‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 33 sur 304 · IX. Ébourgeonnement · texte numérisé non relu

IX. Ébourgeonnement

La suppression d’une partie des bourgeons de la vigne a pour but de la ménager et de provoquer la formation des bourgeons do remplacement. Si l’on n’en supprimait aucun, tous les bourgeons de l’année, taillés sur un, deux ou trois yeux, seraient, l’année suivante, chargés de. raisin ; mais cet excès de production ne s’obtiendrait qu’aux dépens de la fécondité et de la bonne santé de la vigne qui s’en ressentirait pendant plusieurs années.

On commence à ébourgeonner quand les bourgeons ont acquis .me longueur de <5 à 20 centimètres; on s’y reprend à plusieurs ois, à mesure que l’état de la végétation en fait sentir le besoin.

A la vérité, il est rare qu’on ait besoin d’ébourgeonner les vignes j soigneusement conduites à la Thomery ; la sève y est également disl ibuée, et le nombre des bourres sur les coursons est en rapport si jarfait avec la vigueur de chaque cep, que l’équilibre se maintient ie lui-même.

Quand, sur une vigne en espalier à la Thomery, il y a nécessité ébourgeonner, au lieu de supprimer le bourgeon en entjer, on lui nsse un talon muni de sa dernière feuille ; ce talon ne se retranche u a la taille d’hiver.

Indépendamment des bourgeons qui peuvent se trouver à retranficr, il laut aussi faire disparaître, à mesure qu’ils se montrent, •s petits sarments qui naissent fréquemment dans les aisselles des •uilles; les jardiniers les nomment ailerons ou entre- feuilles ; ils

>nt pour la vigne ce que sont pour le pêcher les bourgeons anlipés.

On no doit pas non plus laisser prendre trop de développement aux vrilles de la vigne en treille; en détournant à leur profit une portion de la sève, elles exposent le raisin à couler. Les vrilles ne se retranchent pas au niveau de leur insertion ; il est bon de leur laisser un talon de quelques centimètres de longueur.

B. Procédé ordinaire.

Le procédé le plus généralement suivi donne des résultats trèsinférieurs à celui pratiqué à Thomery ; on ne le préfère que parce que les vignes traitées ainsi donnent du raisin un an plus tôt.

Lorsqu’on plante la vigne près d’un mur, soit pour en garnir un espalier, soit pour la diriger en cordon, il faut, les deux ou trois premières années, la couper très-court pour fortifier le pied. Lorsqu’on veut en faire un espalier, on conserve deux branches qu’on place comme je l’indique pour le pêcher et qu’on palisse sur le treillage. On les taille à moitié longueur lorsque le cep a pris une certaine force ; on palisse les pousses de l’année sur le treillage, en eur donnant une bonne direction. A la seconde année, on prolonge la branche principale, et l’on taille en crochet, à 3 ou 4 centimètres de longueur, les branches qu’on veut conserver. On retranche au niveau du cep celles qui doivent être supprimées : dès cette année souvent on obtient des fruits ; le palissage et la taille du printemps suivant sont les mêmes que ceux de l’année précédente. La vigne, plantée avec soin et convenablement cultivée, pousse avec une telle vigueur, qu’il n’est rien d’aussi facile que de la diriger à sa guise ; on lui laisse plus ou moins de crochets selon la force de sa végétation.

Lorsqu’on veut établir un cordon au-dessus d’autres arbres fruitiers, on taille, les deux premières années, au niveau du cep, et lorsqu’on le voit devenu assez vigoureux pour former un sarment capable d’atteindre dans l’année le haut du mur, ou à peu près, on le palisse verticalement sur le treillage. A la taille suivante, on taille ce sarment selon sa force, et s’il a atteint le haut du mur, on dirige les deux bourgeons supérieurs de chaque côté de la crête du mur, ayant soin d’ébourgeonner la tige afin que toute la sève profite à ces deux branches, qui, étant placées horizontalement, sc mettront promptement à fruit. On les traite comme je l’ai indiqué pour la vigne en espalier ; seulement, on réserve exclusivement

les crochets à la partie supérieure de la branche, afin que les ; rameaux quelle fournit ne retombent pas sur les arbres fruitiers i placés au-dessous. Il ne faut pas donner trop de prolongement chaque année à ces deux branches-cordons, mais les laisser s’allonger peu j à peu, et toujours dégarnir le cep des bourgeons qui poussent do. tous côtés.

Lorsque la vigne est fleurie et que le raisin est noué, on enlève les bourgeons qui n'ont pas de fruits; on peut même les ôter avant i ia floraison, quand la vigne ne pousse pas très-vigoureusement ; mais il ne faut point arrêter le bout des sarments comme on est ians l’usage de le faire dans beaucoup de pays; on réserve cepeni lant les bourgeons sans fruit qui seraient nécessaires à la taille sui-

vante pour établir des coursons sur des parties du cordon trop peu garnies.

Lorsqu on veut changer la disposition d’un cep de vigne, on peut o rabattre sur son vieux bois sans le moindre inconvénient.

On peut aussi conduire la vigne en quenouilles, ce qui produit un i spect Irès-agréable et donne beaucoup de fruits ; dans les préférés années le sarment a besoin d’un tuteur, j Lorsque le chasselas est presque mûr, on peut le dégarnir des j milles qui empêchent le soleil de colorer les raisins. Si l’on veut il ti ver le muscat hors de nos départements méridionaux, il faut,

| 'rscIuela grappe est parvenue au tiers de sa grosseur, en retraner environ le tiers de sa longueur; le reste mûrit infiniment

iCUX.

La vigne cultivée dans les jardins demande de fréquentes fumures des cultures multipliées.

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