VIII. Pincement
Si l’on abandonnait à leur végétation naturelle les bourgeons [ conservés sur une vigne régulièrement conduite, ils ne tarderaient t pas à s’allonger outre mesure ; presque tous dépasseraient, en s’élevant vers le haut de l’espalier, l’espace de 50 centimètres laissé | entre chaque cordon ; ils iraient par conséquent s’entremêler dans 1 les bourgeons du cordon immédiatement supérieur à celui auquel appartiennent les coursons qui les portent ; ils absorberaient plus jj de sève qu’il ne leur en revient; les yeux inférieurs, espoir de Ja j récolte suivante, ne pourraient acquérir assez de vigueur pour de- I venir de bons bourgeons de remplacement : c’est à tous ces inconvénients qu’on remédie au moyen du pincement. L’usage des cultivateurs de Thomery est de compter les yeux à partir du bas du bourgeon, et de le pincer au huitième ou neuvième œil. Nous pensons que, comme la distance entre les yeux peut être fort variable | et que leur nombre n’a aucune importance réelle, il vaut mieux prendre pour base l’allongement des bourgeons et pincer uniforme- I ment au niveau du cordon supérieur, c’est-à dire à 50 centimètres, i ceux qui dépassent cette longueur ; quant aux bourgeons qui se sont trouvés trop faibles puur s’allonger do- 50 centimètres, on les pince
selon leur force, dans le but do favoriser les yeux de remplacement qu’ils portent à leur base. Le pincement produit encore un autre résultat non moins important; il permet de contenir les bourgeons situés aux extrémités des bras et disposés a s emporter aux dépens des autres; il suffit de les pincer à plusieurs reprises pour que l’équilibre de la végétation ne soit pas dérangé. On n’attend pas, pour soumettre la vigne au pincement, qu’elle soit arrivée au mur d’espalier, et qu’elle y ait pris la forme définitive représentée fg. 49 : on commence à la pincer au douzième ou treizième œil, dès la troisième année après qu’elle a subi l’opération du couchage.