CERFEUIL
Cette plante est l’objet, d’une assez grande consommation dans quelques départements; cependant elle n’est, en général, comme le persil, qu’un simple assaisonnement. On est dans l’usage, dans la Franche-Comté, de mettre dans la soupe grasse, au moment de la manger, une bonne poignée de cerfeuil haché.
Pour avoir constamment du cerfeuil frais, il faut en semer presque tous les huit jours ; on choisit une place au midi pour les semis de printemps, et au nord pour ceux d’été. II faut le couper très-souvent pour l’empêcher de monter; il n’exige, du reste, d’autres soins de culture que quelques arrosements pendant les sécheresses.
Il est du devoir de la maîtresse de maison de veiller avec le plus grand soin à ce que tout le cerfeuil employé dans sa cuisine soit scrupuleusement épluché. La plante la plus dangereuse de toutes celles que produit le climat de l’Europe, la petite ciguë ( JEthusa c ynapium ), malheureusement très-commune dans les lieux cultivés, ressemble beaucoup au cerfeuil ; elle en ^ exactement la forme, et n’en diffère que par sa teinte d’un vert plus foncé; les extrémités de ses divisions sont aussi un peu plus pointues. Il est cependant assez facile de distinguer le cerfeuil de la ciguë à l’odeur: celle du cerfeuil est balsamique et agréable, celle de la ciguë, au contraire, est nauséabonde. Une très-petite quantité de ciguë introduite dans le cerfeuil peut donner la mort.