LENTILLE
On cultive peu ce légume dans les jardins; ses cosses, dont chacune ne contient qu’une ou deux graines, ne sont pas nombreuses, de sorte que le produit total est peu considérable. Dans la grande culture, les tiges de la plante, ayant une certaine valeur comme fourrage, compensent en partie la faiblesse du rendement en grains. Dans les jardins, la lentille peut être cultivée en lignes ou en touffes, comme les haricots ; un terrain léger lui convient mieux qu’un soi compacte ; elle redoute un excès d'humidité, et ne demande point d’engrais ; la terre des jardins est toujours assez fertile pour cette culture. On sème en mai, très-clair, si la terre est bonne.
La récolte de ce légume est assez embarrassante ; on ne peut pas lui laisser acquérir en place sa complète maturité : les cosses s’ouvriraient et les lentilles seraient perdues. On les arrache avec précaution quand les tiges commencent à jaunir ; on les lie en bottes qu’on laisse debout sur le terrain, la racine en bas, afin quelles achèvent d’y mûrir. Au bout de quelques jours, on enlève toutes ces bottes dans un drap, pour conserver les lentilles, dont, malgré tous les soins possibles, il se perd toujours une certaine partie; on les bat légèrement, soit sur une toile, soit sur un plancher.
On cultive deux espèces de lentilles : la lentille commune, plate, mince et à bords tranchants, et la lentille à la reine, plus petite et plus renflée.