‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 233 sur 304 · I. Maladies des poules · texte numérisé non relu

I. Maladies des poules

Les maladies des volailles sont généralement le résultat de la mauvaise qualité de la nourriture, de l’usage d’une eau malsaine, de la malpropreté et de l’insalubrité du poulailler. Éloigner ces causes est le meilleur moyen d’assurer la bonne santé de la bassecour. On reconnaît qu’une poule est malade lorsque sa crête pâlit ou noircit, que ses plumes se ternissent et se hérissent, et qu’elle a perdu sa vivacité.

\ . Pépie. La pépie frappe plus particulièrement les jeunes volailles ; elle est presque toujours due à l’infection de l’eau ou à sa rareté. La bête qui en est atteinte cesse de manger ; sa voix devient rauque et frêle ; elle se tient à l’écart, ouvre souvent le bec et semble vouloir éternuer. De plus sa langue prend une teinte jaunâtre, et

on voit bientôt se développer à son extrémité une petite pelliculo qui ressemble à de la corne blanche. Il faut enlever doucement cette pellicule avec une aiguille ou une grosse épingle. On lave ensuite la partie malade avec du vinaigre et on l’enduit avec du beurre trais; on met l’animal à part pendant une couple de jours, et on le nourrit avec du son mouillé.

2. Maladie du evoupion. Elle est presque toujours une conséquence de la malpropreté du poulailler. La poule devient tiiste, constipée, porte la tète penchée, ne gratte plus. Il se forme une tumeur au-dessus du croupion. Il fautl ouvrir avec un petit instrument bien tranchant, puis presser avec le doigt pour faire sortir le pus qu’elle renferme. On lave la plaie avec de l’eau et du vinaigre, de l’eau salée ou du vin ; ensuite on met la poule à part; on lui donne à manger, pendant deux ou trois jours, des herbages, delà salade et du son mouillé.

3. Diarrhée. Cette maladie provient d’une nourriture trop humide. On met la volaille à une nourriture sèche, on lui donne du pain trempé dans du vin ou du cidre. Si la maladie persiste, on fait prendre à l’animal malade une infusion de camomille dans du vin.

i. Constipation. La constipation est due en général à une nourriture trop échauffante, telle que le chènevis et l’avoine, et au défaut de verdure et d’exercice. La poule qui en est atteinte fait sans cesse des efforts inutiles. 11 faut d’abord changer son régime, lui donner du son mouillé, des herbes, des racines coupées menu, comme betteraves, carottes. Si la maladie persiste, on fait prendre a l’animal un peu d’huile d’olive, ou on lui donne un peu de manne fondue dans de l’eau avec laquelle on délaie du son ou de la farine.

5. Goutte. La goutte a pour cause l’humidité du poulailler. Les pattes de la poule se gonflent, sa démarche devient difficile. On la tient chaudement dans un panier pendant quelques jours, mais 1 essentiel est d’assainir le poulailler.

6. Toux. La toux est une maladie vermineuse et l’une des plus graves qui puissent atteindre les poules. Elle est caractérisée par une toux sourde et une respiration fort gênée ; la bôto malade est même menacée de suffocation. Ce mal est du a une accumulation de petits vers rouges dans le gosier. On parvient quelquefois à le faire disparaître en faisant avaler des décoctions assez fortes de plantes très-amères, telles que 1 absinthe.

7. Roupie. Cctlo maladie se manifeste par un écoulement d’humeur qui a lieu par les fosses nasales; elle est contagieuse. L’animal qui en est atteint se plaint et tremble. Il faut le séquestrer à .'instant, le tenir dans un endroit bien chaud, lui donner une bonne nourriture. Souvent ce traitement est sans résultat ; l’animal périt.

8. Pustules. On remarque souvent sur le corps des poules de petites pustules, qui les font languir. Cette maladie est contagieuse; on doit isoler l’animal quelle a frappé. On lui donne de la salade hachée, du son mouillé et de l’eau dans laquelle on a mis de la cendre de bois. On frotte les pustules avec de la crème ou du beurre frais.

9. Fracture. Lorsqu’une poule s’est cassé un membre, il suffit de l’enfermer dans un lieu parfaitement tranquille, où elle ne puisse pas se percher, et de lui donner une bonne nourriture. Il faut se garder de ligaturer la partie fracturée et d’y mettre de petites éclisses; le repos suffît.

10. Plaies. Les plaies qui résultent d’accidents ou de combats doivent être lavées avec de l’eau-de-vie à laquelle on ajoute un peu de laudanum, puis enduites de beurre frais ; pour les plaies des yeux on lotionne avec de l’eau et du lait.

11. Sortie du rectum. Cet accident arrive quelquefois après la ponte ou après une constipation prolongée; on lave la partie déplacée avec 'un peu d’eau de guimauve à laquelle on ajoute quelques gouttes de laudanum, puis on la fait rentrer doucement ; on place ensuite la poule dans un lieu obscur, où elle ne puisse se percher, et on lui donne deux fois par jour à manger un peu de grain et du son mouillé. Si l’accident se reproduit, le mieux est de tuer la bête, qui n’a rien perdu par là de ses qualités comestibles.

12. Mue. Pendant la mue, qui s’effectue à l’automne et qui est une crise naturelle, il faut faire rentrer la volaille de bonne heure, ne pas lui ouvrir trop tôt, et la nourrir avec de bons grains; un peu do chènevis lui est très-favorable à cette époque.

K. Soins généraux a donner aux poules.

La même personne doit toujours être chargée de donner à manger à la volaille, de dénicher les œufs, d’entretenir le poulailler, qui doit même être fermé avec une clef dont elle est dépositaire. Elle doit souvent assister au repas, afin de s’assurer que tous ses pro-

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tégés y prennent part et qu’aucun d’eux n’est malade. Lorsqu’elle s’aperçoit qu’il en manque, elle doit les chercher. Le soir elle doit également s’assurer qu'il n’est pas resté quelques volailles hors du poulailler ; si cela arrive, on attend la nuit pour les prendre plus facilement et on les reporte dans leur demeure. On ne doit jamais laisser coucher des poules dehors : le renard ou les fouines en feraient leur profit.

Quelquefois aussi des poules prennent l’habitude d’aller pondre de côté et d’autre; il faut les surveiller, détruire le nid qu’elles ont formé, et chercher à les ramener au poulailler. Cependant, si elles y mettaient une grande persistance, il vaudrait mieux arranger le nid, tacher de le mettre à l’abri des chiens, et laisser la poule achever sa ponte. Lorsqu’elle l’aurait terminée, si la poule voulait couver, on l’enlèverait le soir et onia placerait dans un panier couvert; au bout de quelques jours elle aurait oublié la petite cachette cju elle avait trouvée elle-même, et couverait tranquillement dans le poulailler.

Il faut, chaque année, réformer les poules qui ont atteint quatre ou cinq ans et les remplacer par les jeunes poulettes qu’on a choisies dans ce but ; car il est indispensable de faire un choix dans les élèves quand on veut former ou conserver une belle race.

ün préjugé, qui règne encore dans certaines contrées, fait admettre qu’il y a des coqs qui pondent et que leurs œufs contiennent des serpents. Nous n’avons pas besoin de dire que ce conte, fait pour amuser les petits enfants, est tout à fait dénué de fondement. Il est vrai qu’il y a des poules dont la voix devient rauque et ressemble un peu à celle du coq; on prétend que ces poules ne pondent plus ; il faut les tuer après s’être assuré du fait.

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