Vaccine
On doit employer toute son influence pour déterminer les habitants delà campagne à faire vacciner leurs enfants dès le premier mois de leur existence. Ils oublient trop souvent ce soin important, soit par négligence, soit par de fâcheuses préventions qu'il faut combattre avec persévérance. Notre maîtresse de maison pourra pratiquer elle-même la vaccination, ce qui déterminera beaucoup de mères à faire vacciner leurs enfants. Cette petite opération est tellement facile qu’elle peut être faite par la première personne qui veut s’en donner la peine et y apporter quelque soin. Le virus a acquis toutes les conditions requises, en été et surtout au printemps, dès le sixième ou le septième jour, dès le cinquième même lorsqu'il
fait très-chaud. Il faut que le bouton dans lequel on le puise soit bien développé, sans avoir précisément toute l’étendue qu’il doit atteindre; qu’il soit d’une transparence opaline sans être cependant d’un blanc mat; qu’il soit bien aphthé et porte à son centre un point noir. On fend légèrement l’épiderme avec la lancette, et l’on appuie doucement sur le bouton pour en faire sortir le virus. On doit avoir préalablement fait mettre à nu les deux bras de l’enfant à vacciner; on lui saisit un des bras, on tend légèrement la peau au-dessous du point qu’on a choisi ; puis, après avoir appliqué la lancette sur le virus, *pn l’introduit doucement sous l’épiderme. Il n’est point nécessaire que la piqûre saigne : le contraire est même préférable, parce que la gouttelette de sang qui s’échappe entraîne souvent le virus ; d’ailleurs, c’est faire souffrir inutilement le jeune sujet, ordinairement très-impatient; il suffit qu’on aperçoive la piqûre pour qu’elle soit bonne. On fait trois piqûres en travers ou le long de chaque bras, à la distance de 2 centimètres l’une de l’autre et à trois doigts de l’épaule. Le bon vaccin ne se développe pas pendant les deux premiers jours, à moins d’une excessive chaleur; celui qui se développe dans les vingt-quatre heures est ordinairement mauvais. Le meilleur moyen de s’assurer que le vaccin est bon est de renouveler la vaccine avec son propre virus.
Il y a dans les villages beaucoup d’adultes qui n’ont pas été vaccinés; il faut les rechercher et les déterminer à se soumettre à cette opération, car la petite vérole est encore bien plus meurtrière pour les adultes que pour les enfants.