TENUE DU MÉNAGE
la durée du ling-e, qui, n’étant point autant battu ni frotté avec force, est moins usé et moins déchiré.
On peut laver avec grand avantage dans l’eau de la lessiveuse , des flanelles ou tricots de laine , du linge de couleur qu’on rincera de suite pour éviter une trop forte action des cristaux qui altérerait la couleur, des sacs à gi’ain , enfin tout ce qui ne peut être lessivé, et nettoyer tous les ustensiles de ménage. Cette eau peut être aussi employée à laver les tables , les planches, l’évier de la cuisine et son cai’relage, qu’elle nettoie parfaitement. Enfin elle doit être portée sur le fumier, ainsi que celle qui se trouve au fond du cuvier ; elle est très-chargée d’impuretés qui sont très-fertilisantes.
Lavage.
Quand on les sort du cuvier, toutes les grandes pièces de linge, comme les draps, les rideaux, les couvertures, etc., à cause de leur grande dimension, doivent être portées à la rivière pour être lavées définitivement; mais toutes les autres le seront préalablement dans un baquet ne contenant pas une trop grande quantité d’eau froide, ou chaude, selon la saison, par l'apport à la quantité de linge qu’on a à laver . Ce pre- , miêr lavage se fait avec bien plus de facilité et de rapidité qu’un savonnage ordinaire : le linge se décrasse d’autant mieux que l’eau, dans laquelle il est frotté se sature peu à peu de lessive; toutes les impuretés dont il est sali sont tellement ramollies par l’action de la vapeur qu’elles se détachent pour peu qu’on les frotte. Si quelques parties ne se nettoyaient pas bien, elles devraient être frottées avec un peu de savon , mais , avant , il faut bien s’assurer qu’elles ne peuvent être nettoyées sans son emploi, car il faut beaucoup se défier des laveuses habituées a laver le linge d’une lessive ordinaire, qui exige toujours plus ou moins de savon. Pour le linge blanchi à la vapeur, il en faut fort peu, et le plus souvent pas du tout.
Dans le cas où, au sortir du cuvier, il paraît sur certaines pièces de linge quelques taches jaunâtres, il ne faut nullement s’en inquiéter elles disparaissent au lavage ; s’il en ^ reste quelques-unes , c’est qu’on aurait trop fortement chauffé ou qu il y avait trop d’eau dans la chaudière : il faut alors les exposer a l’air, ou mieux au soleil ; en les arrosant d un peu d eau de savon, on efface facilement les taches.
Après ce premier lavage, le linge sera lavé à grande eau, et
ENTRETIEN ET BLANCHISSAGE DU LINGE
si c’est possible, à l’eau courante, dens laquelle on le laissera tremper quelque temps; on battra avec un battoir de bois les pièces les plus fortes. Avec ce système de lessivage, si simple cependant, on obtient le linge d’une blancheur qu’aucun autre moyen ne saurait atteindre.
Lavage du linge à la rivière. — Certaines laveuses se tiennent debout pour laver : il en résulte une grande perte de temps; mais il est difficile de les faire renoncer à cet usage. En général, les femmes qui ont l’habitude de laver debout ne savent
Gray. 71. — Laveuse lavant le linge à genou.v.
pas frotter le linge sur leur selle ou iilauche à laver élevée sur quatre pieds : elles le battent à outrance avec un battoir, ce qui l’use beaucoup. Il est préférable de laver à genoux (grav. 74) : la laveuse est ainsi bien plus près de l’eau et mieux placée pour frotter le linge sur la 'planche à laver.
Cassette et planche de laveuse. — Pour opérer à genoux, il faut que la laveuse ait ce qu’on appelle uiie cassette garnie de paille, sur laquelle elle se place à genoux ; sur le côté droit de la cassette est disposée une petite case, qui contient le savon. On place devant la cassette, dans l’eau, une planche sur laquelle
TENUE DU MÉNAGE
elle doit savonner et frotter la pièce de linge à laver. Une laveuse opérant à genoux fait un tiers de plus que celle qui travaille debout, et comme elle est plus près de l’eau, le linge est mieux lavé et surtout mieux rincé. On remplace parfois la planche par une pierre, mais il faut avoir soin qu’elle soit bien polie, et surtout qu’elle n’ait pas d’aspérités qui déchireraient le linge.
Dans quelques pays, on brosse le linge au lieu de le frotter. Si les brosses dont on se sert ne sont pas trop dures, je ne pense pas que leur usage soit plus nuisible au linge qu’un frottement prolongé entre les mains, et ce mode est plus expéditif; mais il faut avoir des laveuses qui sachent et veuillent employer convenablement la brosse et surtout ne pas s’en servir sur le linge fin. Or, comme, en général, dans tous les pays, les laveuses attachent une haute importance à leur savoir-faire, il est difficile de leur faire adopter une nouvelle méthode. Cependant, si, après avoir fait usage de brosses confiées à des jeunes filles dociles , il est bien prouvé que ce mode de laver présente un avantage réel, on parvient le plus souvent à vaincre les habitudes des blanchisseuses matrones, parce qu’elles ne veulent pas rester en arrière des novices.
Moyen d'enlever les taches du linge.
L’essangeage et la lessive n’enlèvent pas certaines taches, comme celles de fruits, d’encre, de rouille, de cambouis, etc. Il faut donc, dès que la tache est faite, s’il est possible, ou du moins avant de mettre le linge à la lessive, enlever ces sortes de taches. Voici quelques moyens à employer.
Taches de fruits. — On enlève les taches de fruits rouges au moyen du soufre. On mouille la tache, un peu au delà de son étendue. Deux personnes tiennent l’étoffe tendue, et l’une d’elles prend d’une main une certaine quantité d’allumettes bien soufrées, dont elle fait brûler le soufre au-dessous de la surface mouillée. On peut remplacer les allumettes par un peu de soufi’e placé dans un vase quelconque, ou par une mèche fortement soufrée. La fumée du soufre , en passant à travers l’étoffe mouillée, fait disparaître la tache. On renouvelle l’opération plusieurs fois s’il en est besoin. 11 reste parfois une tache jaunâtre due à la pulpe du fruit; on essaie d’abord de la faire disparaître avec du savon; si elle résiste à ce moyen, on verse une certaine quantité d’eau de javelle dans un vase, et on y laisse tremper pendant quatre ou cinq minutes la partie du linge qui
ENTRETIEN ET BLANCHISSAGE DU LINGE
est tachée. L’eau de javelle n’altère pour ainsi dire pas les étoffes teintes en bleu ; on peut donc l’employer sur ces étoffes pour enlever les taches. Si la tache résiste, c’est que l’eau de javelle est sans action sur elle. Il faut s’empresser de rincer à plusieurs eaux toutes les étoffes lavées à l’eau de javelle; sans cette précaution, on s’expose à les brûler, et au bout de quelque temps elles tombent en lambeaux. L’eau de javelle exhale une odeur forte, mais qui n’a pas de durée.
Taches H’encre et de rouille. — On enlève l’encre et la rouille à l’aide du sel d’oseille ou oxalate de potasse ; pour cela, on mouille la tache avec de l’eau, on place dessus une légère couche de sel d’oseille pulvérisé, puis on met dans une cuiller d’argent quelques charbons ardents. On promène le dessous de la cuiller, qui est très-chaud, sur le sel d’oseille, et on mouille de nouveau : à mesure que la chaleur vaporise l’eau, la tache disparaît sous rinfluence du sel, que l’eau a d’abord fait fondre, et qui se volatilise par l’action de la chaleur. On obtient aussi le même résultat en tenant la partie tachée étendue sur un vase contenant de l’eau en ébullition. Aussitôt qu’il n’y a plus trace de la tache, il faut laver à grande eau toute la partie qui a été touchée par le sel, et même au delà, et rincer parfaitement.
Si la tache ^e trouve sur une étoffe de couleur, il est à craindre que la couleur ne soit altérée par le sel d’oseille ; il est donc prudent de faire un essai préalable sur un morceau de la même étoffe, parce qu’au lieu d’une petite tache on pourrait en produire une grande. Il est inutile d’essayer l’effet du sel d’oseille sur des objets de couleur verte ou rouille : ces couleurs seraient inévitablement altérées.
On conserve le sel d’oseille dans une petite fiole de verre dont l’ouverture doit être assez large pour permettre d’y introduire un doigt qu’on mouille avant de le plonger dans la fiole ; le sel s’attache aux parties mouillées du doigt, et on l’étend ensuite sur la tache.
Taches de yraisse ou de résine. — Lorsqu’une tache a résisté au soufre brûlé, au sel d’oseille et à l’eau de javelle, je crois qu’il est inutile de tenter d’autres moyens, à -moins (pie ce ne soit une tache produite par un corps gras ou résineux. Dans ce cas, on emploie l’éther, l’essence de térébenthine ou celle de citron, ou mieux encore la benzine, dont l’effet est infaillible pour toutes les taches de graisse ou résineuses. La benzine étant assez chère on peut la remplacer par l’essence de pétrole ou gaz i\Iil qui s’emploie pour l’éclairage et qui coûte au plus I fr.
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le litre. On emploie encore, pour les taches de corps gras, l’argile délayée dans de l’eau. (Voir Nettoyage des étoffes de laine.)
Taches de cambouis. — Après avoir enlevé avec un couteau tout le cambouis qui n’a pas pénétré l’étoffe , on fait disparaître la tache en la frottant avec de la benzine , puis en savonnant ; on peut encore enduire la tache avec du beurre, on frotte et on lave avec de l’eau chaude et du savon et un peu de cristaux de soude.
Taches de ‘peinture. — On les enlève avec de la térébenthine ou de la benzine, et même en partie avec de l’argile délayée. (Voir Benzine. )
Mise au bleu.
Mettre du linge au bleu, c’est le plonger dans de l’eau où l’on a fait dissoudre de l’indigo, qu’on trouve préparé dans le commerce sous la forme de boules et de plaques. Elles doivent être enveloppées dans un petit morceau de bonne flanelle ou de toileserrée et à peu près neuve, et parfaitement attachées, afin qu’il ne puisse s’échapper aucune partie du bleu que celles qui passent au travers du nouet ; sans cela, la moindre parcelle tacherait le linge. On met le nouet dans l’eau, on le frotte et le presse avec les mains pour faii’e dissoudre et sortir le bleu qu’il contient. Quand on a passé dans cette eau une certaine quantité de linge, il faut, pour conserver constamment la même teinte, ajouter du bleu de temps à autre. Le linge neuf et celui de coton retiennent beaucoup plus de bleu que le vieux linge et que celui de fil.
L’eau de puits convient beaucoup mieux que l’eau de rivièi'e pour mettre le linge au bleu, parce qu’elle contient quelques sels calcaires qui contribuent à fixer l’indigo sur le linge. On doit bien tordre et étendre le linge aussitôt qu’il est passé au bleu, sans quoi l’eau de bleu, en s’égouttant formerait des raies plus colorées sur quelques parties que sur d’autres, ce qui serait désagréable à voir.
Manière de mettre au bleu et de sécher une couverture de coton après le blanchissage. — Lorsqu’on a parfaitement trempé dans toutes ses parties, et bien également, une couverture de coton dans de l’eau de bleu, il faut, après l’avoir aussi bien tordue que possible à deux personnes, l’étendre sur un gros drap sec et rouler le tout. On la laisse ainsi un certain temps, afin que le drap absorbe' autant d’eau qu’il peut en contenir. Ensuite on l’étend à plat sur un gazon propre ; à son défaut, on
ENTRETIEN ET BLANCHISSAGE DU LINGE
écarte à terre un autre drap sur lequel on étend la couverture jusqu’à ce qu’elle soit assez sèche pour la plier ou pour l’étendre sur une corde tendue ou mieux sur un buisson. L’eau de bleu qu’elle contenait en abondance au moment où on l’a tordue ayant été enlevée, elle ne descend plus dans les coins ou dans les parties les plus basses, comme cela serait arrivé si elle avait été étendue de suite, et elle se trouve d’une teinte égale dans toutes les parties, ce qui n’aurait pas eu lieu sans ces soins. Si le temps est chaud et le soleil vif on peut se dispenser de tordre la couverture dans un drap, mais non de l’étendre à plat jusqu’à ce qu’elle soit à moitié sèche.
Séchage et pliage.
Tout le linge de corps doit être retourné à l’envers quand on le lave au sortir du cuvier.
Pour étendre le linge dehors, il faut, autant que possible, avoir un étendoir, c’est-à-dii’e un emplacement garni de gazon sur lequel le linge peut tomber sans se salir. S’il n’y a pas d’arbres dans l’étendoir pour y attacher les cordes, ce qui est préférable, on y plante des piquets en bon bois, de 1"'50 de hauteur, aux- ([uels on attache, en les tendant parfaitement, des cordes de fil de fer galvanisé qui ne s’altèrent pas en restant toujours dehors et ne peuvent rouiller le linge. Outre cela , il est indispensable d’avoir un cent ou deux d’épingles de bois qui servent à fixer le linge sur les cordes quand il fait du vent.
Il ne faut pas faire sécher entièrement le linge la première fois qu’on l’étend; il vaut mieux l’enlever des cordes à moitié sec; et le tabler comme je vais l’expliquer, soit pour le repasser, soit pour l’empiler, afin qu’il se déride et prenne un bon pli.
Si le linge qui doit être repassé ne peut pas l’être tout de suite, il faut le laisser entièrement sécher, le retirer des cordes et l’envelopper avec soin pour qu’il ne jaunisse pas.
Manière de tabler le linge et ■ de le jv'éparer pour le repassage. — Les draps doivent être étirés dans le sens de l’ourlet et repliés par la lisière ; on étire aussi les serviettes, mais on les plie en trois par l’ourlet et dans:' le sens de la lisière. Tout le linge doit être plié à l’envers. Pour l’empiler, on ne le plie pas entièrement, comme il doit l’être pour être rangé dans les armoires. On le met sur une table, efon le charge de poids posés sur une planche. C’est ce qu’on nomme tabler. On le laisse ainsi de dix à quinze heures ; après quoi, sans le déplier.
OU l’éteiid de nouveau poui' achever de le faire sécher : il est aussi ferme et aussi lisse que s’il avait été repassé.
Lorsqu’on veut repasser le linge, il faut, quelques heures à l’avance, le retourner à Vendrait, le secouer, le dérider èt le iaôZer comme je viens de le dire; l’arroser, pour que le fer chaud ait plus d’action sur lui ; puis l’empiler, pour que l’humidité pénètre partout également. S’il n’est pas mouillé et tablé avec soin, il est plus difficile à repasser, et l’ouvrière emploie beaucoup de temps à chaque pièce pour la détirer et la mouiller, pendant que les fers cliauffent inutilement.
Chaque espèce de linge doit être classée avant le repassage, afin qu’il soit possible de repasser, à la suite l’une de l’autre, toutes les pièces d’une même espèce. La main s’accoutume à chaque genre de travail, qui en est très-accéléré.
Visite et raccommodage du linge. — On doit visiter tout le linge avant de le tabler, afin de mettre à part celui qui a besoin d’être raccommodé , et si ce travail ne peut être fait de suite , il faut le mettre dans l’armoire à ouvrage, afin qu’il ne se salisse pas.
Empesage.
Empesage à l'amidon. — On peut empeser les chemises d’homme et les jupons avec l’amidon cru; l’empois, qui est de l’amidon cuit , les rend plus fermes ; il est indispensable de faire cuire l’amidon qui est destiné à empeser les pièces de mousseline. Loin de chercher à économiser sur le prix de l’amidon, on doit, au contraire, acheter le plus blanc, quel que soit son prix. 11 faut aussi veiller, avec le plus grand soin , à ce que la personne qui empèse ait les mains parfaitement propres : sans ce soin, les mains, en tordant le linge après l’avoir empesé, y laissent des traces noirâtres qui ternissent son éclat. Quand les pièces de mousseline empesées à l’amidon cuit ont été battues entre les mains , elles sont plus claires après avoir été repassées.
Empesage à l'amidon et au borax. — Depuis que la mode exige l’emploi des jupons empesés, on a eu l’idée de joindre à l’amidon un sel appelé borax, qui donne au linge une fermeté nt un brillant qu’on n’obtient pas en employant l’amidon seul.
Pour faire de l’empois au borax , on délaie l’amidon dans de l’eau avec soin, on y ajoute environ le huitième de son poids de sel de ^orax que l’on pulvérise et que l’on fait fondre dans un peu d’eau, on l’ajoute à l’amidon et on fait cuire le tout en-
entretien et blanchissage du linge.
semble en le remuant. Une toute petite quantité de cire blanche ou de suif fondu avec la préparation facilite beaucoup le repassage en faisant couler le fer. On doit ce qu’on appelle épurer le linge après l’avoir mis à l’empois, c’est-à-dire le placer sur une nappe ou un drap dans lequel on le roule, ce <£ui le rend trèsfacile à repasser.
L’empois auquel on a ajouté du borax convient beaucoup pour empeser la mousseline; elle est plus claire et plus ferme qu avec l’empois simple.
Les personnes qui veulent obtenir une raideur d’étoffe que les moyens que j’indique ne peuvent pas atteindre sont certaines d’arriver à leur but en empesant la veille avec de l’empois cuit, en laissant sécher le linge , et en l’amidonnant à nouveau avec de l’empois cru.
Le sel de borax vaut 1 fr. 50 c. les 500 grammes.
On prépare de la même façon les devants , les poignets et les cols de chemises d’hommes , les cols et les manchettes de femme.
Si l’on n’a pas utilisé toute la préparation au .borax , on la place dans un lieu frais où l’on peut la conserver en bon état pendant huit ou dix jours.
Repassage.
Le linge à repasser doit rester soigneusement enveloppé jusqu’au moment où on le mouille. On l’asperge avec la main ou avec un petit goupillon de crin , pour le tabler et le laisser s’humecter avant de le repasser. Chaque objet, mis à l'envers pour être lavé, doit être alors retourné à V endroit; car on le repasserait moins bien s’il était à l’envers, et, une fois repassé, on ne pourrait le retourner sans le chiffonner. Toutes les pièces qui doivent être plissées sont mises à part, ainsi que celles qui doivent être empesées.
La rej)asseuse doit choisir, pour repasser le linge uni, le moment où le feu est le plus ardent et où le fer est le plus chaud; lors([ue le feu a perdu de son ardeur, elle repasse les petits objets.
La maîtresse de maison doit faire en sorte que son linge uni soit repassé jiar ses fdles de service, afin de ne prendre d’ouvrières repasseuses que pour les objets empesés.
On doit soumettre au repassage, à la suite les unes des autres, les mêmes sortes de linge, parce ([ue la main s’habitue à leur
TENUE DU MÉNAGE
forme et que le travail est ainsi accéléré. Ce n’est pas en faisant couler le fer très-vite sur le linge qu’on fait le plus de besogne , c’est en le conduisant de façon à ne pas être obligé de repasser plusieurs fois à la même place.
Il faut adopter un mode de pliage pour chaque pièce de linge à repasser, et la plier toujours à l’endroit et de la môme façon. Il ne faut plier le linge ni trop grand ni trop petit : s’il est trop gi'and , il embarrasse quand on veut le placer dans l’armoire; s’il est trop petit, il ne peut tenir empilé.
Fers et fourneaux.
Chauffage des fers. — On a l’habitude, dans beaucoup de ménages , de mettre les fers devant le feu du foyer pour les chauffer; je crois cet usage mauvais à tous égards. D’abord il faut brûler beaucoup de bois, et du bois de très-bonne qualité, pour obtenir un feu suffisant à faire chauffer les fers ; puis ils sont couverts de cendre , ce qui expose la repasseuse à salir le linge. La moindre fumée fait aux fers une tache qui en altère le poli et les empêche de couler ; on l’enlève difficilement, et elle peut tacher le linge ; enfin les fers chauffent lentement et inégalement.
Fourneaux. — L’emploi du charbon , avec un fourneau approprié au chauffage des fers, me paraît préférable et bien moins dispendieux. A l’aide de ces fourneaux , on peut modérer le feu selon le besoin de la repasseuse, l’éteindre même et le rallumer avec la plus grande facilité; les fers ne sont jamais ni tachés ni salis, et ils chauffent également partout, la poignée exceptée.
Les fourneaux Harel sont très-commodes ; ils sont en tôle , et contiennent dans l’intérieur une petite construction en terre , ils ont des portes qu’on ferme et qu’on ouvre à volonté, et sont munis d’un couvercle dans lequel sont pratiquées des coulisses pour introduire les fere, qu’on place sur une grille. Le moindre feu chauffe les fers et les maintient à une chaleur convenable, sans qu’ils soient en contact avec le charbon , on modère le feu au moyen des portes , qu’il suffit d’ouvrir plus ou moins.
Il y a plusieurs autres fourneaux à fers qui sont ingénieux, commodes et faciles à chauffer avec une petite partie de combustible. Il faut choisir chez un quincaillier le fourneau le mieux approprié aux besoins du ménage.
Fers — Les fers ont été bien perfectionnés depuis un certain nombre d’années ; les fers en fonte polie me paraissent préférables à ceux en fer. Je sais qu’il arrive quelquefois que la poi-
ENTRETIEN ET BLANCHISSAGE DU LINGE
gnée casse ou se détache, et qu’alors ils sont à peu près perdus , ce qui n’arrive pas à ceux qui sont en fer et qu’on jieut d’ailleurs raccommoder; malgré ces petits inconvénients, je préfère les fers en fonte, parce qu’ils coulent mieux et que leur poli s’altère moins facilement. Lorsque les fers ne coulent pas bien on peut les frotter avec de la cire qu’on enveloppe dans du papier.
On fabrique des fers de deux dimensions; je préfère ceux du modèle le plus grand : ils conservent mieux le chaleur et peuvent servir aux mêmes usages que les fers de petite dimension. Les meilleurs fers que j’aie employés sont en fonte, portant les initiales J. B. 4; ils sont d’une forme très-commode et ont une poignée de fer fixée par une vis; ils coiitent 1 fr. 40 c.
Fers creux. — Dans certains pays, on se sert de fers creux dans lesquels on introduit du charbon; je ne pense pas (jue cette méthode soit bonne. D’abord, la repasseuse respire continuellement les exhalaisons du charbon, qui peuvent la rendre malade; puis , ces fers sont fort lourds et d’un maniement difficile ; de plus, il faut un talent tout particulier pour entretenir le feu au degré de chaleur convenable.
Boites en fer. — Dans d’autres contrées, on emploie des boîtes en fer dans lesquelles on introduit une placpic de fonte rougie au feu. Cette méthode n’est pas mauvaise, surtout pour le linge fin ou empesé ; elle a moins d’avantages pour repasser le linge uni. On emploie cette sorte de fers dans les pays où le bois est à bas prix, et là où la houille est le combustible le plus en usage. Dans le foyer des fourneaux économiques, les j)laques de fonte dans ces boites chauffent parfaitement et sans nuire aux apprêts de la cuisine. On évite ainsi de recourir au charbon de bois , qui est quelquefois d’un prix élevé et dont l’emploi n’est pas exempt d’inconvénients, dans les cas, par exemple, où la chambre où travaillent les repasseuses n’est pas bien ventilée. Avec ces boîtes, on ne court pas le risque de salir le linge, et il y a peu de danger de le roussir.
Grilles à fer. — Il convient d’avoir pour poser les fers sur la table à repasser, une petite grille en fer élevée sur six pieds
. Grav. 75. — Grille à fers.
Fétus fers. — On doit avoir aussi un
petit fer qu’on puisse introduire facilement dans les fonds de bonnets et passer entre deux garnitures ou entre des plis, sous les bras des corsages de robes ou dans les corsages froncés
TENUE DU MÉNAGE
haut et en bas. Il doit être en fer fort épais, arrondi du talon, et de la même forme que les fers ordinaires du côté de la pointe • sa longueur est O'^IO sur 0"’0G de large.
Poignées des fers. — Enfin , pour manier les fers sane' se brûler, il faut avoir des poignées à fers : les meilleures sont celles qu’on fait avec de vieux linge ; cependant on en trouve en feutre, recouvertes de cuir et piquées au bord, qui sont assez commodes.
Il ne faut pas permettre aux repasseuses d’employer de bons torchons pour essuyer les fers : du vieux linge est tout ce qu’il faut, car il sera inévitablement brûlé.
Fers à tuyauter. — Il faut aussi se munir de petits fers à doubles branches, de différentes gi’osseurs, pour relever les plis des garnitures.
Planche à repasser. — Uhè planche à repasser est extrêmement commode, surtout depuis qu’on a donné aux robes une ampleur telle qu’il est presque impossible de passer le fer dans les plis. Cette planche peut être en peuplier avec emboîture en chêne aux extrémités. Elle doit avoir 1“60 de longueur environ, 0"‘40 de largeur à l’une de ses extrémités, et 0™66 à l’autre. On la garnit d’une vieille tapisserie ou d’un morceau de couverture recouvert lui-même d’une serge verte; on adapte sur le tout une nappe parfaitement propre. Si la planche n’est point ganiie, comme je viens de le dire, on l’entoure au moment de s’en servir de la com’erture à repasser, qu’on attache solidement en dessous; on l’enveloppe ensuite de la nappe, dont je parlerai plus loin. • •
Pour se servir de cette planche , on pose l’une des extrémités sur une table et l’autre sur le dos d’une chaise ou d’un autre meuble de même hauteur que la table ; après avoir repassé , comme à l’ordinaire, le corsage de la robe, on introduit la planche dans la jupe, qui, alors, se trouvant simj)le sur la planche, est plus facile à repasser. Pour éviter que la jupe, qui pend , soif salie par son contact avec le carrelage de la chambre oû l’on repasse, on place au-dessous de la jupe une pièce de linge propre; on fait tourner la jupe sur la jilanche à mesure qu’on la repasse.
Table ci repasser. — Outre cette planche, il est convenable d avoir une table uniquement consacrée au repassage. Cette table, assez large pour permettre à deux ouvrières d y travailler ensemble , se compose de plusieurs planches en bois blanc avec emboî-
EMBALLAGE
turc en chêne aux deux extrémités; on la pose sur des tréteaux, et, quand le repassage est fini , on l’enlève et on la dresse contre un mur pour qu’elle tienne peu de place; si l’on a une chambre exclusivement consacrée au repassage , on laisse la table sur les tréteaux. Au moment du repassage, on étend sur cette table une couverture de laine qui ne sert qu’à cet usage ; on dispose pardessus un repassoir, c’est-à-dire une nappe en toile assez fine pour ne laisser aucune trace de trame sur le linge. On tend le I repassoir et la couverture au moyen de cordons qui passent sous I la table, et qu’on faufile avec le repassoir aux bords de la table, ; à peu près comme un lacet de corset. Ces cordons sont destinés i à tenir bien tendues la couverture et la nappe à repasser. Ce qui f facilite beaucoup le travail. Il est très-convenable d’avoir un I morceau de serge verte d’environ 0"’G0 de longueur sur 0“40 t de largeur qu’on introduit dans le corps des chemises d’homme I pour repasser les devants très-empesés , ce qui facilite le tra- ' vail et le rend plus parfait.
Formes rembourrées. — Pour une foule d’objets de toilette I t qui ne peuvent être repassés à plat sur la table, il est indispen- . ‘sable d’avoir de petites formes rembourrées, recouvertes de I 'Serge et montées sur un pied. On introduit ces formes dans les i objets à repasser, tels que manches bouillonnées , etc.