FÈVE
La fève n’occupe jamais une très-grande place dans le jardin, son usage comme légume frais étant beaucoup plus borné que celui des pois et des haricots. Cette plante jouit d’une propriété très-remarquable, utilisée dans la grande culture : elle repose la terre qui a longtemps donné des produits épuisants; elle peut donc servir parfaitement d’intermédiaire entre deux cultures épuisantes. Elle entre dans tout assolement d’un jardin potager bien tenu. La fève s’accommode à peu près de tous les terrains, quoiqu’elle préfère les terres fortes et compactes. On la sème en lignes, de très-bonne heure, en février et mars; on peut aussi en semer en mai et en juin pour en avoir de tardives; on peut en risquer un semis en novembre, comme les pois; si l’hiver n’est pas rigoureux, elles résistent et sont très-précoces. Les espèces qui prennent le plus de développement veulent entre les lignes un espace de 30 à 35 centimètres; on place dans les lignes deux fèves ensemble, à 25 ou 30 centimètres de deux autres fèves. C’est ainsi qu’on sème la fève de marais ordinaire, la fève à longues cosses, la fève anglaise de Windsor, la plus productive de toutes, et la fève verte, qui garde cette couleur après sa complète maturité. On les bine et on les chausse.
Au moment de la plus grande abondance des fèves, on peut en cueillir une bonne provision , les écosser, les dépouiller de leur peau, et les faire sécher au four après que le pain en est retiré ; elles se conservent très-bien et fournissent une bonne purée pendant l’hiver.
Les espèces naines, comme la fève en éventail et celle de Mazagan ou de Portugal, originaire d’Afrique, se sèment en lignes espacées entre elles de 20 à 25 centimètres ; on dépose ces fèves, deux a deux, à 15 ou 20 centimètres de deux autres, dans les lignes. ^
Quand la heur commence à passer et que les siliques se montrent veis le bas de la plante, on enlève toutes les sommités; cette opération fait grossir les grains dans les siliques et assure la récolte en même temps quelle en avance l’époque. Si l’on a cueilli les fèves tort petites, au quart ou au tiers de leur volume, pour les consom-
mer en grains écossés frais, on peut couper les plantes au niveau du sol ; elles repousseront du pied et donneront une seconde récolte en automne. Toutefois, ce procédé n’est jamais fort avantageux, et le sol qui a porté une première récolte de fèves peut être employé plus utilement de toute autre manière.
Lorsque les fèVes sont envahies par les pucerons, ce qui est assez fréquent , ceux-ci se placent toujours au sommet de la tige ; si on la coupe et qu’on la jette à terre, ils ne remontent pas; mais si on néglige cette opération toute la plantation se trouve bientôt infestée, et la récolte est perdue.