Choix d'une race
Le choix delà race est aussi essentiel ici que cpiand il s’agit des moulons. Comme je l’ai déjà dit, on s’est fort peu occupé en France de l’amélioration des races, et c’est, presque toujours à l’Angleterre que nous devons les races perfectionnées que nous possédons. Le porc est un des animaux que les Anglais ont le plus améliorés ; ils ont obtenu plusieurs races perfectionnées, qui commencent à se répandre en Franco ; il ost donc assez facile de se les procurer, .l’engage vivement notre ménagère à introduire l’une ou l’autre dans sa
porcherie. Ces superbes animaux s’élèvent et s’engraissent très-facilement; déplus ils sont rarement ladres. Elle rendra ainsi un service à son voisinage ; car si la routine fait d’abord repousser ces races précieuses, bientôt, convaincus par l’exemple pratique qu’elle donnera, ses voisins les adopteront, et cette adoption permettra à des gens qui n’auraient pas pu élever des races rebelles à l’engraissement d’avoir et d’engraisser ceux qui appartiennent aux races dont nous parlons ; elle aura ainsi rendu un immense service, surtout aux gens peu aisés.
Les principales races sont Y anglo-chinoise, très-grosse, dont le pelage est souvent panaché de noir et de blanc, même de jaune ; les hampshire, très-gros, à poil blanc ; les leicester, race plus petite, mais peut-être encore plus facile à engraisser que les précédentes. Les jambes, dans ces différentes races, sont minces et courtes; toute la charpente osseuse est petite, quant au volume des os, car ils peuvent acquérir un très-grand développement. La tête, quoique fort petite, est garnie de bajoues très-volumineuses. Les oreilles sont droites ; le corps est long, et la distance du ventre au dos est considérable. Le dos est large, surtout vers les épaules. Lorsqu’ils sont gras, ces animaux ressemblent à un tonneau auquel on aurait mis quatre petites pattes et un museau {fig. 146). Ils sont peu délicats sur la nourriture ; ils mangent de tout , et entre autres choses toutes les espèces de fourrages verts des prairies artificielles; ils sont doux, familiers, et vont très-bien aux champs avec d’autres bestiaux. Ils conservent leur appétit jusqu’à la fin de l’engraissement, qualité extrêmement favorable, et qui permet d’attendre, pour s’en défaire, qu’ils aient atteint toute leur perfection; on arrive d’ailleurs à ce résultat avec une bien moindre quantité d’aliments qu’avec les races françaises.
L’espèce de porcs la plus répandue en France est une grande race blanche, dont les jambes sont hautes et grosses; la tète est fort grosso et fort longue; ils ont la côte plate et sont difficiles à engraisser. Je ne connais pas une race moins avantageuse. Il en est une que, dans certaines contrées, on appelle bâtarde, qui est blanche, marquée de noii par place, et qui n a pas les membres aussi forts que les blancs; ils deviennent rarement aussi gros qu’eux, mais ils engraissent plus facilement, quoiqu ils soient bien loin d’avoir les qualités des races anglaises-. Je les préfère aux blancs.
La meilleure des races de porcs français est la race craonaise ou
FL', m.
cranaise ( py . 147), assez répandue dans l’ouest de la France, sur
Fig. m
' tout dans le Bas-Poitou ; ils deviennent énormes et engraissent assez 1 bien ; mais ils ont les os et les membres très-gros.