CHAPITRE IX
CONSTATATION DE LAMORT.
Plusieurs maladies peuvent plonger pendant plus ou moins de temps leurs victimes dans un état qui ressemble complètement à la mort. Il importe donc de savoir que l’aspect cadavéreux de la face, la lividité de la peau, l’affaissement ou l’obscurcissement des yeux, l’impossibilité de percevoir la respiration ou la circulation chez le malade, le refroidissement même du corps sont des signes de mort incertains.
Les trois signes les plus infaillibles de la mort sont :
1° Laroideur cadavérique, qui persiste plus longtemps sous l’influence d’un air frais e sec que sous celle d’un air chaud et humide ; sa durée moyenne est de vingt-quatre à trente-six heures ; elle est facilement vaincue par un effort et ne reparaît plus, ce qui la distingue de celle qui résulte d’un état convulsif. Elle diffère aussi de la roideur produite par le froid; celle-ci est due à de petites congélations qui se forment dans les articulations : on la reconnaît au bruit qu’elles produisent quand on fléchit un membre.
2° Le second signe est la cessation de la contractilité musculaire. Si, après avoir mis un muscle à nu, à l’aide d’une petite incision pratiquée sur un membre où cette blessure ne puisse avoir aucune suite fâcheuse, on pique ce muscle sans qu’il se contracte, il y a mort certaine.
3° Le troisième signe est la putréfaction. Elle se reconnaît à une coloration verdâtre ou brunâtre qui apparaît d’abord au cou, à la tête ou au ventre, et qui est accompagnée d’une odeur putride particulière.
Tant que l’un de ces trois signes ne s’est pas manifesté, il n’y a pas certitude que le malade soit mort. Il est donc très-important que le décès soit partout constaté par un médecin, comme cela se pratique à Paris et dans quelques grandes villes.
Ici sc termine la tâche que je m’étais imposée. Si l’ouvrage que j’offre aux ménagères de campagne n’est pas complot, j’espère au moins qu’il ne sera pas inutile pour les aider à remplir leurs nombreux devoirs. Leur intelligence, leur zèle et leur expérience suppléeront aux imperfections de mon œuvre; heureuse si je pouvais leur faire comprendre tout le charme de la vie des champs et le bonheur quo donne l’emploi utile do la vie !