PERSIL
Un préjugé généralement répandu dans l’ouest et dans le nord de la France, et jusqu’en Belgique, fait regarder le semis de graine de persil comme une chose qui porte malheur; nous avons vu des jardiniers qu’il aurait été impossible de contraindre à semer du persil ;
ils faisaient faire cette opération par un mendiant. Quoique la consommation de cette plante, comme simple assaisonnement, soit peu considérable, sa présence n’est pas moins indispensable dans le potager. On le sème ordinairement en bordure ; il ne monte pas la première année, et pendant la seconde il peut suffire à la consommation, avant de porter graine, jusqu’au moment où celui qui a été nouvellement semé est propre- aux usages culinaires. La graine ne lève qu’au bout de trente à quarante jouis. En hiver, une couverture de paillassons, qu’on enlève pendant le jour, favorise la végétation du persil, qu’il faut, dans cette saison, cueillir avec précaution, pour ne pas endommager les feuilles du centre. Les deux variétés cultivées de persil, dont l’une à feuilles frisées, se traitent de la même manière et servent aux mêmes usages. Dans le Midi, où le plant est souvent détruit par la sécheresse pendant l’été, on le conserve à l’état sec, le plus souvent réduit en poudre. On retrouve en partie dans cette poudre la saveur de la plante fraîche, mais non le coup d’œil, qui est pour beaucoup dans son emploi ; il vaut infiniment mieux prendre la peine d’arroser la planche pour pouvoir employer fe persil toute l’année à l’état frais.