‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 29 sur 304 · V. Plantation · texte numérisé non relu

V. Plantation

Une terre à la fois fraîche et fertile donne à la vigne une rap: dité décroissance, un luxe de végétation, une abondance de pre j duits dont aucune autre plante cultivée n’approche ; mais le raisi est sans saveur. S’il appartient à une variété recherchée, il perd lq | qualités recommandables de cette variété. La vraie terre à raisi j doit être parfaitementégouttée, propre à retenir, non pas l’humiditc F mais la chaleur; lorsqu’elle est froide et compacte, il faut l’amende J avec du sable, de la terre sablonneuse et quelques plâtras concassé* ! avant d’y planter la vigne au pied de l’espalier.

Sous le climat de Paris, les bouturés de vigne se mettent c?| place au mois de mars, mieux à la fin qu’au commencement. Le I accidents heureux que peut présenter un cep en particulier, quan j à la grosseur ou à la précocité du raisin, se perpétuent par le I boutures : on doit donc attacher une grande importance au choi j des sujets.

Les vignerons de Thomery mettent leurs boutures en place, ndl pas au pied du mur, mais à \ mètre 32 centimètres en avant d mur, dans la plate-bande. On ouvre à cet effet une rigole (A, f{\ 48) de 50 centimètres de large, sur 30 centimètres de profondeur C’est dans cette rigole .que se placent les boutures, parallèlement ai pied de la muraille, de sorte que, pour faire arriver la bouture sur le point C du mur d’espalier, il faut laisser sortir son extrémitj supérieure vis-à-vis de ce point dont elle est éloignée de 1 mètre 31 centimètres au moment de sa mise en place. On se gardera de conr

bîer entièrement la rigole A ; il suffit que les boutures y soient recouvertes de 15 centimètres de terre mêlée de fumier bien consom-

Fig. us.

ié. Si cette rigole était entièrement remplie, il se formerait néc.esai rement des racines vers le point D de la bouture B. Mais lorsqu’au out de trois ans cette bouture aura fourni un sarment propre à re conduit vers le mur au point C, il faudra ouvrir une seconde gole a angle droit avec la première, allant directement du pied de bouture vers la muraille, pour étendre le sarment dans cette ri- •ie en laissant sortir seulement son extrémité supérieure. Il ne ut donc pas qu’à cette époque il se trouve des racines en D, ce ii empêcherait le recouchage du sarment dans le sens selon lequel doit être conduit : telles sont les raisons pour lesquelles on ne

mble qu à moitié la rigole A, quand elle a reçu les boutures de gne.

La plantation des boutures doit être calculée de manière à ce • ceps arrivés au mur y soient à 55 centimètres l’un de l’autre, si mur est assez élevé pour recevoir cinq rangs de cordons, et à centimètres si l’on n’en peut placer que quatre ou un moins ind nombre. Il peut arriver que la nature du sol ne permette pas p anter les ceps aussi près les uns des autres; dans ce cas, on it doubler les distances indiquées, et planter de la même maans. les intervalles, un nombre égal de ceps, mais de l’autre c e a muraille. Les sarments destinés à garnir le mur du côté le un oxpose seront introduits pas des trous ouverts pour leur livrer ^ge, et le mur se trouvera complètement couvert. C.è rapprochci cgs ceps, qui forfcé leurs racines à se mêler', pour ainsi dire,

les unes dans les autres, n’est possible qu’autant que des engrai i appropriés à la nature de la vigne lui fournissent tous les an; i une nourriture substantielle. La vigne ainsi plantée ne s’emportii jamais; sa végétation annuelle commence et finit de très-bonm i heure; ajoutez-y l’application raisonnée d’une taille réglée sur lit principe de l’égale distribution de la sève dans toutes les parties di | la vigne, vous aurez l’explication de la supériorité des produits de! | treilles de Thomerv, produits qui ne sont égalés nulle part ailleurs;'! mais qui peuvent l’ôtre lorsqu’on se conforme aux mêmes prin :j cipes.

On ne peut raisonnablement objecter à ce mode de plantation® que le temps qu’il fait perdre. Évidemment un locataire, à moins à qu’il n’ait un très-long bail , ne peut trouver son compte à établir s une treille qui commencera seulement à couvrir le mur au moment où il se trouvera menacé d’avoir un successeur ; mais le propriétaire J sur qui ce motif n’a pas de prise, ne doit pas craindre de retardei i ses premières récoltes pour suivre une méthode qui lui fera ample- h •

ment regagner^le temps perdu. On voit [fig. 49) la disposition des ï racines d’un cep tout formé, palissé sur l’espalier.

Page 1