‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 231 sur 304 · C. Qualités a rechercher · texte numérisé non relu

C. Qualités a rechercher

On ne doit pas conserver les poules et les coqs au delà de l’âge de quatre ou cinq ans. Il faut avoir un coq pour douze, quinze ou vingt poules environ; lorsqu’on en a plusieurs, il est important qu’ils aient été élevés dans la même basse-cour, sans quoi ils se livreraient des combats à mort. Un bon coq doit avoir l’œil vif, la démarche altière, les ergots forts, le plumage luisant et foncé, la crête rouge, les épaules larges; il doit être très-soigneux de ses poules. S’il n’a pas ces qualités, il ne remplira pas bien son rôle, et les poules couveront des œufs qui ne donneront pas de poulets.

La poule doit être douce, familière, tout en ayant l’œil vif, le cou épais, un plumage très-fourni aux cuisses et au poitrail, les pattes bleuâtres et la crête très-rouge, le derrière large, tombant et garni de plumes abondantes. Ces indices sont la preuve d'une bonne santé ; on les rencontre chez celles qui sont en même temps bonnes pondeuses et bonnes couveuses.

D. Incubation naturelle.

Les poules trop grasses pondent des œufs sans coquille, qui ne peuvent se conserver et qui sont de qualité inférieure; celles qui sont trop maigres pondent peu et couvent rarement. Il faut donc i chercher à tenir les poules dans un état convenable, dans un juste milieu.

Les poules privées de coq pondent autant que celles qui en ont un ; mais leurs œufs ne sont pas propres à la reproduction ; on prétend qu’ils se gardent mieux que ceux des poules fécondées.

Les œufs des jeunes poules sont moins propres à l’incubation que ceux des poules dans la vigueur de l’àge; ceux des vieilles poules ■ ont le même désavantage. Les œufs d’une grosseur extraordinaire, ,ceux qui ont deux jaunes ne donnent ordinairement pas de poulets; «s’ils en produisent, les poulets sont adhérents par le nombril et ne i peuvent s’élever. Les œufs frais sont les plus propres à l’incubation ; on doit choisir les plus beaux.

Il faut faire choix des poules les plus familières pour les faire i couver; celles qui sont sauvages s’effraient de peu de chose, et dans leur effroi elles écrasent leurs œufs ou leurs poulets.

Lorsqu’on veut faire couver une poule, il faut ranger avec soin ide la paille ou du foin, soit dans les niches du poulailler, soit dans i.un panier ou une caisse en bois. Dans ces deux derniers cas, le inid doit être placé dans un lieu à l’abri de l’humidité et des attaiqucs des animaux nuisibles. L’intérieur des nids doit offrir une sur- Iface légèrement creuse, où l’on place les œufs les uns à côté des autres. Si, durant le temps de la couvée, la poule formait un enloncernent avec ses pattes, il faudrait lever les œufs pendant qu’elle * mange, et les remettre après avoir fait disparaître cette cavité; sans ce soin les œufs seraient superposés les uns sur les autres et incomplètement couvés.

Lorsque les poules n’ont pas encore un désir bien manifeste de couver, où lorsqu’elles ne gardent pas bien le nid, on les prive de lumière; l’obscurité les engage à se coucher et à rester immobiles. Lorsqu’il fait très-chaud, on peut donner jusqu’à quinze œufs à une belle poule; mais lorsque la saison est encore fraîche, douze sont 'Suffisants. Il est toujours sage de couvrir une poule pendant les premiers jours où elle couve; une fois qu’elle est bien habituée,

on peut la laisser découverte. Il convient de lever soi-même la couveuse deux fois par jour; cependant, si elle ne mangeait pas chaque fois avec appétit, une seule suffirait. Il faut qu’elle ait constamment à boire auprès d’elle, et, vers la fin de l’incubation, si elle couve avec beaucoup de constance, il est bon d’ajouter à sa nourriture quelques feuilles de salade coupées en petits morceaux, ou certaines herbes que les poules mangent avec plaisir, parce que quelquefois elles éprouvent alors une grande constipation.

Après dix jours d’incubation il faut visiter les œufs. On acquiert la certitude qu’ils sont bons lorsqu’en les secouant légèrement ils ne font aucun bruit intérieur, tandis que, lorsqu’ils sont gâtés ou clairs, on entend le bruit d’un liquide. Il vaut encore mieux les mirer au soleil ou à la chandelle ; en tournant l’œuf dans le pourtour de la main, on aperçoit à l’un des bouts, lorsque l’œuf est bon, une partie non transparente. Au bout de quinze jours il y en a au moins la moitié qui est opaque. On peut aussi les éprouver en les mettant dans de l’eau tiède : ceux qui renferment des poulets remuent. Les œufs qui n’ont point été fécondés et qui sont clairs peuvent quelquefois encore être bons à manger. Il ne faut jamais négliger de s’assurer si tous les œufs sont bons.

La poule couve vingt et un jours; le vingt-deuxième tous les poulets doivent être éclos.

Lorsqu’une couvée n’est pas bonne, qu’elle ne doit fournir qu’un petit nombre de poulets, et que la pouje paraît ardente à couver, on peut lui enlever les petits à mesure qu’ils naissent, et les donner à une autre poule qui ait des poussins à peu près du même âge. On les met sous elle pendant qu’elle réchauffe les siens, afin qu’elle ne s’aperçoive pas qu’ils sont étrangers. Ordinairement elle les adopte. Alors on remet de nouveaux œufs à la couveuse; mais il faut avoir soin de la lever deux fois par jour, et de la placer sous une mue au moins pendant une demi-heure et de lui donner de l’herbe, parce que celte double incubation l’échauffe et la fatigue beaucoup.

Il arrive quelquefois, lorsqu’une poule est fort grosse et maladroite, qu’elle écrase ses petits â mesure qu’ils éclosent. Aussitôt qu’on s’aperçoit de cet inconvénient on enlève les poulets et on les met dans un panier garni de plumes et couvert, près du feu ou au soleil, et on ne les rend à la mère que la nuit; on continue ainsi jusqu’à ce que les tout petits soient éclos.

Quand il fait très-chaud et très-sec, vers la fin de l’incubation, du dix-huitième au vingt et unième jour, il est bon de faire tremper un instant les œufs dans de l’eau tiède pour leur conserver l’humidité nécessaire à l'éclosion. Ceux qui contiennent des poulets vivants remuent dans l’eau.

Lorsqu’on manque de couveuses ou que celles qui gloussent (I) ne gardent pas le nid, on leur donne une nourriture excitante, comme lu chènevis, du froment, même du pain trempé dans du vin; on eur déplume le ventre et on les frotte avec des orties du avec un i aeu d’eau-de-vie ou d’esprit de vin : cette opération détermine une nflammation qui les excite à couver. On peut, en employant- le imême moyen, disposer les vieux coqs ou les chapons à remplacer I es couveuses et à couver aussi bien qu’elles. Ils sont très-soigneux î le leur petite famille.

Si, au contraire, on avait trop de poules qui voulussent couver, l >n les placerait sous une mue, dans un lieu frais, on les priverait le nourriture pendant deux jours; on leur donnerait seulement à ooire. Ce régime éteint leur ardeur.

E. Eclosion et soins a donner a la poule et aux poussins.

Lorsqu’un poulet, après avoir brisé sur un seul point la coquille ile l’œuf qui le contient, se fatigue en efforts inutiles pour y faire ■ me ouverture qui lui permette de sortir, on peut l’aider en soulel 'ant légèrement avec une épingle les parcelles de coquille qui peui œnt se détacher; on peut même briser toute la coquille du côté de . a* tête, mais il faut bien se garder de l’enlever à l’autre bout, parce que c’est de ce côté que se trouve le nombril, et il pourrait se faire que le travail qui doit le séparer sans danger de la coquille ne fut >as complètement achevé. Si le poussin, lorsqu’il a la tête libre, pa- *ait trop faible pour se débarrasser de ses entraves, on peut lui faire ivaler quelques gouttes devin.au moyen d’une petite cuiller qu’on ntroduit avec beaucoup de précautions dans son bec.

Lorsque tous les poulets sont éclos, si le temps est beau et qu’on lit un endroit où la poule puisse surveiller sa couvée sans être attaquée ou tourmentée par les autres poules ou par d’autres animaux,

(1) On appelle gloussement le chant que fait entendre la poule lorsqu’elle a fini i a ponte et qu’elle se dispose à couver.

on la met dehors avec ses poussins ; on peut aussi la placer sous une mue (fi g. 158) au soleil , s’il n’est pas trop ardent; si le temps est froid, il vaut mieux se borner, pendant les deux ou trois premiers jours, à lever la poule quatre ou cinq fois par jour, à la placer sous la mue et à lui donner la nourriture la plus convenable à ses poussins; on la recouche ensuite. II faut avoir Fig. 153. soin , pendant les huit premiers jours, de coucher la poule, et de lui donner les poulets; au bout de ce temps, les petits sont assez forts pour suivre la mère et aller se cacher sous elle, à moins que le nid ne soit trop élevé ; dans ce cas on doit continuer à veiller au coucher de la petite famille. On pourra bientôt mettre une petite planche qui conduira du sol au nid et servira d’escalier aux poussins; mais une ménagère attentive doit veiller tous les soirs au coucher de ses jeunes couvées. Sans ces soins assidus elle perdra beaucoup de poulets qui resteront loin de leur mère, et qui, ne pouvant la rejoindre, seront croqués par quelque animal ou périront de froid.

Le premier jour de leur naissance, les poussins ne mangent pas encore ; ils ne commencent à manger que le second jour. La mie de pain et le millet sont ce qui leur convient le mieux ; le chènevis est encore trop gros. Si les poussins ne sont pas très-vigoureux, ou que le temps soit froid, il est bon de faire tremper la mie de pain dans du vin ou dans du cidre ; on pourrait même leur faire avaler quelques gouttes de ces liqueurs. Si la mère ne les appelle pas bien, on jette les miettes de pain par terre et on les leur montre du doigt ; les petits, à cette invitation, picotent très-volontiers; on leur présente ensuite à boire dans un vase peu profond.

Bientôt la couvée prend de la force ; alors sa nourriture peut se composer de mie de pain, de millet, de chènevis, même de blé noir (sarrasin). Les petits poulets mangent très-bien la graine de moka de Hongrie. On place alors la mère sous une mue, on répand la nourriture autour d’elle, et on met de l’eau dans une assiette, parce que, si le vase était (creux, les poussins y entreraient et se mouilleraient, ce qui leur serait très-nuisible; ils pourraient même s’y noyer. Bientôt on peut donner la liberté entière à toute la couvée; mais il convient, jusqu’à ce que les poulets soient bien emplumés, de les faire manger à part. Lorsqu’on distribue toujours la nourri-

JARDINAGE ET FERME. h 33

ture à la même place et à la même heure, la bonne mère ne manque pas de s’y trouver.

Si les poulets étaient privés de leur mère, il faudrait, pendan les huit premiers jours, les tenir dans un panier rempli de plumes, placé dans un endroit chaud, et les en tirer quatre ou cinq fois par jour pour les faire manger. S’il faisait beau, quelques heures passées sous la mue, au soleil, leur feraient grand bien; mais il faudrait couvrir un côté de la mue, afin qu’ils trouvassent un abri contre le soleil. Lorsqu’ils sont plus forts, on met leur manger sous la mue, et on la soulève un peu d’un côté pour que les poussins puissent aller et venir. Il faut avoir soin de les rentrer tous les soirs, et même dans le jour, s’il vient à pleuvoir. Ces petits orphelins se développeront moins vite que s’ils avaient leur mère pour les promener et les réchauffer; cependant, s’ils sont convenablement soignés, ils pourront venir à bien. On peut aussi leur donner une couveuse artificielle, comme je l’indiquerai plus loin.

F. Nourriture.

Toute espèce de grains peut être donnée aux poules ; cependant elles mangent difficilement le seigle; le blé noir, le maïs, les résidus du nettoyage de toutes sortes de graines paraissent leur convenir par-dessus tout. Le chènevis les dispose à la ponte et à la couvée ; elles aiment aussi beaucoup la jarousse, qui les stimule presque autant que le chènevis. Le son bouilli, les pommes de terre cuites et même crues, pourvu qu’elles soient coupées en très-petits morceaux, les betteraves préparées de même, sont aussi une excellente nourriture ; les pommes de terre et les betteraves surtout, crues et coupées , engraissent beaucoup les poules et remplacent en hiver la nourriture verte qu’elles trouvent l’été, et qui, dans cette saison, leur est indispensable. Si elles étaient enfermees dans une cour, il faudrait leur donner tous les jours de la salade, de l’oseille, des choux, des débris de légumes ou des sarclages de jardin ; elles mangent aussi avec avidité tous les fruits, même pourris, les épluchures de racines, etc. La nourriture animale leur convient également ; chaque fois qu’il périra un animal dans la maison, on pourra le faire cuire et le distribuer aux poules, à moins qu’il ne soit mort d’une maladie contagieuse. Je donnerai plus loin un procédé pour conserver la chair des animaux morts, qu’on pourra faire consom- II. 25

mer ensuite par les volailles et les cochons. Les poules sont aussi très'-gourmandes de chrysalides de vers à soie, mais il ne faut leur en faire manger qu’avec mesure, parce que cette nourriture donne un goût désagréable à la chair et aux œufs. Elles mangent très-bien les glands.

Le moyen le plus économique de faire consommer le grain aux poules est de le leur donner moulu, délayé, et sous la forme d’une espèce de bouillie ; 125 grammes de grain par jour suffisent grandement à une poule qui est libre ; il en faut 190 grammes à une : poule enfermée. Dans le temps des moissons, lorsque les volailles i habitent la cour par laquelle passent les charrettes chargées de ; grains, ou que la ferme est environnée do champs cultivés en cé- , réales, ou enfin quand elles peuvent aller aux environs de l’aire î à battre, on peut se dispenser de leur donner à manger. Cependant $ il est préférable de leur en donner toujours un peu auprès du pou- J lailler, afin de les y rappeler. Il est très-important ‘de leur fournir i toujours à boire avec abondance, et de leur donner de l’eau claire ; f c’est une faute de se contenter d’une mare boueuse, souvent près- ; que entièrement composée de jus de fumier, pour désaltérer les oi- I seaux d’une basse-cour; on la commet cependant presque partout; I cette eau fermentée cause souvent des maladies aux volailles bien | qu’elles la préfèrent à l’eau claire. Lorsqu’on donne des criblures|j aux poules, il faut faire cette distribution dans un lieu éloigné du § fumier, parce qu’il y a certains grains, qu’elles ne mangent pas, < qui se conserveraient dans le fumier et qui lèveraient dans les terres . 1

On cultive pour les volailles, et principalement pour les poulets, |l une espèce de maïs, appelé mais à poulet , dont le grain est beau- 1 coup plus petit que celui du maïs ordinaire: aucune nourriture nelf convient mieux à la jeune volaille ; les poulets d’un mois la nïangent^ ji facilement. Une autre espèce de maïs à poulet, qui a le grain pointu,! donne plus abondamment que la précédente.

En Angleterre, où l’on a apporté de nombreux perfectionnements j à tout ce qui se rapporte à l’agriculture et à l’industrie, on emploie j J dans beaucoup de fermes, pour donner à manger aux poules, unci trémie ( fig . 159). On dépose le grain dans cette trémie , qui peut sd i fermer à clef ; il descend dans de petites cases fermées par und ; trappe qui s’ouvre lorsque la poule vient se percher sur un grillage* en bois placé devant la trémie. Aussitôt que la poule descend, Ici «

trappe se referme ; de cette manière aucun animal plus léger que la poule ne peut écorner leur provision ; plusieurs poules peuvent man-

ger à la fois, car il y a une trappe do chaque côté de la trémie, qui est carrée.

Les poules sont fort avides de vers et d’insectes, mais cette nourriture ne doit pas être isolée, quoiqu’elle leur convienne très-bien. On a imaginé de faire des verminières artificielles. Voici comment on les dispose : on fait une fosse dont on tapisse le fond d’une couche de paille de seigle hachée très-menu et de 1 2 à 1 5 centimètres d’épaisseur ; on recouvre cette paille d’une bonne couche de crottin de cheval, puis d’une couche de terre sur laquelle on répand du sang de bœuf ou d’autre animal, du marc de raisin ou de cidre, mêlés d’un peu d’avoine et de son ; on y ajoute tous les intestins qu’on peut se procurer et même des charognes; on continue de même jusqu’à ce que la fosse soit pleine; enfin on la recouvre de broussailles, afin que la volaille ne puisse pas y gratter.

Peu de jours après, ce compost entre en fermentation et donne naissance à des milliers d’insectes et de vers de toute espèce. Chaque matin, un homme tire en trois ou quatre coups de bêche la provision de la journée, qui est distribuée à la basse-cour, et il recouvre le trou avec des broussailles. Cette nourriture, donnée comme supplément aux poules, leur convient beaucoup ; elle excite leur appétit, accélère la ponte et la rend plus abondante,

G. Engraissement.

Lorsqu’on veut faire engraisser des poules, des poulets, des chapons ou des poulardes, il est absolument nécessaire de les séparer de la volaille de la cour et de les enfermer dans des èpinettes , espèce de cage présentant plusieurs cases fermées en dessus par une planche mobile dans une coulisse, et en avant par un grillage qui permet aux volailles de passer la tète pour manger. Le plancher de ! l’épinette est formé de barreaux sur lesquels se juche la volaille et qui donnent passage à la fiente ; le derrière et les côtés sont fermés avec des planches. Au-devant de ces petites cellules, dans lesquelles la volaille ne peut pas se retourner, on place une mangeoire, pour y distribuer la nourriture et la boisson. Il est important que l’épinette soit placée dans un lieu tranquille et obscur, dans lequel on puisse cependant faire pénétrer un peu de lumière au moment où l’animal mange. Les èpinettes doivent être posées sur des pieds élevés, afin d’éloigner autant. que possible les bêtes à l’engrais de leurs excréments; l’endroit où ils tombent doit toujours être garni de cendre souvent renouvelée.

Pendant les quatre ou cinq premiers jours de l’engraissement, il vaut mieux donner du grain, tel que blé noir, maïs, orge, que de commencer avec de la pâte; mais, au bout de ce temps, les volailles mises à l’engrais étant bien habituées aux èpinettes, il est préfé* rable de leur donner le grain moulu et en pâte assez épaisse. Le mieux est de délayer la farine dans du lait, même caillé. Il ne faut donner à manger que deux fois par jour, et enlever la nourriture aussitôt que l’animal a satisfait son appétit. Lorsqu’il mange de la pâtée, il boit peu ; le lait vaut mieux que l’eau pour le désaltérer.

Si les volailles placées dans les épineltes ont été bien soignées et qu’on leur ait distribué leurs repas à' des heures toujours régulières, l’engraissement doit être parfait en vingt ou vingt-cinq jours; les bêtes non châtrées demandent un peu plus de temps et n’engraissent jamais autant. Si on ne les prive pas de toute distraction, si elles entendent les cris des volailles libres, si leur auge est toujours garnie de mangeable, l’engraissement sera beaucoup plus long et moins parfait. La plus petite négligence dans le renouvellement de la litière suffit pour leur faire contracler un goût désagréable. Si l’on veut obtenir un engraissement plus parfait encore, lorsque la vo-

laille no se soucie plus de manger, on lui introduit de force dans le gosier Ides boulettes longues et grosses comme le doigt ; on les trempe d’abord dans de l’eau, et on les fait descendre dans le jabot en pressant légèrement le cou [voir l’ouvrage que j’ai cité plus haut sur Y éducation des oiseaux de basse-cour). Si on opère l’engraissement uniquement avec du grain non concassé, c’est le maïs qu’il faut employer de préférence à tous les autres; on donne du lait pour boisson.

On ne doit jamais négliger d’enlever les intestins de la volaille aussitôt qu’elle est tuée, comme je l’ai dit dans la partie de cet ouvrage qui traite de la cuisine. Il convient aussi de les plumer aussitôt qu’elles sont mortes, pendant qu’elles sont encore chaudes. 11 faut, en les plumant, mettre à part la plume propre à servir au coucher; lorsqu’on môle le tout ensemble, il est difficile de faire ensuite le triage.

On ne doit pas mettre de volailles maigres dans les épinettes; elles engraisseraient sans prendre de chair. Avant de songer à engraisser celles dont la maigreur est trop grande, il faut les placer à part et leur donner une nourriture plus abondante et plus substantielle. Il est avantageux dans ce cas de les enfermer dans une petite cour séparée, tranquille, et il faut éviter de mêler les poules • avec les coqs.

Le moyen le plus certain d’obtenir des volailles bien grasses est de les châtrer et d’en faire des chapons ou des poulardes ; ce dernier nom s’applique aux poules qui n’ont pas encore pondu. Voici comment on procède dans ces opérations.

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