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Amélioration du sol

A. Labours et façons.

Il est rare que le terrain où l’on se propose d’établir un jardin soit naturellement assez riche pour recevoir cette destination s’il n’est considérablement amendé. Les labours profonds, surtout ceux qui précèdent 1 hiver, les fumures abondantes et les façons

successives, renouvelées du printemps à l’hiver, finissent toujours par modifier essentiellement la qualité de la terre d’un jardin ; mais c’est l’affaire du temps. On dit aux environs de Paris « qu'il faut sept ans pour faire un bon marais. » On aime à récolter dès la première année des produits satisfaisants dans un jardin de nouvelle création ; il faut dans ce cas recourir aux amendements.

Les terres légères, convenablement défoncées et épierrées , sont les plus favorables aux cultures potagères et les plus faciles de toutes à améliorer par des fumures abondantes et fréquentes, composées d engrais très-consommés. Ces terres sont hâtives sans être arides. Les sols légers, lorsqu’ils sont sablonneux , conservent en été plus de fraîcheur que les autres; ils absorbent aussi plus promptement les propriétés fertilisantes des engrais.

B. Amendements.

Les terres très-argileuses ont besoin, pour devenir de bonnes terres de jardin , d’être amendées, selon leur nature et leur degré de ténacité, avec le sable, la chaux et la marne. Elles doivent recevoir des labours très-profonds pendant les chaleurs de l’été et à l’entrée de l’hiver. L’effet des engrais se prolonge beaucoup plus dans les terres fortes que dans les terres légères; il faut aussi aux terres fortes des fumures moins abondantes el moins souvent renouvelées. Ces terres ne doivent être labourées que quand elles sont bien égouttées; tant qu’on les voit pénétrées d’une humidité surabondante, il ne faut pas y toucher. Elles se trouvent très-bien d’une récolte de sarrasin ou de quelque autre plante qu’on enfouit par un bon labour au moment où elle est en fleur et qu’on laisse pourrir en terre jusqu’au printemps de l’année suivante. Le colza, semé très-épais à la volée, enfoui à l’entrée de l’hiver, produit aussi un très-bon effet; il en serait de même du trèfle; mais dans les terres fortes il ne réussit que médiocrement.

Lorsqu’on défonce une terre forte où l’on veut établir un jardin , s’il s’y montre des pierres , il ne faut faire enlever que les plus grosses; les petites pierres divisent les terres fortes , condensent en été l’humidité sous leur surface inférieure et sont plutôt utiles que nuisibles. Les débris de végétaux de toute sorte , tels que les fanes de pommes de terre provenant de la grande culture, et lo terreau très-léger provenant des gazons mis en tas, contribuent aussi très-efficacement à l’amélioration d'une terre argileuse ; mais ils no sauraient dispenser do l’emploi du fumier. La chaux , à la dose d’un double décalitre par are , convient très-bien dans les mêmes terrains. On la répand en automne sous forme pulvérulente à la surface du sol; on l’enfouit par un labour à l’entrée de l’hiver; les effets de la chaux ne se manifestent pas immédiatement ; ils sont lents, mais durables; le sol en est amélioré pour quinze à vingt ans. Le sable, la marne et les terres calcaires peuvent aussi être utilisés comme amendements pour les terres fortes très-argileuses ; ils ne produisent quelque effet que lorsqu’on les emploie à la dose de cinq ou six mètres cubes par are. Dans la grande culture, il en résulterait des frais énormes , et ce genre d’amendement serait beaucoup trop dispendieux; mais uour l’amélioration d’un

JARDINAGE El FERME.

jardin qui n’est jamais d’une bien grande étendue , et dont les produits surpassent de beaucoup en valeur ceux de la grande culture, on rentre promptement dans ses avances. Après que les amendements ont été répandus sur le sol, on façonne en gros billons ou ados séparés par des espèces de rigoles. La terre reste en cet état tout l’hiver; la terre, amoncelée en grosses mottes , est divisée par les gelées et le dégel; un bon labour à plat, donné à la bêche au printemps, fait disparaître les billons et incorpore parfaitement avec le sol les substances employées pour l’amender.

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