‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 245 sur 304 · Conduite du rouleau · texte numérisé non relu

Conduite du rouleau

Le rouleau est un instrument moins employé et moins généralement utile que la herse ; cependant il est indispensable dans une bonne agriculture. On y a recours pour écraser soit les mottes d un champ avant de le herser, soit celles qui se trouvent dans une prairie artificielle et mettent obstacle à la fauchaison; pour raffermir la sol au pied des céréales qui auraient été déchaussées par les gelées , dans certaines natures de terre ; pour donner à la surface du sol une consistance sans laquelle certaines semailles ne réussiraient pas, etc., etc. Un rouleau en pierre ou en fonte, du poids de 250 à 300 kilogrammes, et n’ayant qu’un mètre de long, est, pour ainsi dire, le seul qui puisse être employé partout avec succès. Un rouleau en bois de deux mètres et plus de long, comme on en fait dans beaucoup de pays, est presque toujours d’un effet nul ; la plupart du temps il ne touche la terre que sur un petit nombre de points, à cause de sa légèreté et des inégalités du terrain.

Pour éviter cet inconvénient, M. Claës, de Lambecq (Belgique), a fabriqué un rouleau [fig. 172) auquel il a donné le nom de rouleau articulé , et qui se compose de quatre ou cinq disques de pierre ou de fonte placés les uns à côté des autres, et au centre desquels passe une espèce d’essieu qui les maintient réunis et sert à régler leur marche.

Lorsque les disques sont en pierre, ils restent toujours au même niveau; mais ceux en fonte sont creux, et reliés à l’axe par des bras diamétraux aboutissant à des cercles en fer dont l’essieu traverse le centre ; de cette manière chaque disque peut s’enfoncer ou se relever

indépendamment des disques voisins, do façon à porter partout sur le sol lorsque les inégalités ne sont pas trop considérables. Cette

L Fig, '172.

disposition permet aussi de tourner facilement, quand on arrive à l’extrémité du champ, sans ramasser une quantité de terre, comme cela arrive avec le rouleau d’une seule pièce.

Le rouleau articulé a obtenu une médaille de prix à l’Exposition universelle de Londres.

Ce que nous venons de dire du rouleau articulé nous conduit à parler de celui qui a reçu, du nom de son inventeur, le nom de rouleau Crosskill (fig . 173), dont nous empruntons la description au Journal d’ Agriculture pratique.

Il est composé d’un certain nombre de disques de fonte, ayant la forme de roues dentées, dont l’action est infiniment plus énergique, pour briser les mottes, que de simples disques à jantes unies. Ces disques ont ordinairement 55 à 60 centimètres de diamètre et 15 centimètres d’épaisseur. Indépendamment de son poids, qui, dans le plus grand modèle, composé de 22 disques, atteint environ 1 ,800 kilogrammes, ce rouleau tire son principal avantage de la mobilité de chacun de ses disques, qui tourne librement autour de l’axe commun ; car il ne se charge jamais de terre, inconvénient, des rouleaux pourvus de saillies ou de cannelures. De plus, il présente à la surface du terrain dont il doit briser les mottes des arêtes tranchantes d’une puissance considérable.

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Le rouleau que représente notre figure se compose de dix-huit disques ; on y voit tous les détails du bâti en charpente, muni de

supports en fonte, qui servent à le faire manœuvrer. Ce bâti se compose de deux traverses, et de deux limons entre lesquels est placé l’animal moteur.

Pour transporter ce rouleau d’un point à un autre, on le monte sur deux roues ordinaires, dont les moyeux s’adap tent à l’essieu en fer du rouleau même, qui fait de chaque côté, comme le montre la figure, une saillie d’environ 20 centimètres; ces roues s’adaptent avec une grande facilité, à l’aide de clavettes, et s’enlèvent de même.

Une expérience de plusieurs années a prouvé la supériorité de ce rouleau sur tous ceux dont on faisait usage auparavant; mais il coûte encore assez cher, bien que son prix ait notablement diminué, et exige une assez grande force pour être mis en œuvre.

Fiff. 173.

Il existe maintenant beaucoup d’autres rouleaux que ceux que nous mentionnons; mais nous devons nous borner à4indiquer ceux qui sont

d’une application générale ; les autres ne peuvent trouver place que dans des ouvrages qui traitent de l’agriculture à un point de vue moins restreint que celui-ci.

Le rouleau se conduit comme la herse; il ne doit pas être passé sur une terre humide, parce qu’elle s’y attacherait, et dans ce cas son usage serait plus nuisible qu’utile. Un seul cheval suffit ordinairement pour conduire le rouleau.

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