‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 37 sur 304 · Du fruitior · texte numérisé non relu

Du fruitior

Il est fort difficile de rencontrer un emplacement convenable pour

fruitier. Le meilleur est une cave ou un cellier bien secs, à l’abri

3 la gelée, et où on laisse pénétrer à volonté l’air extérieur ou le

or ; on garnit tout le pourtour d’échelettes, sur lesquelles on pose

:s planches de bois blanc, munies d’un petit rebord saillant seu-

ment de deux ou trois centimètres ; on place des clous dans les

urs au-dessus des dernières tablettes supérieures ; des fils de fer

1 peu forts tendus sur ces clous, servent à suspendre le raisin.

On place les fruits sans les heurter sur les planches, à côté les uns

s autres, ayant soin de mettre chaque espèce ensemble, en posant

5 pommes sur la queue, et les poires sur la tète ; celles qui ne

u vent se tenir ainsi sont couchées près les unes des autres.

; Après avoir épluché le raisin avec soin, c’est-à-dire enlevé les

I uns qui ne paraîtraient pas parfaitement sains, on suspend les

| ippes au moyen de petits crochets en fil de fer, en forme d’S, ce

I est infiniment plus commode et plus prompt que tous les autres

yens employés. On suspend d’un côté du crochet la grappe sens

jj 'Sus dessous avec la plus grande facilité, et de l’autre on l’accroche

j fil de 1er tendu ; il est aussi facile et aussi prompt de suspendre

j; grappe que de la décrocher. Le raisin se conserve très-bien dans

|i.. armoire bien fermée, lorsqu on le pose sans l’entasser sur les

• iches , il se conserve fort tard, mais] il ne faut ouvrir l’armoire

le plus rarement possible; les autres fruits se conservent très-bien

si de cette manière ; il vaut mieux les mettre sur la planche

l ne que sur du linge, qui hâte la maturité et dispose le fruit à 'j rnr.

i l on a\ ait une trop grande quantité de pommes pour les placer ; es sur le plancher du fruitier, on pourrait entasser les plus comi tes par terre, sous les échelettes; mais il faudrait mettre à terre p anc les et non de la paille, qui donne un- mauvais goût au

est nécessaire que la maîtresse de la maison visite souvent son 1U e qu e e se charge elle-même de ce soin ou qu’elle ne le

confie qu’à une personne aussi soigneuse quelle doit l’être el j même. La plus petite tache à un fruit, s’il y a contact avec un auti j lui communique le mal. En visitant donc souvent ses fruits, nq j seulement elle évitera cette fatale contagion, mais encore elle pour J faire consommer ceux qui ne seront que légèrement atteints ; pi ï elle jugera mieux que tout autre quels sont les fruits qui doive! être mangés les premiers. Nous ferons observer toutefois qi:i comme aucun fruit n’est éternel, et qu’ils finissent tous par se gâte \ on n’en mangerait pas un seul bon, si l’on se faisait une règle i > ne servir sur la table que les fruits tachés.

Le fruit devra être fermé à clef ; les fruits tentent beaucoup, il ne semble pas que ce soit faire un tort réel à la maison que d’< . détourner quelques-uns. Mais aussi, chaque fois qu’il y au \ abondance de fruits, tout le monde dans le ménage devra avoir ps 6 à la distribution ; les gens de la campagne sont avides de fruit: 1 les en priver, c’est les exposer à des tentations difficiles à vaincr 1 Lorsque les fruits sont distribués avec ordre et économie, il e I rare qu’il n’y ait pas de quoi satisfaire à peu près tout le mondl ï surtout si on a un jardin bien planté et bien tenu.

Certains fruits aussi mûrissent tous à la fois ; quelques espècifc de poires mollissent tout à coup ; en visitant souvent le fruitier, oft peut éviter de perdre ces fruits. Lorsque les domestiques voieii jeter des fruits pourris en grande quantité, ils sont naturellemeli conduits à faire des suppositions fâcheuses et souvent fausses su# la générosité de leurs maîtres ; ils attribuent à un sentiment cjt parcimonie ce qui n’est souvent que le simple effet de la négligence1* On doit éviter avec soin de se montrer sous ce triste aspect à soi gens, car alors ils traduisent en avarice toutes les économies qit^ l’ordre rend nécessaires, ce qui les dispose à mettre moins de zèïj à servir nos intérêts.

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