans une plantation ainsi faite, à rempla- ; cer immédiatement les arbres qui commencent à languir, si l’on ! veut avoir un verger constamment garni d’arbres en plein rapport.

Si, pour la symétrie du jardin, on est obligé de remettre un arbre à la place précédemment occupée par celui qu’on veut renou- ' veler, il faut en remplacer la terre. Celle qu’on enlève du trou n’est ; Aoint infertile pour d’autres cultures, mais elle a perdu une grande ■ partie de sa fécondité pour la végétation des arbres.

Si l’on plante un espalier, il faut placer le pied de l’arbre à 20 centimètres en avant du mur, et tourner la tige de manière que ses | branches se trouvent disposées le mieux possible pour être pa- ! issées.

Si 1 année est sèche, il faudra arroser le jeune plan de temps en emps, tous les huit jours, par exemple, à moins qu’on n’en ait une grande quantité, ce qui rendrait cette opération bien difficile. Il ne aut l)as laisser les mauvaises herbes envahir la fosse du nouvel îrbre ; outre qu’elles absorberaient l’humidité delà terre, elles nuiaient encore à la végétation du sujet, en privant ses jeunes pousses le l’air et des rayons du soleil.

C’est une grande erreur de croire

qu’il faille choisir des sujots

maigres et d’une végétation faible pour les planter dans une terre I de médiocre qualité ; les sujets les plus vigoureux sont toujours les meilleurs ; c’est comme si l’on se réjouissait d’avoir vu son enfant, i souffrir des mauvais soins et du défaut de lait de sa nourrice, dans i l’espérance de le voir revenir à la santé et à la vigueur lorsqu’il se- j rait rendu aux soins maternels; un arbre dont la végétation est ac-: ; tive, qui a.formé de belles et bonnes racines, dont l’écorce est lisse, ij s’accommodera toujours mieux de n’importe quel terrain que celui qui sera sans racines et couvert de mousse. Toutefois, il est difficile! I qu’un arbre élevé en pépinière dans une terre très-fertile prospère! » lorsqu’on le plante dans une terre peu substantielle ; il faut donc l’améliorer.

Il est important, soit en faisant arracher les arbres en pépinière, soit en les plantant, de conserver le plus possible de leurs racines J car c’est, encore une erreur généralement accréditée, et que j’ai déjà . combattue en parlant du repiquage, de croire qu’il faut couper les racines des arbres et des plantes au moment de la plantation; on ne peut leur faire un tort plus réel ; il faut retrancher seulement] i celles qui sont altérées, et rafraîchir l’extrémité sèche de celles qui ; ne sont point endommagées. Il en est tout autrement des branches, i qu’il faut raccourcir jusque sur le tronc : les racines, après la ter- f rible secousse de la transplantation, auront toujours assez de boutons à alimenter.

On est généralement dans l’habitude de planter les arbres frui-nl tiers beaucoup trop près les uns des autres ; on espère obtenir plus i de fruits d’un plus grand nombre de sujets, et c’est encore là une i grande erreur, car on ne peut laisser prendre à ces arbres tout le i développement convenable, d’abord parce que leurs racines, se i rencontrant très-peu d’années après la plantation , se nuisent mu+ I luellement, ce qui entrave la croissance des arbres ; ensuite, la place manquant sur l’espalier, on est obligé de contourner les branches i des arbres pour les placer, et de retrancher celles qui s’allongent trop sur les côtés ; alors l’arbre s’emporte en hauteur, et il est bien- | tôt perdu ; si, au contraire, on conserve ces branches superflues, elles se croisent avec celles des arbres voisins, ce qui nuit beaucoup à leur végétation et rend la taille presque impraticable. Je ne puis assez recommander à la maîtresse de maison qui prend intérêt à son jardin fruitier de ne pas tomber dans cette grave erreur, qui

parfois provient tout simplement de la commission payée par le pépiniériste au jardinier pour l’engager à planter le plus d’arbres possible.

On ne doit point planter des sujets trop forts et surtout vieux en pépinière ; cependant il vaut, mieux qu’ils soient trop forts, s’ils sont jeunes, que d’ètre petits et grêles. Si l’on veut obtenir , de belles pyramides et qu’on ne soit pas trop pressé de jouir, il faudra planter de belles basses tiges d’un an de greffe seulement et bien garnies de branches inférieures ; chaque année , à la taille , on allongera un peu la tige principale qui, ne s’étant point élevée dans un trop court espace de temps, se garnira de bonnes branches secondaires et formera ainsi graduellement une superbe pyramide bien garnie depuis le bas jusqu’en haut, tandis que les pyramides qu’on achète formées en pépinière n’ont qu’une belle tige principale et quelques mauvaises branches latérales; et à moins d’une végétation extraordinaire, on n’aura jamais qu’un arbre mal formé, parce qu’il sera dégarni de branches çà et là ; on en obtiendrait seulement une fructification plus précoce, mais qui jamais ne saurait être ni abondante ni durable.

Il en est de même pour former les arbres en gobelet ou en éveni ;ail.

Lorsque le hasard fait pousser des sauvageons dans des situations

)ù ils peuvent être utilisés, si 1 on veut obtenir des arbres en plein

ent d une grande dimension, il faut les greffer en place et ne point

3s transplanter ; il en résultera une végétation bien plus active, et

arbre prendra les dimensions voulues par la nature. Mais ce n’est

lue très-rarement que l’on trouve à profiter de ces hasards.

Lorsqu on fait quelques changements dans la distribution d’un

ardin, il ne faut point craindre de transplanter de gros arbres. Si

«tte transplantation est faite avec les soins qu’elle exige, ils n’en

ouffriront pas longtemps. Il faudra faire une énorme fosse pour les

ecevoir, et, en les arrachant, conserver à leurs racines une grande

)naueui , les remettre immédiatement en place et les rapprocher

evèrement à la taille. Dès la seconde année ils se remettront à

mf, et a la troisième ils auront réparé tout le tort qu’ils auront autfert.

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