CONCOMBRE
Ce fruit n’est pas aussi cultivé en France qu’en Angleterre, où il . existe une société spécialement vouée à la culture des concombres. Lorsqu on désire en obtenir de bonne heure, il faut les traiter comme les melons , et les semer sur couches et sous cloches, afin de gagner du temps en devançant l’époque où leur culture sera possible en pleine terre. Comme toutes les plantes cucurbitacées , le con-
combrc se plaît dans le fumier, et la meilleure manière de hâter sa croissance, c’est de le transplanter, comme la citrouille , dans un trou rempli de bon fumier et d’une grandeur proportionnée aux dimensions de la plante.
Le concombre doit être pincé pour faire ramifier la tige, et taillé lorsque le fruit est noué, pour ne lui en laisser qu’un nombre en rapport avec sa vigueur. Aux semis sur couches peuvent succéder des semis en plein air et en pleine terre , qui fructifient à la suite des premiers et forment une seconde et même une troisième saison.
Cornichon. — Ce fruit ne constitue pas une espèce à part : tous les concombres récemment noués sont des cornichons, par conséquent tout cornichon abandonné au cours de sa végétation deviendrait concombre. Cependant l’espèce blanche est meilleure à manger et moins propre à former des cornichons ; on la cueille un peu avant sa maturité. A Paris on préfère, en général, pour cornichons, les concombres serpents, dont le fruit, qui atteint en grandissant la longueur de \ mètre, serait tout contourné. Étant tout petit il est d’un trèsbeau vert.
La culture des concombres qu’on se propose d’employer à l’état de cornichons diffère de celle des plantes qui doivent porter des fruits complètement formés ; on laisse à celles qui ont cette destination le plus de branches possible , et rien n’est négligé pour les obliger à se ramifier et à porter une multitude de fruits qui n’épuisent pas les plantes parce qu’on les récolte à un état très-peu avancé de végétation.
Les cornichons sont très-sujets à la maladie du blanc, qui résulte probablement de la fatigue imposée aux espèces par une production en quelque sorte contre nature ; car les mêmes plantes cultivées comme concombres , dans les mêmes conditions de sol et de température , ne contractent point cette maladie. On en peut arrêter les progrès jusqu’à un certain point en arrosant les pieds, sans mouiller les feuilles , avec du bouillon de fumier, spécialement avec de la colombine délqyée dans de l’eau. Le guano, employé au mémo usage, donne à la plante une grande vigueur.
Lorsque la grêle a frappé les cornichons, il faut les arracher et renouveler la plantation, qui ne saurait être rétablie par aucun moyen.