‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 250 sur 304 · US · texte numérisé non relu

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soit plus ou moins sec, pourvu qu!il le soit assez pour se bien conserver ; les plantes qui le composent sont pour la plupart des graminées, qui n’ont pas de feuilles à perdre. Lorsqu il est presque sec, on le met en petits meulons, pour qu’il arrive ainsi à. une parfaite dessiccation.

La manière de manipuler le foin n’est pas la même dans tous les pays; elle varie souvent selon le climat, mais plus souvent encore suivant une routine adoptée sans raison, et a laquelle il ne faut pas toujours se plier. Il n’entre pas dans le but de cet ouvrage de donner les meilleurs procédés : cela nous conduirait trop loin; j’indique seulement les conditions générales, en avertissant d’avoir égard, pour la fenaison, aux circonstances locales plutôt qu’à des usages qui ne sont pas toujours avantageux.

Pour obtenir une dessiccation plus rapide du fourrage, les Anglais ont inventé une machine à faner dont la figure 1 82 donne le modèle : elle est assez compliquée, comme on le voit; son but est de jeter en l’air, deux ou trois fois par jour, les foins coupés, de manière à leur enlever en peu de temps l’excès d’humidité qu’ils renferment, et de pouvoir les rentrer promptement.

Les Allemands, pour donner au fourrage un plus grand nombre de points de contact avec l’air, qui doit l’amener au point de dessiccation convenable , se servent d’une espèce de trépied , dont nous donnons le dessin (fig. 183), sur lequel ils le placent; la circulation., en s’établissant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, accélère l’évaporation , et diminue le temps qui doit ordinairement s’écouler entre le fauchage et le moment de la rentrée.

Les fourrages des prairies artificielles, plus difficiles à faire sécher parce que les tiges des plantes qui les composent sont plus grosses, ne doivent pas être fanés ; il faut se borner à les mettre en petits meulons de 1 mètre de diamètre au plus sur 50 centimètres de hauteur, quelques heures après qu’ils ont été fauchés; on les laisse dans cet état jusqu’à ce qu’ils soient secs. Si le temps était pluvieux, l’humidité ne pénétrerait que faiblement à l’intérieur, et on se bornerait à retourner le meulon sans le défaire. Ordinairement, trente-six ou quarante-huit heures après la formation des meulons le foin est bon à rentrer ; le chargement se fait avec la plus grande facilité et sans altérer le moins du monde le fourrage; un homme prend, en une seule fois, avec une fourche, le petit meulon,

qui se tient bien, pour le placer sur la voiture. On passe ensuite la râtelle Tranchant.

Il s’établit dans ces meulons une certaine fermentation qui con-

Fig. 183.

court non-seulement à amener le foin au point de dessiccation néces- i saire, mais encore à le rendre de meilleure qualité. Il en est tout autrement lorsqu’on ne le rentre pas assez sec dans les fenils ; la fermentation qui s’y établit est bien plus forte, et l’humidité qu’il conserve ne pouvant s’évaporer, puisque le foin est renfermé, dé- i termine la formation d’une moisissure qui engendre une poussière dont la présence fait contracter un mauvais goût au fourrage et nuit à la santé du bétail.

Les mauvais temps sont souvent un obstacle à la perfection du travail de la fenaison; c’est dans ces moments difficiles que doivent se déployer toute l’activité et l’intelligence du cultivateur ; c'est alors que la fermière doit le seconder de tous ses efforts, car la récolte des foins est sans contredit l’une des plus importantes d’une exploitation agricole.

L’usage de botteler le foin sur place est excellent, mais tellement hors des habitudes des cultivateurs, dans certains pays, cju il est presque impossible de le leur faire adopter. Ce travail devient tièscoùteux par l’inhabileté des ouvriers chargés de 1 exécuter , c est cependant la seule manière de régler convenablement la nourriture du bétail et de connaître les ressources dont on peut disposer. Je pense qu’on trouvera toujours avantage à tenter au moins de mettre cet usage en pratique.

Nous ne saurions mieux terminer notre coup d’œil sur le travail de la fenaison qu’en faisant connaître à nos lectrices un râteau articulé d’invention toute récente, et qui a reçu du nom de son auteur, M. le comte Morelli , le nom de râteau Morelli. On le voit , dans notre figure 184, travaillant sur un terrain plat; le foin est ramassé par les dents du râteau ; lorsqu’elles en ont réuni une certaine quantité, il suffit de peser sur le manche dont le conducteur tient l’extrémité dans la main pour qu’elles se soulèvent, et abandonnent sous forme d’andain les herbes qu’elles ont recueillies ; rien n’est plus simple que ce mécanisme.

Mais l’avantage spécial qui nous engage à faire connaître ce nouvel instrument, c’est qu’il peut fonctionner également bien sur un terrain que des raisons quelconques forcent à labourer en billons. Si, au lieu de peser sur le manche, comme nous venons de le dire, le conducteur du râteau le soulève un peu au-dessus de la ligne horizontale, ou à peu près, qu’il occupe ordinairement, les dents, par un mécanisme assez simple, deviennent indépendantes les unes des autres, obéissent à leur propre poids, et prennent, suivant la courbure des billons, la position que représente notre figure 1 85.

Pour transporter ce râteau d’un endroit à un autre, on relève les dents et on le laisse porter sur les trois galets qu’on aperçoit dans les figures ; comme ces galets sont mobiles, on attelle le cheval une des extrémités, afin d’éviter les embarras que sa largeur pourrait occasionner en chemin.

Il est nécessaire de s’assurer que les travailleurs chargés du râtelage du foin s’en acquittent avec soin, car le foin a une telle valeur qu’on doit employer tous les moyens pour ne pas en perdre ; pour peu qu’on en laisse après soi, ce peu finit par former une quantité assez importante pour constituer une perte notable. Il faut aussi veiller à ce que les fourches et les râtelles soient ramenées à la ferme

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l Fig. 185.

et mises en place lorsque le travail est terminé. L’ordre est la basi du succès j on doit le faire régner partout,

Fig. 185.

Lorsque les prairies naturelles donnent des regains, il est convenable de les mettre à part pour les agneaux et les vaches laitières,

Les dernières coupes de la luzerne et les secondes qu’on obtient quelquefois du sainfoin conviennent également à cet usage. Lesrq gains doivent donc être recueillis avec soin; il est prudent de le faire serrer à part près de la bergerie, afin qu’ils ne soient pas pri pour un autre usage par les domestiques qui soignent le gros bé tail.

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