‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 239 sur 304 · Du 'paon · texte numérisé non relu

Du 'paon

On s’adonne très-peu à l’éducation du paon, qui, généralement considéré que comme oiseau de luxe, n’est recherché que pour la magnificence de son plumage, bien [que la chair des jeunes paonneaux soit excellente.

Le paon mâle n’a atteint tout son développement qu’à l'âge de trois ans, la femelle un an plus tôt ; elle pond très-peu d’œufs, et elle les [dépose partout où elle se trouve, ce qui rend assez difficile d’en réunir un nombre suffisant pour faire une couvée. Les soins à donner à la couveuse et à la couvée sont les mêmes que ceux que réclament les dindons. C’est à l’âge d’un mois à cinq semaines que l’aigrette leur pousse ; cette crise offre autant de danger pour eux que celle du rouge chez les dindonneaux; les mêmes moyens parviennent à les en tirer.

Dès que les petits sont éclos, la mère les emmène hors du poulailler et cherche à les faire coucher dans les arbres. Comme ils sont trop faibles pour voler, ils montent sur son dos, et elle les enlève ainsi pour les conduire où elle veut les loger. Il faut souvent l’aider, parce qu’elle pourrait en laisser à terre, où ils périraient. Au bout de quelques jburs il n’est plus besoin de s’en occuper; il suffit de leur donner quelque nourriture , qui se compose de grains.

L’humeur sauvage de ces animaux les pousse à aller chercher

leur vie presque comme s’ils n’étaient pas réduits à l’état de domes-

ticité; cependant ils reviennent assez régulièrement à la basse-cour prendre leur repas et coucher dans le lieu accoutumé, qui est ordinaiiement la sommité d un toit. A l’age de quatre ou cinq mois il faut les nourrir plus copieusement, pour les faire engraisser et les manger.

Le cri de ces animaux est très-fort et désagréable ; c’est ce qui rend leur éducation presque impossible dans une maison particulière. Les mâles sont souvent très-méchants.

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