‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 271 sur 304 · Du développement de la taille chez les enfants · texte numérisé non relu

Du développement de la taille chez les enfants

Le développement de la taille exerce sur l’avenir des enfants la plus grande influence, et il doit fixer à tous les instants l’attention et la sollicitude maternelles. Une taille bien développée, outre’ les agréments qu’elle ajoute à la beauté, est une des conditions essentielles d’une bonne santé.

L’exercice à l’air libre est un des plus puissants moyens de développement pour la taille des enfcmts ; c’est celui qu’emploie la nature ; on doit donc ne rien négliger pour le leur procurer. Un des plus grands obstacles qui empêche ce développement d’atteindro toute sa perfection, chez les filles surtout, a été imaginé par la

sottise humaine : c’est la manie de serrer les enfants, soit dans un corset, soit dans leurs vêtements. J’éprouve un sentiment douloureux quand j’entends une mère dire sérieusement : Ma fille n’a point de difformité ; mais je veux la serrer dès sa première enfance, pour qu’elle ait la taille fine. Eli ! malheureuse ! veux-tu être plus habile que le Créateur et perfectionner les lois de la nature? On me dira peut-être : Pourquoi la nature permet-elle à la taille de tant d’enfants de se contourner, de se déformer à ce point qu’ils deviennent bossus? Parce que vous aurez bravé ou méprisé les indications de la nature; parce qu’une maladie mal dirigée, mal soignée par un homme incapable, aura causé des pertubations dans l’économie générale ; parce que la nature semble sujette à des bizarreries qui sont inexplicables ; parce que nous n’avons pas su assez bien observer pour voir que nous nous écartions des voies de la nature, que nous accusons d’une faute qui ne lui appartient pas ; enfin parce que la source de cette bizarrerie apparente remonte plus haut que nous ne l’allons chercher. J’en conclus que, lorsqu’un enfant est bien conformé au berceau, il n’y a aucune raison de craindre qu’il ne se développe pas bien, et que le meilleur moyen d’arriver à un développement régulier est de laisser la taille et les membres libres de toute entrave, et de lui procurer beaucoup d’exercice en plein air. Je suis loin de prétendre qu’en suivant ce système tous les enfants seront également bien faits : la nature varie les formes de la taille comme les traits du visage ; mais au moins ils ne seront point difformes. Cette finesse de la taille, qu’une mode aussi contraire aux règles de la beauté qu’à celles de la santé fait rechercher avec tant desoins, ne sera jamais le résultat de l’emploi des corsets et des vêtements serrés, et, si on l’obtient en faisant violence aux formes naturelles, je puis certifier que ce ne sera pas impunément, et qu’en s’écartant des vraies règles de la beauté et de la grâce on prend le meilleur moyen d’ébranler la santé d’une jeune fille et de la prédisposer à une foule de maladies plus dangereuses les unes que les autres.

Mères sages, qui portez une tendresse éclairée à ces créatures chéries qui vous doivent le jour, que vous aimez plus que vousmêmes et dont l’avenir fait l’objet de vos incessantes préoccupations, ne vous laissez pas aller à cette fatale erreur inventée par l’ignorance et soutenue par le préjugé ; laissez croître en liberté,

dès leur naissance, ces jeunes plantes que toute entrave flétrirait. Si Dieu a donné à vos enfants une belle conformation, elle n’atteindra sa perfection’que grâce à la liberté ; si elle ne doit pas être exactement conforme à toutes les règles de la beauté, elle s’en écartera bien moins en suivant celte méthode qu’en y apportant des obstacles, et elle sera d’ailleurs en harmonie avec la conformation générale de votre enfant.

Je ne dis pas qu’il faille, dans tous les ca, abandonner l’enfant à lui-mème, sans s’occuper du soin de son développement ; loin de là : une foule de circonstances, qu’il est impossible de prévoir ni d’apprécier, peuvent venir entraver ce développement. Avant tout il faut chercher à découvrir la cause de ce dérangement ; elle peut résider soit dans la manière de coucher l’enfant, soit dans celle de le vêtir, ou encore dans celle dont il se tient habituellement, dans l’emploi plus fréquent d’un membre que de l’autre, dans certain jeu ou dans certain travail auquel il se livre. Il est possible d’ailleurs qu’on ne puisse pas découvrir cette cause et que le mal aille croissant; alors il faut avoir recours aux lumières d'une branche de la médecine qu’on appelle orthopédie , qui a pour but de corriger ou d’arrêter les difformités naissantes de la taille et des membres, ou la déviation de la colonne vertébrale. Mais, avant de recourir à la science, une mère sensée et persévérante peut obtenir de grandes améliorations et même une guérison complète lorsqu’elle cherche à s’opposer au mal aussitôt qu’elle le découvre. Ainsi elle pourra faire faire , deux ou trois fois par jour, un exercice régulier et doux au bras placé du côté où l’épaule semblerait ne pas se développer autant que l’autre, à la jambe dont la hanche paraîtrait plus faible. Qu’elle se figure bien qu’en favorisant le développement d’une épaule plus petite que l’autre elle diminuera le volume de celle qui est trop grosse. Il en est de même pour les hanches, dont l’une grossit souvent parce que l’enfant a pris l’habitude de s’appuyer plutôt sur une jambe que sur l’autre, surtout lorsqu’il est en repos. On doit faire coucher sans oreiller, un enfant qui aurait de la disposition à se voûter; dans tous les cas, il est avantageux de donner aux enfants un oreiller très-peu élevé et de les faire coucher sur un lit parfaitement plat, et plutôt un peu dur que trop mou. Un enfant dont on craindrait que la colonne vertébrale ne déviât devrait êtie conduit auprès d’un médecin qui s’assurerait si cette crainte est

fondée et pourrait indiquer un moyen d’y remédier. Si le mal était très-grave, il faudrait s’adresser aux docteurs qui s’occupent spécialement de ce genre de difformité et qui ont à leur disposition des moyens parfaitement combinés pour y remédier. Mais, je le répète encore, qu’on se persuade bien que ce n’est point en comprimant l’enfant à l’aide de corsets ou d’autres moyens analogues qu’on remédiera à cette difformité naissante; on l’augmentera, voilà tout, si l’appareil n’est pas spécialement adapté au mal qu’il s’agit de vaincre.

Chez une jeune fille, la taille se forme au moment de la crise de la puberté; c’est seulement alors qu’on peut espérer de lui voir prendre cette élégance , cette souplesse, qui sont des conditions essentielles de la beauté. On ne peut arriver à cet heureux résultat, je ne saurais trop le répéter, qu’en laissant la nature faire seule ce travail, en le favorisant par un exercice modéré en plein air, par une nourriture simple, par des vêtements larges. Rien n’est plus rare à la campagne que les difformités de la taille ; celle des femmes seulement est d’une grosseur démesurée ; cela tient à l’emploi de leurs forces physiques aux travaux de la terre. Mais nous n’avons point à craindre cet inconvénient pour nos filles, qui ne se livreront que comme distraction à ces travaux, qui leur seront d’ailleurs trèssalutaires.

Les exercices gymnastiques violents développent les forces et le courage, mais ils sont plutôt nuisibles que favorables à l’acquisition de la grâce et des belles formes, bien que très-convenables à la santé ; on ne doit donc en user que très-modérément pour les filles : ces exercices pourraient produire chez elles des formes athlétiques qui ne conviennent pas aux femmes ; cependant, chez celles qui sont très-délicates, ils auraient un heureux résultat, en contribuant à les fortifier et à leur faire acquérir une certaine vigueur nécessaire à la grâce. Enfin il est très-bon qu’une jeune fille prenne quelques leçons de gymnastique pour apprendre à se tirer avec adresse et courage des dangers auxquels elle pourrait se trouver exposée. Ces exercices lui feront perdre cette sotte timidité et éviter ces peurs qui arrachent des cris à la plupart des femmes au moindre accident, au plus petit danger, qui ne leur laissent pas assez d’énergie pour faire un saut ou pour franchir une poutre ou une échelle, seuls moyens de salut en certains cas extrêmes, et qui, à bien plus forte raison,

les mettent hors d’état de venir au secours de leurs semblables.

Les exercices orthopédiques dont j’ai parlé précédemment sont beaucoup plus doux que ceux de la gymnastique, et combinés de manière à réformer la taille ou à en favoriser le développement, aussi bien que celui des grâces.

Il en est autrement pour les garçons; ils ne peuvent jamais être trop robustes, trop forts, trop agiles et trop hardis à braver les dangers. Leur rôle dans le monde est bien différent de celui des filles; même dans notre état de civilisation, la force physique est un immense avantage ; elle impose avant la force morale. Les exercices gymnastiques conviennent donc toujours aux garçons.

A la campagne les enfants peuvent se livrer avec la plus grande facilité à des exercices qui ressemblent beaucoup à ceux de la gymnastique proprement dite ; les arbres, les échelles, une foule de circonstances favorisent l’emploi des forces physiques, et partant leur développement. Des parents éclairés doivent s’occuper sans cesse d’en faire profiter leurs enfants; ils peuvent, sans témérité, les laisser s’exposer à de petits dangers que l’habitude diminuera beaucoup. Il est bon et sage aussi d’habituer les enfants à faire de très- longues courses à pied, aussi bien que de leur apprendre, dès leur jeune âge, à monter à cheval. On peut commencer par les faire monter sur des ânes, à poil, ce qui offre bien moins de danger qu’avec une selle. Cette étude est aussi fort utile à une fille, mais elle doit s’habituer à monter à l’anglaise, c’est-à-dire assise, et non ‘à califourchon, comme c’est l’usage dans certaines provinces de France, ce qui est bien peu gracieux pour une femme.

3. — Des soins à apporter aux dents des enfants et des adultes.

Les dents sont au moins aussi précieuses au point de vue de la santé qu’à celui de l’ornement naturel ; on doit donc apporter tous les soins nécessaires à leur conservation. Il est essentiel de les laver deux fois par jour, le malin en se levant, le soir au moment de se coucher, et de les frotter avec une petite brosse dont les crins soient assez écartés les uns des autres pour qu’il ne puisse rien séjourner entre eux ; ces crins doivent n’ètre ni trop durs, ni trop mous. Il faut que l’eau employée soit froide, ou au moins qu’elle ne soit que légèrement dégourdie. L’usage de quelques goutfe»

d’eau-de-vie ou d’eau-de-vie camphrée ajoutées à cette eau me parait un des dentifrices les plus simples et les plus efficaces ; j’v joindrais cependant l’emploi du charbon en poudre, ou d’une poudre porphyrisée, composée de moitié charbon et moitié quinquina rouge, dans laquelle on tremperait la brosse pour en frotter les dents et les gencives après les avoir bien lavées ; on rince ensuite légèrement la bouche. Il reste entre les dents et sous les gencives des portions invisibles de cette poudre dépurative et tonique, qui contribue, plus qu’aucun autre moyen, à la conservation des dents et des gencives, et qui même, à la longue, rétablit des gencives dont la détérioration détermine le déchaussement des dents, les dispose à se gâter et donne à la bouche une mauvaise odeur. Ce remède, ou plutôt ce moyen d’amélioration et de conservation, est du nombre de ceux qui n’agissent qu’après un assez long usage; mais j’ai acquis l'expérience de son efficacité; de plus, il entretient la blancheur des dents sans en altérer l’émail ; il est aussi peu coûteux que facile à*employer. Je ne saurais trop le recommander ; on verra, au bout de cinq ou six mois d’usage , les gencives se regarnir et devenir saines et brillantes.

La détérioration des gencives résulte souvent d’une cause interne; dans ce cas, un médecin peut seul indiquer les moyens dont il faut faire usage. Il se forme quelquefois sur les dents du tartre qui altère les gencives et déchausse les dents ; il faut le faire enlever. C’est un conseil qu’il ne faut pas manquer de donner aux gens qui n’auraient pas cette idée.

Si l’on n’a pas de très-bonnes dents, il est nécessaire, de temps à autre, de faire visiter sa bouche par un dentiste, pour faire limer, plomber ou même arracher les dents mauvaises, qui peuvent causer d’abord des douleurs affreuses, qu’on attribue souvent à une autre cause, puis contribuer à faire gâter les autres. Avec ce soin on s’épargnera bien des douleurs, et, si l’on est obligé d’en supporter quelques-unes, elles ne seront que passagères. Cependant on doit éviter autant que possible l’extraction des dents : lorsqu’elles se gâtent, il faut, avant de les faire arracher, les faire nettoyer et plomber. On a aujourd’hui des procédés qui laissent peu à désirer, et une dent plombée peut rendre encore de grands services. D’ailleurs, l’absence d’une dent fait un vide qui peut ébranler les autres et qui nuit toujours à la forme extérieure du visage. Cependant, si,

malgré ces soins, elles continuent à se gâter et l'ont souffrir, le plus sagB est de les faire arracher.

Lorsqu’on est menacé de perdre par la carie une dent de devant, il faut à l’instant faire enlever entièrement la partie cariée ; si on a négligé de le faire dans l’origine, ce n’est pas une raison pour s’en abstenir plus tard ; lors même que la dent serait presque à moitié gâtée, il est parfois possible de la sauver en la faisant limer. Enfin, si le mal est sans remède, j’engage notre ménagère à se faire arracher ou scier la dent avant que la carie ne pénètre jusqu’à la racine et à se faire mettre une fausse dent. L’art du dentiste a fait de très-grands progrès ; on parvient aujourd’hui à placer une dent avec une telle perfection qu’il est difficile de s’apercevoir qu’elle est fausse ; de plus, si elle ne remplace pas entièrement celle qu’on a perdue, elle permet néanmoins de manger en employant quelques ménagements, elle ôte à la prononciation le sifflement désagréable qui résulte de la perte d’une dent, elle s’oppose à ce que la salive soit lancée par cette lacune, enfin elle répare un accident très-désagréable à la vue et nuisible à la beauté.

On va me taxer de coquetterie après un semblable conseil. On aura tort, grand tort, et cependant je blâmerai toujours les femmes qui négligent leur tenue et le soin de leur personne après le mariage. Une femme doit-elle être moins désireuse de plaire à l’homme près duquel elle est fixée par un lien sacré qu’elle ne l’était lorsque ce lien n’était pas formé ? Au contraire ; lorsqu’il vous recherchait en mariage, il était facile de lui plaire; vous aviez des attraits que l’âge et la possession vous ont fait perdre à ses yeux; d’ailleurs la coquetterie ne consiste point dans le soin qu’on prend de rendre sa personne agréable à ceux avec lesquelles on est appelé à vivre, mais bien dans le mauvais usage qu’on peut faire des agréments dont ou est doué.

J’insiste beaucoup sur les soins à donner à la bouche, parce que généralement on les néglige.

Je dois recommander, bien qu’il ne soit pas exempt d’inconvénients , l’emploi de la créosote Billard pour les dents très-gâtées et qui causent une vive douleur ; j’en ai obtenu des effets fort heureux dans certains cas. Ce n’est point un remède radical , ni qui agisse avec une égale efficacité sur tous les sujets; mais j’ai souvent, par son moyen, vu enlever comme par enchantement des

douleurs presque intolérables chez les gens de la campagne, qui ne prennent aucun soin de leurs dents. Dans presque tous les cas on peut leur procurer un grand soulagement par l’emploi de ce remède.

L’alcool camphré a à peu près la même efficacité , et je crois même son action plus durable ; on introduit dans la dent cariée un peu de coton imbibé de cette préparation, et on le renouvelle à plusieurs reprises. Certaines personnes sont guéries presque instantanément par ce remède si simple ; d’autres n’en éprouvent pas de soulagement. Il n’y a aucun inconvénient à l’essayer, et on peut, quand il n’agit pas, recourir à celui que j’ai indiqué dans le paragraphe précédent.

Je dois aussi mentionner un autre moyen dont l’effet n’est pas moins efficace et qui peut être employé avec succès dans ce qu’on appelle une rage de dents : c’est un lavement. A l’instant la douleur cesse. Souvent elle reprend ensuite ; mais un moment de soulagement est précieux lorsqu’on l’a cherché inutilement par mille autres moyens.

Une excellente manière de traiter les maux de dents qui causent des fluxions, c’est l’emploi des bains. On se met dans l’eau jusqu’au nez, et on y reste deux heures. Immédiatement au sortir de ce bain on s’enveloppe toute la mâchoire dans du coton en poil bien chauffé, maintenu par un mouchoir mis en mentonnière, et on se couche s'il est possible. Ce moyen répété est presque toujours salutaire, parce que le mal que cause une fluxion est inflammatoire ; le bain agit et sur la partie atteinte, et sur tout l’individu. Je recommande beaucoup ce traitement pour le mal de dents , et j’engage le patient à y joindre un peu de diète.

La dentition des enfants demande une surveillance bien autrement active que la bouche des adultes ; il s’agit de leur faire un beau présent, car de bonnes et belles dents sont, un don précieux. C’est une grande erreur de croire que la nature pourvoira toujours suffisamment à ce travail ; nous sommes si loin de l’état de nature que nous devons nous attendre à une foule d’accidents qui ne se produiraient pas dans un état plus rapproché de notre point départ. Lorsque la première dentition, qui cause souvent bien des tribulations aux enfants, est terminée, il n’y a rien à faire à leurs dents; elles ne demandent pas même à être lavées. Cependant souvent elles se gâtent de bonne heure, ce qu’on éviterait peut-être par ce

-soin ; mais il est difficile de persuadera un enfant de s’y astreindre.

Lorsqu’un enfant a des dents gâtées, elles le font souffrir, et, ce qu’il y a de pis, c’est qu’il est dangereux pour l’avenir de les faire extirper, si l’enfant n’a pas atteint à peu près l’âge auquel la se- ( conde dentition s’opère. Il faut donc employer des moyens palliatifs, comme les cataplasmes faits avec une décoction de têtes de pavot et. du pain ou dé la farine de lin, et appliqués sur la joue malade, un peu de laudanum ou d’alcool camphré placé avec du coton dans la dent cariée, et quelques bains de pieds.

Il en est tout autrement lorsque les dents commencent à s’ébranler ; il devient nécessaire de faire visiter la bouche de l’enfant par un bon dentiste, pour s’assurer que le travail se prépare bien. On ne doit cependant point forcer la nature en arrachant une dent aussitôt qu’elle remue, mais bien lorsqu’elle n’est plus contenue t que par les gencives, avec lesquelles elle a trop d’adhérence, ou I lorsqu’elle est serrée par d’autres dents, et qu’on peut craindre de ■ voir celle qui pousse dessous , gênée par celle qui doit tomber , dévier de sa position ; il faut alors l’arracher ou la faire arracher sans pitié. Un enfant bien élevé se décide facilement à cette petite opération, que ses parents peuvent très-bien faire eux-mêmes avec la petite pince dont j’ai parlé dans le Manuel de Pharmacie. Si on a négligé- ce soin et qu’une dent se présente mal, il n’y a pas à hésiter, il faut aller trouver un bon dentiste pour qu’il remédie à cette négligence par l’application d’un appareil. On est parvenu aujourd’hui à combiner ceux-ci d’une manière si ingénieuse qu’il n’est aucune mauvaise position de dent qu’on ne puisse réparer avec leur secours ; d’ailleurs ils ne sont point douloureux à poser, ou du moins ils le sont fort peu ; un peu de déchirement dans quelques parties des gencives est le seul mal à redouter. Us sont d’un effet admirable et n’agissent que d’accord avec la nature et très-lentement.

Quelquefois la mâchoire est tellement étroite que les dents chevauchent les unes sur les autres ; c’est aux parents à s’armer de courage et à forcer l’enfant, si on ne peut le décider par la raison, à se laisser faire l’opération douloureuse de l’extraction d’une dent. Ce moment, aussi pénible pour la mère que pour l’enfant, est bientôt passé, et l’avantage qu’on en retire se fait sentir toute la vie. Mais ce cas est fort rare., et il ne fout recourir à l’opération. qu’après

avoir tout, tenté pour l’éviter, et lorsque la mâchoire de l’enfant est assez développée pour qu’on ne puisse plus espérer de voir le désordre disparaître de lui-même.

Aussitôt que la dentition de devant est terminée, on doit faire prendre à l’enfant l’habitude journalière de se laver la bouche; à cet âge de l’eau pure suffit, à moins qu’une détérioration anticipée des gencives et des dents ne force à y apporter les soins que j’ai indiqués pour les dents des adultes.

SECTION II. — Maladies des enfants. ■

Page 1