‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 70 sur 304 · NAVETS · texte numérisé non relu

NAVETS

On comprend en général, sous le nom de navets, les raves ou navets longs, qui sont les navets proprement dits , et les turneps ou navets en forme d’oignon, qui constituent une espèce distincte, dans laquelle on compte un grand nombre de variétés à chaire blanche ou jaune. Ces végétaux appartiennent plutôt à la grande culture qu’à la culture jardinière. Dans la grande culture on les obtient ordinairement en récolte dérobée. Les Belges sèment leurs turneps aussitôt après la récolte des céréales ; l’humidité de leur climat accélère la végétation au point de permettre l’enlèvement des produits avant les gelées. Un usage, général dans tout le nord de la France, accorde aux pauvres, à titre de glanage, les turneps qui ne sont pas recueillis à la Saint-Martin. En Bretagne, on sème trèsclair dans le sarrasin le gros navet d’Alsace, qui dépasse quelquefois en grosseur les plus grosses betteraves.

La plupart des navets peuvent passer l’hiver en terre, à moins qu’il ne survienne une gelée exceptionnelle. Lorsqu’ils sont arrachés, ils deviennent spongieux, à moins qu’on ne les laisse dehors en tas, qu’on ne couvre que dans les grands froids ; encore perdent-ils ainsi une partie de leurs qualités.

La culture jardinière du navet so borne à quelques espèces do choix qu’on sème en été pour les récolter en automne ; car les navets

provenant des semis de printemps sont très-sujets à monter. Ce légume préfère aux terres fortes les terrains légers, où domine le sable siliceux. Les meilleurs navets qui se mangent à Paris sont ceux de Preneuse, qui viennent dans un sable ferrugineux rougeâtre, et ceux de Claire-Fontaine, qui croissent dans un sable siliceux presque pur. Ces variétés dégénèrent promptement partout ailleurs, et retournent au type primitif.

Nous possédons aujourd’hui diverses variétés de très-gros navets ou turneps, venues d’Angleterre, qui sont d’un excellent usage pour la cuisine. Il suffit de les semer au commencement d’août pour les avoir parfaits à l’automne^ si celui-ci n’est pas trop sec. On peut en semer dans un carré qui a donné une récolte au printemps. Le semis doit être fait excessivement clair, parce que leurs feuilles atteignent une hauteur de 50 à 60 centimètres, et leur racine un poids de I à 5 kilogr. , ce qui ne les empêche pas d’être extrêmement tendres et succulents. Il est d’ailleurs préférable, à cause du grand développement qu’ils prennent, de les semer en plein champ, après un seigle ou une vesce d’hiver. Les meilleures variétés sont celles à collet rouse et à collet vert, d’Écosse, les forsterton à chair blanche et à collet vert. Ces trois variétés supportent très-bien l’hiver, à moins qu’il ne soit d’une rigueur exceptionnelle.

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