U. TOMATES
La plante qui produit les tomates appartient à- la famille des solanées, toutes plus ou moins vénéneuses dans quelqu’une de 'leurs parties. L’analogie est si grande entre la tomate et la pomme de terre qu’on peut les greffer en fente herbacée l’une sur l’autre , et obtenir de la même plante des tomates et des pommes'de terre ; mais ce n’est là qu’une expérience plus curieuse qu’utile. Sous le climat de Paris , les tomates mûriraient difficilement dans les étés ordinaires si l’on n’avait soin de hâter leur croissance en les semant de bonne heure sur couche au printemps ; dans le Midi, on les sème en bonne terre légère de jardin, sans plus de précaution que du plant de chou ou de tout autre légume.
Les tomates très-jeunes supportent la transplantation; il ne faut pas les risquer en plein air avant le mois de mai sous le climat de Paris. La meilleure place pour cette plante est une plate-bande au pied d’un espalier au midi ; mais, comme elle est très-vorace, il no faudrait pas la planter trop près des arbres en espalier : elle pourrait leur faire du tort.
Les tomates prennent beaucoup de développement et sont trèsproductives, ce qui permet de les espacer à 70 ou 80 centimètres les unes des autres. On facilite beaucoup le grossissement et la maturation du fruit en palissant les plantes sur des échalas formant une sorte de treillage horizontal, qui permet aux tomates de recevoir l’air et la lumière de tous les côtés.
La tomate aime l’eau. Si on ne la palisse pas, on peut couvrir la terre de paille longue, ce qui lui conserve de la fraîcheur et empêche les fruits de pourrir au contact du sol.
Les premières gelées blanches surprennent ordinairement les tomates chargées de fruits verts ou seulement à demi mûrs. Les premiers sont perdus , mais les derniers, déposés sur des planches, dans un lieu sec, à l’abri du froid, changent de couleur et prennent une demi-maturité qui permet de les utiliser.