Coupe et fenaison des prairies
Généralement on a la mauvaise habitude de faucher les prairies et tous les fourrages beaucoup trop tard; on espère gagner un peu sur la quantité, soit par la plus grande hauteur des plantes, soit parce que les herbes mûres perdent moins à la dessiccation : c’est un faux calcul ; on perd plus en qualité qu’on ne gagne en quantité ; d’ailleurs la plupart des plantes arrivées à un degré de maturité trop avancée ne conservent pas leurs feuilles à la dessiccation. Bien que cette perte soit peu sensible, parce que les feuilles disparaissent bientôt, elle n’en est pas moins importante; les feuilles sont la meilleure partie du fourrage; j’insiste donc pour que les prairies soient fauchées avant l’époque généralement adoptée. Le moment le plus favorable est celui où la base des fleurs des graminées et des légumineuses, plantes qui composent en grande partie toutes les prairies naturelles ou artificielles, a défleuri et commence à se transformer en graine, tandis que la sommité est encore verte. A cette époque tous les sucs nourriciers sont concentrés dans la plante, et elle conserve encore ses feuilles, nécessaires à la fructification des semences. Si l’on attend que les graines soient mûres ou seulement toutes formées, les feuilles tombent, ainsi qu'une partie de ces graines, et alors il ne reste, en quelque sorte, que la tige de la plante, partie la moins nutritive; d’ailleurs, lors même que ces graines ne tomberaient pas, elles servent peu à l’alimentation du bétail, qui les broie mal, à cause de leur petitesse, et les rend sans les avoir digérées; elles sont donc perdues pour sa nourriture et vont infester le fumier d une multitude de semences qui germent dans les terres destinées à
porter des récoltes toutes différentes. Je crois ces considérations très-importantes ; cependant elles sont généralement négligées par la plupart des cultivateurs.
Le foin des prairies naturelles demande à être fané, c’est-à-dire
secoué et retourné à plusieurs reprises. 11 est peu important qu’il