‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 63 sur 304 · CRESSON · texte numérisé non relu

CRESSON

A. — Cresson de fontaine. — Il est inutile d’essayer la culture de cette plante si l’on ne dispose d’un filet d’eau vive. Le cresson qu’on obtient dans des baquets à demi remplis de terre recouverte de quelques centimètres d’eau contracte toujours une odeur de croupi, quelques soins qu’on prenne de changer fréquemment l’eau. Pour établir une cressonnière artificielle, il faut égaliser la surface du fond d’un fossé légèrement en pente, où l’eau entre par une extré-

mité et ressorte par l’autre ; on y dispose, selon sa largeur, une ou plusieurs lignes de boutures de cresson, qu’il n’est pas besoin d’enterrer. Après les avoir posées à plat sur le sol, on étend en travers, par-dessus leurs tiges, une latte, qu’on fixe à l’aide de petites fourches, et qui empêche l’eau de les déplacer; puis on introduit le courant d’eau. Au bout de quelques jours, les tiges se sont attachées au sol par de nombreuses racines ; on peut alors retirer les lattes. Il faut débarrasser avec soin la cressonnière des plantes maréca- . geuses, qui s’y multiplient en grand nombre; l’une d’elles, le Sium nodiflorum , sans être aussi dangereuse que la petite ciguë', peut cependant causer des accidents graves lorsqu’elle est confondue avec le cresson, auquel elle ressemble beaucoup.

B. — Cresson alénois. — En dépit de son nom, cette plante n’appartient point au genre cresson, dont elle ne possède aucune des propriétés. Son usage très-restreint, car ce n’est, à vrai dire, qu’une simple fourniture de salade, ne permet pas de lui accorder beaucoup d’espace; il est vrai qu’on la fait aussi entrer dans les fines herbes; mais c’est une plante très-échauffante , et qu’il ne faut employer qu’en petite quantité.

Comme le cerfeuil, le cresson alénois monte très-vite et veut être coupé fort jeune. Les semis se renouvellent tous les quinze jours.

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