‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 212 sur 304 · De la bergère · texte numérisé non relu

De la bergère

Il est indispensable de munir la bergère d’un bon manteau, cape ou capot, d’étoffe de laine, ayant un capuchon avec lequel elle puisse s’abriter la tête, et des bouts de manches cousus à la fente qu’on fait ordinairement de chaque côté pour passer les bras. Lorsqu’il ne fait pas assez froid pour se servir de ces manches, elle les retire en dedans et elles ne paraissent pas ; mais lorsqu’il devient nécessaire de fermer son manteau, la bergère passe les bras dans ces

manches, de sorte quelle a les avant-bras aussi bien abrités que le reste du corps. 11 lui faut aussi une bonne paire de gants, et un pot en fer avec une anse mobile et un couvercle percé à jour; elle emporte aux champs du feu dans ce pot, qui lui sert de chaufferette. Si les moutons ne redoutent pas le froid et s’il leur est utile de sortir dans la rude saison, il n’en est pas de même de la bergère, et, comme elle fait un métier fort pénible, il faut chercher à l’adoucir le plus possible.

Une bonne casaque ou caraco en étoffe solide et bien doublée est un vêtement excessivement commode pour la préparation et la distribution des fourrages et des racines, et dans tous les instants que l’on consacre aux soins qu’exige un troupeau ; ce vêtement, facile à mettre et à ôter, n’entrave nullement l’usage des bras. Je ne puis trop recommander à mes lectrices d’en introduire l’usage parmi les femmes de la campagne, toujours très-mal vêtues quand elles se sont dépouillées de leur capot , qu’elles ne peuvent cependant pas garder pendant le temps qu’elles soignent leur bétail. Avec ce vêtement elles éviteront non-seulement la souffrance que cause le froid, mais encore bien des maladies.

Il est juste d’accorder une petite gratification à la bergère quand on fait une vente; cet encouragement lui donnera plus de zèle, et ce sera de l’argent bien placé.

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