ASPERGES
Nos jardins ont peu de légumes plus généralement estimés. L’asperge croît à l’état sauvage dans le midi de la France et dans toutes les contrées méridionales de l’Europe. Les asperges de la Basse Provence ont un goût très-delicat, mais elles restent fort petites: on les recherche avec grand soin. C’est une chasse très-amusante, que nous recommandons à celles de nos lectrices qui habitent le Midi ; il faut s’habituer à distinguer les pousses d’asperges trèspeu visibles parmi le reste de la végétation sauvage, le long des haies et sur le bord des ruisseaux.
Les différentes variétés d'asperges cultivées ne forment point des espèces distinctes : la grosse aspcige de Garni, celle d’Ulm et c<llc des enviions de Paris ne diffèrent pas entre elles par des caractères
appréciables. Les couches d’asperges s’établissent dans des fosses de 50 à 60 centimètres -de profondeur, dont on garnit le fond de branchages brisés, lorsque le sous-sol n’est pas très-soin . On étend par-dessus un lit de fumier de 30 centimètres, bien comprimé, qu’on recouvre de 10 centimètres de. terre passée à la claie. Ce qui n’est
(pas employé reste en ados sur les côtés de la fosse. On donne aux fosses une largeur de 60 centimètres à 1 mètre, ce qui permet d d’établir deux ou trois rangs d’asperges. Une plus grande largeur ne , laisserait pas la possibilité de soigner et de récolter les asperges sans poser les pieds sur la fosse.
Si la terre dans laquelle on établit les fosses est de bonne qualité, an peut se dispenser de mettre en dessous une couche de fumier. Jn fait alors* les fosses moins profondes; mais if faut toujours pas- ;er la terre à la claie, car la moindre pierre fait courber l’asperge, mi devient amère. Après avoir ameubli parfaitement le sol en y nêlant du fumier consommé, on forme de petits monticules pour 'lacer les griffes, qu’on recouvre de 10 à 15 centimètres de terre, lette plantation rapporte plus vite que celle qui est faite en fosses ■euses; peut-être se conserve-t-elle moins de temps ; on la renou-
i?lle à une autre place.
Les engrais pulvérulents et très-chauds , comme le guano et la mdrette, conviennent beaucoup aux asperges.
Le moyen le plus économique d’établir une plantation d’asperges, lîst de procéder par semis, en mettant deux ou trois graines dans ' aque trou, pour ne laisser subsister que le plant le mieux venant.
plus souvent on préfère, pour gagner du temps, planter des Lffes dê deux ans, obtenues en pépinière. Les fosses, disposées | nme on vient de l’indiquer, reçoivent les griffes, dont on a soin d e- V ldre les doiSts dans toutes les directions sans les rompre. Comme
h 18 leur état naturel ces doigts n’ont pas poussé horizontalement, olante ne tarde pas à se soulever, en laissant un vide sous le plau de la griffe, ce qui souvent la fait périr. On évite cet inconvéi nt en posant à chaque trou qui doit recevoir une griffe une bonne ^nee de terre formant un petit monticule, qui suffit pour empèr le vide de se former sous la griffe lorsqu’elle est recouverte
erre.
3n revrier ou mars, avec es, puis à des binages ou
sarclages superficiels. En labourant on détache de la griffe les tige sèches, à mesure qu’on y arrive. Tous les deux ans on recharge le • fosses avec de la terre mise en réserve dans les ados et passée à 1 ; claie. Ces rechargements sont ordinairement précédés d’une légèi* fumure superficielle avec de l’engrais très-consommé. Les asperge j ainsi traitées commencent à rapporter à deux ans, lorsqu’on a plant des griffes, et à quatre ans lorsqu’on a semé des graines. Elles per ; vent être en plein rapport pendant quinze à vingt ans.
Rien n’est plus désagréable qu’une plantation d’asperges qui n j réussit pas, parce que cette culture exige beaucoup de frais et d i travail. C’est pourquoi nous recommandons à la maîtresse de maiso f de s’informer avec soin s’il n’a pas existé à une époque antérieure • même assez éloignée, une plantation d’asperges à l’enSroit où elle l’intention de faire établir de nouvelles fosses ; la terre qui a produ des asperges refuse absolument d’en produire de nouvelles, à moin qu’elle ne soit reposée par une longue série d’autres cultures.
En Belgique, on mange les asperges blanches; on va les cherche * en terre aussitôt que leur extrémité se montre et avant qu’elles s | soient colorées par le contact de l’air. Aux environs de Paris, o» a laisse l’asperge acquérir la longueur d’environ 10 centimètres hors d u terre avant de la couper ; elle a une saveur plus prononcée que l’aa à perge blanche, mais celle-ci a l’avantage d’être fort tendre et de s jj manger presque tout entière.
Lorsqu’on veut se donner le plaisir de voir sur sa table des as îl perges monstres, on marque sur la planche les plus belles au nu j ment où elles sortent de terre; on pose au-dessus un tube en car a ton, dans le genre de ceux dont se composent les fusées volantes L’asperge, pour atteindre la lumière, s’allonge dans ce tube et pren» \ un volume extraordinaire, tout en restant fort tendre et peu colorée | mais la griffe qui a produit une de ces asperges monstres est épuisé» r, pour longtemps ; c’est un procédé certain pour ruiner les plus belles i planches d’asperges.
11 y a un moyen de maintenir à perpétuité les planches d’asperge? * dans le même sol, quand l’espace ne manque pas : c’est de laisse» \ entre chaque fosse un intervalle de même grandeur consacré à d'autres cultures. Quand les asperges sont épuisées, on renouvelle la : plantation dans les intervalles. Nous recommandons à nos lectrices, i toujours assez pressées de jouir des produits qui se font longtemps
attendre , de ménager beaucoup les planches d’asperges pendant les premières années , quoique ce soit un crève-cœur pour bien des dames de laisser monter en pure perte une grande quantité d’excellentes asperges. Il ne faut pas, comme dit le proverbe, tordre le cou à la poule aux œufs d’or. Une planche d’asperges soumise à une coupe un peu trop sévère peut être en quelques années si bien ruinée que tout soit à recommencer.
Un drainage établi à une profondeur considérable convient parfaitement à la culture des asperges.