Des conditions d’un bon hersage
La herse est un instrument d’une utilité incontestable ; sa fort
et son poids varient selon l’usage de chaque pays, de même que les matériaux qui servent à la fabriquer. Pour permettre à nos lectrices
de se faire une idée des modificationsjqu’a subies cet instrument, nous en donnons ici deux figures; l’une [fig. 170) représente, sauf quelques légères améliorations, une herse dont on se sert encore généralement, et depuis un temps fort long, dans certaines contrées de la France et de la Belgique ; l’autre ( fig . 171) n’a été inventée que depuis peu d’années par un Anglais nommé Howard, qui lui a donné son nom ; elle figurait à l’Exposition universelle de Paris, en 1855.
Une très-bonne pratique est de donner un hersage immédiatement avant chaque labour, afin que celui-ci enfouisse la couche superficielle aussi ameublie que possible ; ce hersage doit quelquefois être opéré plusieurs jours à l’avance, pour faciliter la germination des semences de mauvaises herbes, que le labour détruit ensuite. On herse encore au printemps sur les récoltes de céréales et sur certaines autres, et sur les prairies artificielles permanentes. Pour ces dernières, les hersages doivent précéder l’épierrement. On emploie également la herse lorsque la semaille est terminée, pour recouvrir une foule de semences. On a fabriqué pour ce dernier usage plusieurs herses spéciales dont la description nous entraînerait trop loin ; on en trouvera des modèles dans le Journal d’ Agriculture pratique, auquel nous nous trouvons forcée de renvoyer nos lectrices. D’ailleurs leur emploi n’est pas indispensable, puisqu’on obtient des résultats satisfaisants avec les herses ordinaires.
Il faut s’assurer que la herse porte bien sur toutes los parties du sol ; si elle relève par derrière, on la charge d’une pierre ou d’une petite pièce de bois fixée au moyen do quelques liens d’osier.
Le herseur doit conduire sa herse de manière à ce que la première dent du second trait vienne passer dans la dernière raie du premier trait; sans cela il y aurait toujours un espace non hersé ; pour obtenir
ce résultat, il faut que l’attelage parcoure^une ligne bien droite. Lors-
Fig. 171.
que les dents de la herse se chargent d’herbes ou de chaume, le lier seur doit arrêter son attelage, soulever l’instrument par derrière, puis par-devant, pour l’en débarrasser. Si cette opération ne suffit pas, il doit dégager les dents avec la main; faute de ce soin, la
herse ne pénètre plus dans la terre, elle bourre, et le travail reste très-imparfait.
Les hersages ne doivent jamais être donnés lorsque la terre est trop humide ; ils sont très-profitables, au printemps, aux céréales avant qu’elles aient commencé à taller et à élever leur tige, aux pommes de terre, au maïs pour fourrage, etc. On les emploie sur les terres qu’on doit labourer et sur celles qui ont reçu un labour ; ils sont essentiels lorsque la terre, à l’époque de l'ensemencement, après avoir été battue par d’abondantes pluies, se dessèche et forme une croûte dure à sa surface.