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Taille des arbres à fruits

La taille des arbres fruitiers est une chose fort difficile, à cause » des connaissances et de l’attention qu’elle exige ; elle est fort mal exécutée la plupart du temps ; les jardiniers, ou ceux qui les rem- • placent, taillent sans le moindre raisonnement, et d’ailleurs ils ignorent souvent les lois de la végétation, de telle sorte qu’on peut dire qu’ils mutilent les arbres plutôt qu’ils ne les taillent. Tantôt ils laissent les branches a fruit beaucoup trop longues, espérant avoir une récolte plus abondante; tantôt ils les retranchent, faute de les connaître; le plus souvent ils coupent très-court les branches d’un arbre qui pousse avec beaucoup de vigueur, et taillent très-long les arbres qui languissent; et lorsque quelques gourmands viennent ; absorber toute la sève d’un arbre, ils ne savent comment y remédier, ou le remède qu’ils apportent est presque toujours pire que le mal, car ils les coupent ordinairement très-court, sans disposer les autres branches à profiter de cette sève perdue, de sorte que le mal j ne fait que s’accroître.

Je pense donc que mes lectrices me sauront gré de leur donner ici quelques principes généraux qui les aideront à surveiller avec succès la taille de leurs arbres; elles verront que le raisonnement et quelques connaissances dé la végétation suffisent pour diriger cette opération.

La maîtresse de maison qui astreindra son jardinier à suivre les principes que je vais développer et qui sont extraits des meilleurs < auteurs obtiendra de beaux arbres et n’aura pas le chagrin de voir ses espaliers garnis d’arbres semblables à des squelettes, étalant des branches dégarnies de rameaux et de feuilles jusqu’à la moitié i de leur longueur ; le bout seul de ces branches conserve quelque végétation , s éloignant chaque année du tronc principal par une succession de mauvaises tailles.

La conduite des arbres fruitiers en espalier consiste en quatre opérations: 1° la taille; 2° l’ébourgeonnement. ; 3° le pincement; i 4° le palissage. Pour plus de perfectionnement, on fait subir aux i pêchers une cinquième opération qui s’appelle le remplacement.

La taille se fait en février, mars ou avril, selon l’espèce d’arbre, J l’ébourgeonnement en mai, et plus tard, selon le besoin ; le palis- » sage, depuis juin jusqu’à la fin de l’été.

Le pincement a lieu tout l’été, sur les branches qui s’allongent trop et sont dégarnies de brindilles.

Le remplacement se fait après la cueillette des pèches.

On distingue les arbres en deux classes bien différentes selon leur manière de végéter et de fructifier : les arbres à fruits à pépins et les arbres à fruits à noyau.

Les arbres à fruits à pépins, comme les poiriers et pommiers, donnent leurs fruits sur de petites pousses appelées lambourdes , de 6 à 8 centimètres, qui sont trois ans au moins à se former. Elles viennent principalement sur des rameaux longs de 15 à 18 centimètres, nommés brindilles, ou sur la branche même. Les autres branches de différentes longueurs sont les branches à bois cpii four-

nissent les brindilles.

Les arbres à fruits à noyau, bien différents des arbres à fruits à pépins, peuvent porteç’ fruits sur des branches de l’année; le pêcher ne déroge jamais à cette loi.

Le pécher étant l’arbre dont la taille a été le plus étudiée, nous e prendons pour base. La taille des autres arbres sera facile lorsju’on connaîtra celle de cet arbre, qui fait le .plus bel ornement de îos espaliers. Il suffira de se soumettre à l’observation de leur diférente manière de fructifier. Je donnerai cependant quelques détails )articuliers sur la taille des arbres à fruits à pépins.

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