‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 30 sur 304 · VI. Formation[de la tige et des cordons · texte numérisé non relu

VI. Formation[de la tige et des cordons

La vigne n’arrive au pied de l’espalier qu'après trois années de i culture; elle y arrive sous forme de provin à l’époque où elle est en état de montrer son premier fruit. Le provin est taillé sur trois ou quatre yeux dont chacun peut porter fruit. Il serait imprudent | de laisser subsister toutes les grappes qui s’y montrent pour 1#

JARDINAGE et ferme.

première fois; ce serait fatiguer le cep et compromettre son avenir : on en retranche plus ou moins, selon la force du sujet. L’époque la plus convenable pour ce retranchement est celle où les grains de raisin ont acquis la grosseur d’un pois.

Quand la vendange est précoce, on peut tailler immédiatement après l’enlèvement du raisin; dans le cas contraire, on remet cette opération au mois de février de l’année suivante : c’est une règle générale à laquelle on doit se conformer durant toute l’existence de la vigne. On ne profitera pas, pour l’allongement de la tige, de toute sa croissance de l’année ; on la rabattra au contraire le plus près possible de la naissance de son bourgeon inférieur. Pendant la végétation de l’année suivante, on se gardera bien de supprimer les yeux qui naîtront le long de la tige, dans le but de favoriser exclusivement sa croissance en hauteur; le bois de la vigne ne devient robuste qu’en raison des bourgeons qu’on lui laisse pour y retenir une partie de la sève ; ces bourgeons ne nuisent en rien au bourgeon de prolongement de la lige, pourvu qu’on les empêche, de s’emporter, et rien n’est plus facile au moyen de plusieurs pincements répétés selon le besoin. A la fin de la seconde année, après 'arrivée du cep au pied de l’espalier, on peut commencer à préparer e premier cordon au moyen d’un bourgeon double qui donne deux arments à diriger en sens contraire à une hauteur déterminée l’avance sur le mur. Le premier cordon inférieur s’établit ordiiairementà32 centimètres de hauteur. Quelquefois, à défaut d’unourgeon convenable, l’opération se trouve encore retardée d’une nnée; on rabat sur l’œil qui se trouve le plus rapproché au-des- )us de la hauteur à laquelle le cordon doit être établi ; cette taille e manque jamais de provoquer la naissance des deux bourgeons ont on a besoin.

Les tiges des autres ceps se taillent d’après le même principe,- sur j nil le plus près de la hauteur où doit commencer le cordon ; mais, i lieu de laisser chacune de ces tiges grandir en liberté et partir d un seul jet à la place que son cordon doit occuper, on aura | in de ny laisser arriver que peu'à peu. Le temps que les ceps jj éliront à laire ce trajet no sera pas entièrement perdu ; chacun jj I1X Por^cra tous les ans une quantité modérée de très-beau raisin . j bras ou cordons seront iormés avec la même prudence; ils | 'liront toujours plusieurs années a atteindre la totalité, de leur IL K

longueur qui ne dépassera pas 1 mètre 32 centimètres, de 'chaque côté, de sorte que, quand les quatre cordons seront établis, ils of-i friront l'aspect représenté fig. 50. Pour éviter la confusion etrendnj

Fig. 50.

leur position relative plus facile à saisir, nous avons cru devoir n< i représenter qu’un cep de chaque cordon; on se figurera facilemen u l’espalier entièrement couvert de cordons semblables.

On ne conservera pas la totalité des bourgeons à demi formés on réservera seulement, sur le dessus du cordon, un certain nombri 3 d’yeux, de manière à ce qu’ils soient à peu près régulièrement es î pacés entre eux de ;16 à 20 centimètres tout le long du cordon. Le- i autres seront ménagés pour attirer la sève sur le cordon et forti: fier autant que possible cette partie essentielle du cep ; on loi i arrêtera successivement par des pincements réitérés, pour fini, ! par les supprimer entièrement. Les bourgeons conservés , rabattm j chaque année comme des branches fruitières de pêcher, sur un ce î do remplacement, deviendront ce que les jardiniers nomment de! î coursoiis. Au bout de quelques années les coursons, auxquels ci, est obligé de laisser tous les ans un talon qui porte les bourgeons ■ fruit, espoir de la récolte suivante, se trouveraient assez allonge pour laisser entre eux et le cordon un vide aussi désagréable à 1(, vue que préjudiciable à la production du raisin; l’attention dujan dinier se portera sur les bourgeons adventifs qui sortent assci

fréquemment du talon des coursons. En les rabattant sur ces bourgeons chaque fois que l’occasion s’en présente, on les rajeunit assez a temps pour prévenir leur allongement excessif.

Réduite à ces principes, la taille de la vigne en espalier n’a plus rien de compliqué , rien de difficile. Tandis que, selon la méthode ordinaire, le jardinier doit rester en délibération, sa serpette à la main, avant d’avoir examiné comment il convient de tailler ou de conduire un sarment, cette hésitation n’est plus possible par la méthode de Thomery ; la besogne est toute tracée ; il n’y a plus qu’une marche certaine et régulière à suivre, sans s’en écarter, pour atteindre le but de toute taille rationnelle, c’est-à-dire , pour concilier la bonne qualité et l’abondance du fruit avec la conservation des ceps et l’égale répartition de la sève dans toutes leurs parties. Si, par cette méthode, l’espalier de vigne est lent à se couvrir, il faut considérer qu’une fois établi, il n’en est point d’aussi productif, car les coursons se trouvent répartis avec une égalité parfaite sur les cordons qui couvrent le mur en entier, sans y laisser ucun vide. La méthode ordinaire donne plus tôt une pleine récolte t couvre plus tôt le mur; mais, comme on a laissé les cordons s’émdre à leur gré et s’allonger outre mesure, les coursons y sont 'spersés çà et là ; de grands espaces ne produisent rien ; la sève, ; portant toujours aux extrémités, abandonne ou laisse languir s points intermédiaires; le cep ayant trop débranchés, et par nséquent trop de fruits à alimenter, ne peut jamais donner que *s produits médiocres ; tant de désavantages font plus que comnser une légère perte de temps ; il n’y a même pas lieu de dister la supériorité de la taille à la Thomery, elle est trop évidente, loique ces procédés soient connus et pratiqués depuis bien des nées, il ne faut pas s’étonner qu’ils soient à peine sortis des trois quatre communes où se récolte le raisin vendu à Paris sous le n de chasselas de Fontainebleau, puisque les jardiniers les plus urés, confirmés dans leur opinion par celle de plusieurs auteurs | nés à d autres égards do leur confiance, croyaient et croient entff'i I e co^c manière de tailler et de conduire la vigne propre exclusiicnt à ce canton, dont le sol et l’exposition sont à leurs yeux les a fl es causes réelles de la qualité supérieure de leur chasselas.

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