Palissage
Le palissage ne doit se commencer que vers le mois de juillet, parce que jusqu’à cette époque l’abri que donnent les bourgeons ; aux fruits facilite leur développement ; l’ardeur des rayons du so- ! leil, à laquelle ils sont bien plus exposés en espalier qu’ils ne le se- | raient en plein vent, pourrait avoir une fâcheuse influence sur leur peau si tendre encore. Puis, à cette époque, on est assuré que tous les fruits qui sont restés sur les arbres sont bons, parce que le travail qui forme l’amande est achevé ; tous ceux dans lesquels ce travail n’a pas réussi tombent, car la nature ne veut point travailler i pour des productions stériles; mais il serait bon de palisser, dès le mois de juin, les branches à bois qui semblent vouloir s’emporter, i parce que c’est en modifiant par l’inclinaison la direction de la sève J qu’on parvient à la répartir également dans la totalité de l’arbre.
S Les jardiniers ignorants attribuent la chute des fruits à cette époque à de mauvais vents, ou à toute autre cause, parce qu’ils ne peuvent s’en rendre compte , n’ayant jamais cherché à observer les immuables lois de la végétation. Pendant le temps de la formation des amandes, la végétation semble pour ainsi dire dormir, mais aus- | sitôt après elle reprend son activité, ce qui constitue la sève d’août. On doit faire palisser plus tôt les jeunes arbres qui n’ont pas ou presque pas de fruits, parce que, n’ayant pas le travail des amandes à faire, ils poussent sans interruption ; il en est de même des arbres très-précoces par lesquels il faut toujours commencer. Une autre raison qui détermine à palisser plus tôt les jeunes arbres, c’est qu ils poussent très-vivement et qu’il faut songer à leur donner une furme convenable. Il serait difficile de leur donner plus tard une bonne direction ; puis les grands vents pourraient casser quelques ranches, ce qui nuirait beaucoup à la formation de l’arbre; enfin il pousse sans cesse sur ces jeunes sujets une multitude de petites | jranclies qu il faut retrancher par rébourgeonnement, qui ne peut ,0 terrn*ncr (ju au palissage, Par les mêmes raisons on doit, comme
je l’ai déjà dit, surveiller avec le plus grand soin les forts bourgeons des arbres tout formés, et les palisser plus tôt que les autres, sous la forme qu’ils doivent prendre ; on les empêche ainsi de s’emporter en gourmands, comme cela arrive dans les arbres mal dirigés.
Le palissage se fait avec du jonc, à quelques exceptions près pour les bourgeons trop forts qui se lient avec des osiers très-menus. A Montreuil, sur la terre classique des pêchers , on palisse à la loque , c’est-à-dire que les murs étant crépis en plâtre, on passe autour du bourgeon un petit morceau d’étoffe de laine ou autre, dont on réunit les deux bouts pour les clouer sur le mur ( fig. 47).
Fig. a 7.
Il faut attacher les bourgeons, soit à bois, soit à fruit, dans toute: leur longueur , par plusieurs' liens , séparément , en les espaçant ; convenablement , et sans les croiser les uns sur les autres , ni les, si courber ; on retranche tous ceux qui seraient surabondants, et auraient échappé à l’ébourgeonnement, surtout ceux qui seraient en avant ou en arrière des branches , en mettant le plus grand soin à conserver les bourgeons placés le plus bas sur les branches, parce qu’ils sont destinés au remplacement.
A l’époque du palissage, on ne peut plus décoller les bourgeons ; il faut nécessairement les couper à la serpette, à 2 ou 3 centimètres de la branche sur laquelle ils sont placés ; on retranche à la taille suivante les petits chicots que forment ces petites branches coupées. Si on décollait les bourgeons à une époque aussi avancée de la saison, on pourrait causer aux arbres des écoulements de sève i ou gomme, et déterminer des cancers qui feraientpérir les branches.
On laissera les faux bourgeons encore tendres qui poussent à <
l’extrémité des branches à bois pour amener la sève ; en les supprimant, on donnerait naissance à une foule de petits bourgeons sur toute la longueur de la branche ; s’il en paraissait, il faudrait les supprimer.
Les bourgeons qui accompagnent les fruits doivent être coupés au palissage à trois ou quatre feuilles, excepté ceux du bas de la branche, qui doivent être conservés et palissés pour le remplacement, comme je l’ai déjà dit.
Le premier palissage demande beaucoup de temps et d’attention. “1 faut opérer par un temps couvert et même pluvieux, pour éviter [u’un soleil trop ardent ne frappe tout à coup les fruits que cette ipération découvre. Durant le reste de l’été, on continue d’attacher e prolongement des bourgeons, et on supprime les faux bourgeons jue pourrait développer la sève d’août, sans retrancher ceux qui waissent au bout des fortes branches à bois.
Le remplacement consiste à conserver sur les branches à fruit in ou deux bourgeons , placés près de l’insertion de ces branches »ur la branche à bois, pour faire naître à la taille de printemps, ;ur ces bourgeons, les nouvelles branches à fruit. Il ne faudra donc Dasles couper, comme je l’ai indiqué pour les autres bourgeons qui îccompagnent les fruits, mais les palisser avec soin , et choisir les nieux placés, en considérant que les bourgeons les plus rapprochés le l’insertion ou empattement de la branche à fruit sur celle qui a porte sont toujours les meilleurs. Après la cueillette des pêches, )n coupe la branche qui a porté fruit à 1 centimètre au-dessus des bourgeons de remplacement. Cette suppression les fera profiter de tout le reste de la sève durant la saison de la végétation ; ils Se fortifieront et seront bien plus propres à fournir de bonnes branches à bois et à fruit. Cette opération est peu usitée, excepté à Montreuil ; 2 est le seul moyen de n’avoir jamais de branches dégarnies.