‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 232 sur 304 · II. Castration · texte numérisé non relu

II. Castration

L’âge de quatre mois environ paraît être le plus convenable pour opérer la castration ; on choisit un temps un peu frais, plutôt humide que sec. On doit éviter de faire des chapons en été, pendant ;es chaleurs ; la gangrène serait à craindre.

Il faut se munir d’un outil bien tranchant, couteau ou ciseaux, et l’une grosse aiguille enfilée de fil bien ciré. Deux personnes sont lécessaires pour chaponner ; l’aide place l’animal sur le dos, la tête in bas, sur les genoux de la personne qui doit faire l’opération, et e tient solidement, le croupion tourné vers l’opérateur, la cuisse Iroite fixée le long du corps et la gauche portée en arrière, afin de

découvrir le flanc gauche, sur lequel sera faite l’incision. Après avoir arraché les plumes, on soulève la peau, un peu plus bas que le bout du bréchet, avec la pointe de l’aiguille, pour l’éloigner des intestins, et on fait une incision qui pénètre dans le ventre et qui permette d’y introduire le doigt. Si quelques portions intestinales I tendent à s’échapper, l’opérateur les retient; puis, introduisant le doigt indicateur dans l’abdomen (ventre), il le dirige, sous les intestins, vers la région des reins, un peu sur le côté gauche du milieu’ du croupion. Là il sent un corps gros comme un haricot, qui est lisse et mobile, quoique adhérent ; on l’arrache et on l’attire vers l’ouverture, par laquelle on le fait sortir. Ce corps échappe quelquefois avant d’être extrait, et on ne peut le retrouver. Quoiqu’il vaille mieux le retirer, il n’y a point d’inconvénient à ce qu’il reste dans le corps de l’animal, s’il a été bien détaché. On procède de la même manière pour le second rognon, qui se trouve à côté de l’autre, du côté droit. Puis on rapproche les lèvres de la plaie, qu’on maintient en contact par quelques points de suture faits avec le fil ciré. Les soins à donner à l’animal après la castration consistent à le tenir en repos, pendant quelques heures, dans un endroit où la température soit douce et où il ne puisse pas faire d’efforts pour se percher. On le nourrit avec un peu de farine et de son délayés dans de l’eau, ou avec du grain.

Une poule qui n’a pas encore pondu engraisse parfaitement et fait, comme nous l’avons dit, une poularde.

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