‹ Maison rustique des damesChapitre 51 sur 170 · APPROVISIONNEMENT ET ENTRETIEN DU LINGE · texte numérisé non relu

APPROVISIONNEMENT ET ENTRETIEN DU LINGE

Le linge est un des objets les plus importants du ménage. Une maîtresse de maison doit s’en approvisionner convenablement et apporter tous ses soins à sa confection, à son entretien et à sa conservation. Lorsqu’elle possédera la quantité de linge nécessaire au service , elle en achètera chaque année ce qui sera nécessaire pour remplacer ce qui est usé ; il est plus facile de

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consacrer, tous les ans, à cet achat une petite somme qu’une grosse à des époques plus éloignées , pour renouveler à la fois beaucoup de linge , ce qui coûte fort cher et ce qui est d’ailleurs moins commode pour le service du ménage. Lorsqu’on a, en montant sa maison , six paires de draps par lit de maître, et qu’on a constamment environ trois lits à garair, on devra 'acheter, tous les deux ans, une paire de draps, pour en entretenir toujours la quantité suffisante et augmenter les achats en proportion du plus grand nombre de lits qu’on aura. Trois douzaines de serviettes suffisent par personne ; en en achetant une douzaine tous les trois ans, on entretiendra toujours, en bon état, la même quantité. Toutefois il est peut-être plus avantageux d’acheter une certaine quantité à la fois de draps de maître et de senûettes de table , parce qu’on les obtient ainsi à un prix moins élevé.

Le linge de la maison de maître et le linge de la ferme ne doivent pas être confondus ; quant aux draps des domestiques , on peut les réunir aux draps de la ferme.

Je ne pense pas qu’il soit bon d’avoir une énorme quantité de linge , comme c’est l’usage dans certaines maisons , et même dans quelques provinces où l’on a cette manie. D’abord, c’est de l’argent qui ne produit aucun revenu ; on éprouve un véritable embarras pour mettre tout ce linge en ordre et pour le ranger; de plus, il jaunit et s’use fort inutilement dans les armoires. Je ne vois aucune gloire à montrer, comme le font beaucoup de femmes, des armoires remplies de linge presque inutile, et à ne faire la lessive que tous les six mois ou tous les ans. Le moment de faire cette lessive devient alors un événement dans le ménage et une opération extrêmement fatigante pour la maîtresse de maison et les domestiques ; elle les détourne de leurs autres devoirs pour un temps assez long. Si le mauvais temps vient s’ajouter à cet embarras, la lessive devient presque interminable.

D’un autre côté, je ne puis trop blâmer les femmes qui emploient leur argent en objets de luxe ou en futilités, et qui - négligent d’approvisionner convenablement de linge leur maison, chose de première nécessité, aussi indispensable à la santé qu’au bien-être, et à laquelle une véritable femme de ménage ne saurait apporter trop de soin.

Le plus ou moins de beauté du linge varie selon les pays. Dans ceux où l’on récolte du lin , il est ordinairement plus beau

ENTRETIEN ET BLANCHISSAGE DU LINGE

<|uc dans ceu.v où l’on récolte du chanvre. 11 est convenable de se couronner ù jieu jirès à ru.sat'e de la contrée qu’on habite , surtout jiour ce r[ui regarde les gens de la maison. On peut faire une exception jiour le linge de corps et de table, et se servir de celui auquel on s’est habitué précédemment.

Draps de lit.

Jb'up»s de maître. — Les draps de maître doivent être amples et longs; un lit n’est bien fait (pie lorsque les drajis boident

facilement de toutes parts les matelas. 11 n’est jias nécessaire

ciqiendant ipie le drai> sujiérieur recouvi’e la couverture jusrpi’à l’cxlrémité du lit, comme je l’ai vu pres([ue partout à l’aiis; il suflit (pi’apn^s (Hre arrivé au traversin , il soit reiilié jusfju’aux deux tiers du lit. On a des di'aps ([ui remplissent |)arfaitement ces conditions en em]doyant pour chacun 7 à 7 mètres J/2 de toile ayant l“'liO de largeur.

On coupe la toile en quatre parties égales, on assemble deux lés an moyen d’un surjet, réunis.sanl deux lisières bord ;1 bord, et cba((ue drap a ainsi de largeur. Ces dimensions conviennent à un lit de 'l'“ltü de largeur. Pour un lit plus étroit,

on peut choisir de la toile de de lai’ge, en conservant la

même longueur. Ceiicndant, si les lits sont destinés à des jeunes gens, Id mètres de toile sufüsent. Aujourd’hui on trouve dans le commerce do très-bonne toile assez large pour faire un drap d’un seul lé. Certaines personnes trouvent cela plus convenable de n’avoir pas de couture au milieu du dra|), mais cependant je crois cette toile moins bonne (jue celle qui n’est )»as d’une aussi grande largeur.

On fait du calicot exprès pour dra])s; il est fort, dure longtemps, et son piix est oi'dinairement moins élevé (pie celui de la toili'. Sa largeur varie ; elle est )>arfois as.sez grande iiour (pi’on puisse faire des draps d’un seul lé. Ces draps sont trèsagivables l’hiver; il faut se garder d’employer à cet usage du calicot ordinaire : outre (pi’il dure )ieu , il est toujours chiffonné, ce (pii en rend l’emploi assez désagn'iablc. ~

11 y a encore, une espèce de toile de coton très-foi-le ; on en vend de blanche et d’écrue : cette dernière est meilleure et blanchit à la lessive. Il y en a de deux largeiii's : l’une a 1"'10 l’autre U"'HÜ. Elle est faite avec du coton un jieii commun, et par consé(pient elle est un peu grossière; son tissu n’est

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pas très-uni, et il s’y trouve même de petits bourras; néanmoins elle est d’un usage beaucoup plus agréable que la grosse toile de chanvre et coûte moins. On peut avec cette étoffe faire de très-bons draps pour tes lits d’enfants ou de jeunes gens.

Dans la plupart des provinces de France on fait presque toute la toile de 1“20 de large; il y a économie à lui donner cette dimension , parce que la façon de cette largeur ne coûte guère plus que celle d’une toile plus étroite ; et comme la façon représente au moins le quart de la valeur de la toile, il en résulte une économie notable; cependant cette largeur est souvent gênante lorsqu’on veut faire des draps pour un lit étroit ; on obvie à cet inconvénient en mettant un lé et demi par drap.

Draps pour les enfants. — On fait les petits draps de lit d’enfant avec un seul lé de toile de i>n20, ou deux: lés de toile de petite largeur ; pour retourner les draps qui n’ont qu’un lé , on fait un surjet avec les deux lisières, on fend le drap au milieu et on ourle les deux bords.

D?’ftps pour les domestiques. — Au lieu de procéder comme je viens de le dire pour confectionner les draps de lit, les paysans emploient en général leur toile en travers , c’est-à-dire qu’ils réunissent deux lés ensemble par un surjet établi dans le sens de la largeur, d’où il résulte que leurs draps n’ont que 2'"40 de long, ce qui ne permet pas de rouler le traversin dans le drap inférieur et de rabattre convenablement le drap supérieur sur la couverture. Cet usage est économique , mais d’une malpropreté évidente, car la couverture et le traversin, qui ne sont presque jamais lavés ni renouvelés, n’étant pas toujours recouverts par le drap, sont en contact avec le visage et la tête, et sont bientôt fort sales. J’ai adopté, pour faire les draps de mes domestiques, une autre manière de tailler, qui me permet de leur donner plus de longueur sans employer plus de toile. Je mets dans la paire de draps 10 mètres de toile, que je coupe en trois morceaux; je partage un de ces morceaux en deux parties dans le sens de la longueur, et de cette façon chaque drap est formé d’un lé et demi. La longueur de ces draps permet d’y rouler complètement le traversin, de les rabattre sur la couture , et leur largeur est très-convenable pour un lit de 1 mètre. Ils seraient un peu étroits pour un lit de 1"'33; mais les lits des domestiques ont rarement cette largeur.

Les lessives blanchissent rapidement la toile employée écrue; aussi je crois inutile de la faire blanchir avant d’en confection-

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TOI- des draps de domestiques; le blanchiment nuit toujours à la solidité. Il suffit de mettre la toile une fois à la lessive avant de l’employer, surtout pour qu’il n’y ait pas d’erreur sur la mesure lorsqu’on taille les draps , car elle se retire beaucoup au premier blanchissage; aussi, lorsqu’on achète de la toile, on doit calculer qu’elle diminuera d’un vingtième, c’est-à-dire de 4 p. 100. Avant de la mettre à la lessive, sortant du métier, il faut la faire tremper dans l’eau pendant vingt-quatre heures , sans <juoi la lessive pourrait ne pas la pénétrer dans toutes ses parties.

Numérotage. — Les draps doivent être numérotés par paire , c’est-à-dire que deux draps semblables doivent porter le même numéro. C’est le seul moyen de les appareiller, de faire servir chaque paire à tour de rôle et de s’assurer de leur compte; puis, quand on les tient ainsi appareillés , ils s’usent également.

En rangeant les draps dans l’armoire, on suspend à chaque paire, au moyen d’un ruban, une petite étiquette en carton. Cette étiquette porte le numéro des draps ; on n’est pas obligé de les déplier pour i-econnaître leur numéro.

Raccommodage. — Lorsque les draps commencent à être usés dans le milieu , il est nécessaire de les retourner, c’est-à-dire de défaire le surjet qui joint les deux lisières, et de le refaire sur les deux autres lisières qui se trouvaient au bord. Il ne faut pas attendre, pour cette opération, que les draps soient percés au milieu, il faut la faire dès qu’ils sont en partie usés ; on change aussi la marque, qui, sans cela, se trouverait au centre, ce qui serait gênant lorsqu’on veut vérifier le numéro. Par ce moyen, les draps s’usent également dans toutes leurs parties , ce qui prolonge leur durée. Pour ceux qui n’ont qu’un lé et demi, on enlève le demi-lé, et on le reporte sur l’autre lisière.

On doit éviter de mettre des pièces aux draps : c’est fort laid; il faut donc y faire, autant que possible, des rqmses. Si l’on est obligé de mettre des pièces à des draps encore bons, il faut enlever la partie endommagée, tailler un morceau de toile absolument pareille et exactement de la même dimension, et le placer dans le drap au moyen d’une ''ipiécé.

couture fort propre et fort solide que l’on fait en prenant avec l’aiguille, sans plier la toile, une certaine largeur du drap, et une même

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proportion dU morceau de toile qu’on veut placer dans le di-^; ir faut rapprocher les points de couture les uns des autres. J’appelle cette espèce de couture un pur-d -par-là (grav. 70), et je l’emploie souvent lorsque je ne veux ni faire une reprise ni mettre une pièce en surjet. Lorsque cette couture est faite avec régularité, elle est fort propre et absolument plate. Les pièces cousues en surjet et rabattues font un mauvais effet.

Taies d’oreiller.

Choix de l’étoffe. — On fait peu de taies d’oreiller en calicot, parce qu’il est toujours un peu pelucheux et par conséquent d’un contact désagréable pour le visage. On emploie, pour les faire , de fa percale ou de la toile de O^OO de large ; la toile de Bretagne convient très-bien , parce qu’elle est blanche et douce..

Taies à boutonnières. — Les taies d’oreiller fermées avec des boutons sont beaucoup plus propres que celles qui sont fermées avec des cordons. Lorsqu’on confectionne des taies d’oreiller à boutonnières, on donne à la toile un peu plus de longueur qu’il ne faut pour former un carré, et, en la cousant, on laisse dépasser d’une certaine longueur un côté sur l’autre. On fait, du côté le plus court , un ourlet assez large, sur lequel on coud les boutons ; de l’autre côté , on fait un ourlet pareil , et on y établit les boutonnières. Alors le- second ourlet dépasse assez le premier pour atteindre les boutons sans que le carré parfait que doit représenter une taie d’oreiller soit détruit. Ces deux ourlets , assez, larges , sont donc croisés l’un sur l’autre. On fait les boutonnières en travers; et non parallèlement à l’ourlet : sans ce soin, les boutons ne tiendraient pas boutonnés.

Serviettes,

Bimendon. — La dimension des serviettes et surtout l’espèce de toile qui sert à les confectionner varient suivant la contrée qu’on habite. On doit, autant que possible, conserver une juste proportion de leurs dimensions. Les serviettes qui ont moins de 0'"70 de longueur sont trop petites, ne rendent pas tous les services qu’on en attend, et ont un air de mesquinerie désagréable ; les sen'iettes de plus de 1 mètre de long sont trop grandes et deviennent embarrassantes. La dimension de 0“80 est la plus convenable.

Choix de l’étoffe. — J’engage une ménagère à ne pas avoir

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des serviettes très-fines : à la campagne, on mange beaucoup do fruits , les serviettes en sont souvent tachées ; lorsqu’elles sont fines, on les use beaucoup dans les Irottements qui sont nécessaires pour enlever ces taches.

Serviettes en toile ouvrée. — Lorsqu’on achète un assortiment de linge, il faut préférer le linge ouvré , qui a bonne apparence même sans être de ti’ès-helle qualité. On vend ce genre de linge au mètre; il est donc très-facile de donner aux serviettes la longueur qu’on désire. Le linge ouvré est fort joli, et, bien qu’il coûte un peu plus cher (pie le linge uni, comme il dure beaucoup plus longtemps, il n’est pas, en définitive, plus dispendieux. On peut même l’employer écruq il blanchit très-vite, parce qu’il est fait avec du lin de belle qualité. On fait aussi du linge damassé, qui est le jdus beau de tout celui employé au service de la table; il a beaucoup diminué de valeur depuis quelques années, mais comme on s’en sert rarement à la campagne, je m’abstiendrai d’en parler.

Serviettes à liteaux. — Les serviettes en toile unie ont de petits liteaux bleus ou blancs ; celles à liteaux bleus me paraissent plus convenables pour le service de la table.

Serviettes en coton. — Le linge de coton est également employé, mais je n’en conseille pas l’usage. Lorsqu’il est neuf, il est assez agréable; mais lorsqu’il vieillit, il est mou et pelucheux. Il faut le repasser lorsqu’il est encore un peu humide, et jamais du coté de l’envers. Pour le conserver longtemps et pour qu’il soit d’un usage agréable, il faut le faire passer au cylindre, ce qui est difficile à- la campagne, et coûteux.

Serviettes de toilette. — Elles jieuvent être en toile unie ou à liteaux blancs ; leur dimension sera la même que les serviettes de table, mais elles seront plus légères, et plutôt en fil qu’en coton; dix-buit par personne sont suffisantes.

Numérotage. — Les serviettes doivent être numérotées par douzaine, c est-â-dire que chacune des serviettes de la même douzaine doit porter le même numéro. C’est le meilleur moyen de contrôle pour s’assurer facilement de leur compte, et pour qu’on ait la certitude de les faire servir à tour de rôle. Pour les raimer on enveloppe chaque douzaine dans une des serviettes du même numeio,en 1 attachant avec trois épinglés. On suspend à chaque paquet une petite étiquette semblable à celle que l’on met aux draps, on y inscrit le numéro de la douzaine.

Raccommodage. — Les serviettes doivent litre raccommodées

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autant que possible, au moyen de reprises; si l’on est forcé d’y mettre des pièces, on emploie le genre de couture que j’ai indiqué pour les draps.

Nappes.

Les nappes doivent être appareillées aux serviettes; cependant si l’on n’avait pas une quantité suffisante de même toile, on pourrait avoir quelques nappes d’une toile à dessin différent ou en coton damassé, qu’on peut associer au besoin à des serviettes de fil.

On raccommode les nappes de la même manière que les serviettes.

Torchons.

Choix de l'étoffe. — Quelquefois on fait les torchons avec une toile très-grosse et claire par économie et pour pouvoir s’en servir plus promptement à essuyer la vaisselle, car des torchons neufs en toile *serrée ne peuvent pas être employés à cet usage; mais, aussitôt que cette toile claii-e commence à être usée, elle devient tellement molle et pelucheuse, qu’elle laisse du duvet sur la vaisselle , et on la déchire avec la plus grande facilité : alors l’économie qu’on avait cru faire en l’achetant est illusoire. Il est donc très-économique d’avoir de bonne toile de largeur convenable , pas trop grossière , et dont les lisières soient bien faites. Dans les premiers temps , on coud des cordons aux torchons , et ils servent de tabliers de cuisine : après quelques blanchissages , on ôte les cordons , et ils peuvent être employés à leurs usages habituels.

La toile à torchons , pour être bonne , doit être ce qu’on appelle carrée , c’est-à-dire que la chaîne et la trame doivent être presque de la même gi’osseur et faites d’un fil rond, et non plat, comme celui de beaucoup de toiles.

Taille des torchons. — A Pai-is , on emploie pour faire, des torchons une toile de 0“70 à peu près de largeur, et on donne aux torchons une longueur de 0‘“90; c’est la forme et la dimension convenables pour le service. Dans plusieurs provinces, on emploie , pour faire des torchons , une toile de 1*''20 de large , cou- ])ée en deux , ce qui fait des torchons beaucoup plus étroits dans un sens que dans l’autre , ou en bandes coupées en ti avers de la toile, ce qui produit le même l’ésu Hat. Ces torchons n’ont point une forme commode pour qu’on puisse bien saisir une assiette

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et l’essuyer, ou pour envelopper quoi que ce soit : ils sont trop longs et trop étroits, et, si on leur donne une largeur convenable, ils sont trop grands. Je trouve que la toile employée à Paris est d’une largeur plus commode.

Si l’on est forcé d’employer une toile de l“20de large, il faut prendre les deux tiers de la toile dans sa largeur pour faire un torchon , auquel on donne 0™90 de longueur, et réunir deux autres tiers par un surjet, ce qui forme un torchon de la même largeur, mais composé de deux morceaux. Cette couture faite au milieu , sur la lisière , n’a pas de grands inconvénients ; elle se présente dans un tiers des torchons. La proportion des torchons doit être la môme que celle des serviettes , c’est-à-dire qu’on doit en avoir trois douzaines par maître. En en achetant une douzaine tous les ans, on les entretiendra facilement.

Numérotage. — Les torchons, comme les serviettes, sont numérotés par douzaines.

Simeillance. — Une maîtresse de maison doit surveiller l’emploi des torchons : si elle limite le nombre qu’elle en délivre par semaine, elle s’expose à voir sa vaisselle essuyée avec des torchons sales ; si elle laisse à ses domestiques la liberté de prendre des torchons propres quand il leur plaît, ils en abusent et n’en ont aucun soin. Elle doit donc s’assurer par elle-même de l’emploi qu’on en fait; lorsque les domestiquos sauront que la surveillance de la maîtresse de la maison est en éveil , ils auront soin des torchons.

On doit exigea’ que les bons torchons ne soient jamais em- ]jloyés aux services les plus grossiers , ce qui les endommage beaucoup; pour ces services on ne doit employer que des torchons déjà usés.

Tabliers.

Tabliers de cuisine. — Outre les torchons, il faut, pour le service de la cuisine , des tabliers de toile. On avait autrefois l’habitude encore générale dans certaines provinces, de ne Aiire porter aux cuisinières que de grands tabliers de toile blanche; l’entretien de ces tabliers est assez coûteux, parce qu’ils sont promptement salis et qu’il faut beaucoiqi de toile pour les faire; on peut les remplacer par des tabliers de cotonnade de couleur, ce qui est économique , mais, il faut le dire, ce qui n’a pas l’air propre.

Tordions éi cordons. — A Paris, où le blanchissage est fort

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cher et où cependant on tient beaucoup à ce que les cuisinières aient toujours une tenue d’une scrupuleuse ^propreté, on a adopté l’usage des torchons à cordons. Ils sont plus grands de 0“04 à 0™05 tout au plus que les torchons oi’dinaires ; on coud à une distance de 0‘“10 de la lisière , sur l’ourlet et de chaque côté , un ruban de lil assez long pour qu’il puisse être croisé derrière la taille et attaché par devant. Ce genre de tablier, est préférable à tout autre : il est peu coûteux d’achat et de blanchissage, et, au moment où la cuisinière s’occupe de son travail spécial de cuisine, elle le met par-dessus son tablier blanc ou de couleur ; elle peut le changer souvent sans qu’il en résulte la dépense de blanchissage et de toile que nécessitent Jes grands tabliers de toile blanche. Les autres servantes de la maison peuvent aussi , par moments , se servir de ces torchons en guise de tablier.

Tabliers de calicot. — Les servantes doivent porter ordinairement des tabliers de couleur dans une maison aussi modeste que doit l’être celle d’une fermière; mais je conseille l’achat de tabliers de calicot blanc, dont les servantes ne feront usage que pour servir à table, pour faire les lits, et chaque fois qu’elles sortiront avec leur maîtresse ou ses enfants ; c’est plus propre et plus convenable.

Essuie-mains.

Il faut aussi, dans un ménage, des essuie-mains pour les maîtres et les domestiques. Ceux réservés aux maîtres doivent être en toile blanche ; ceux qui sont destinés aux domestiques peuvent être en toile semblable aux toi'chons à cordons» Un essuie-mains doit toujours être suspendu à côté de la fontaine à laver les mains. On met de petites boucles de rubans de fil à deux des coins pour le suspendre à un clou; sans cette précaution, un essuie-mains accroché à un clou par une de ses extrémités est constamment tombé et peut se déchirer.

nLXNCIIISSAGE DU LINGE.

Buanderie.

On appelle buanderie la chambre exclusivement consacrée aux lessives ; il est indispensable qu’elle soit située au rez-dechaussée.

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Lessive. — La lessive a pour but de laver à. la fois et à peu de frais une grande quantité de linge.

Depuis quelques années, l’usage des buanderies à vapeur s’est tellement répandu à cause de la perfection et de l’économie qu’elles procurent dans le blanchissage et la durée du linge, que je ne puis trop engager notre ménagère à les adopter, et je suis tellement convaincue de leurs avantages que je ne dirai plus rien de la lessive à la cendre, à laquelle on ne doit plus avoir recours, et je ne parlerai du savonnage que très-sommairement, parce qu’on ne doit l’employer maintenant que pour le linge de couleur; on le remplacera, pour le linge blanc avec grand avantage, par l’emploi d’un appareil à vapeur de petite dimension comme de 5 ou 10 kilogr. de linge pesé sec.

Savonnage. — Après avoir bien décrassé le linge, en employant du savon dans de l’eau plus que tiède , et en le frottant sur une planche à savonner et entre les mains, dans un baquet monté sur des pieds ou placé sur deu.v chaises, on fait dissoudre de 300 à 400 grammes de cristaux de soude dans 10 à 15 litres d’eau bien chaude, puis on la verse sur le linge qu’on a replacé dans le baquet après l’avoir vidé. On couvre avec une toile et s on laisse tremper pendant plusieurs heures dans cette dissolution. Lorsqu’on veut achever le savonnage , on prend une partie de celte eau qu’on l'emet à chauffer et on la verse sur le linge, qu’on frotte de nouveau ; il atteint une grande blancheur. On le rince à plusieurs eaux, on le met au bleu et on le fait sécher.

Savo7inage du linge de couleur. — Après avoir lavé tout le linge qui a trempé dans cette eau de cristaux, on peut y laver le linge de couleur en ajoutant un peu de savon ; mais il faut se hâter de le rincer, car les cristaux de soude altèrent beaucoup les couleurs.

Lessive économique à la vapeur.

Chaptal et BeiThollet ont été les premiers à annoncer que , pour le blanchissage du linge comme pour le blanchissage des toiles et calicots, le lessivage à la vapeur libre et sans pression est le mode le plus salubre, celui qui altère le moins les tissus, tout en donnant les résultats les meilleurs, les plus prompts et les plus économiques; mais le lessivage à la vapeur fit peu de progrès pendant longtemps.

Appareils Charles. — Dans un concours organisé par la So- •ciété d’encouragement pour l’industrie nationale, les appareils 'Charles furent reconnus comme étâi?t simples et d’un service

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facile , et on jugea qu’ils rendaient à l’économie domestique le service de faire entrer dans la pratique le blanchissage à la vapeur, inutilement préconisé jusque-là; et, en effet, depuis cette invention, les appareils pour le blanchissage à la vapeur sont de plus en plus recherchés.

La simplicité de ces appareils les rend d’un usage et d’un entretien très-faciles et peu dispendieux. Il y en a de deux sortes : les uns ont la forme d’un cuvier ; les autres sont en forme de baignoire (grav. 71), dont ils peuvent tenir lieu. La vapeur y agit sans pression, et il ne s’y trouve

Grav. 71. — Baignoire-buanderie. • SOUpapes ni méca-

nisme compliqué.

Lessiveuse économique de M. Beaume. — Outre les appareils Charles, toujours recommandables, les appareils de M. Beaume, plus nouveaux, m’ont paru surtout mériter de fixer l’attention.

L’appareil de M. Beaume (grav. 72) se compose d’un cuvier en tôle galvanisée à l’intérieur ; au fond de l’appareil se trouve un faux fond percé de trous sur lequel est soudé une colonne en tôle galvanisée et terminée en haut par un champignon.

Le fonctionnement mécanique de cet appareil est facile à expliquer : on sait que la lessive, comme le lait, dès qu’elle est chauffée à une certaine température, augmente de volume et se répand hors des vases qui la contiennent.

Dans les appareils Beaume cette propriété est utilisée : le linge qui est placé sur le faux fond forme obstacle à la lessive lorsqu’elle tente de monter; elle est obligée de monter par la colonne ou tube central et de se répandre bien également sur le linge par le champignon (grav. 73).

Le fourneau, en fonte et d’une construction solide, est disposé avec retour de flamme , et procure par ce moyen une grande économie sur le combustible.

Manière d’opérer. — Pour faire la lessive avec les lessiveuses Beaume il n’e.st pas nécessaire d’essanger le linge, il suffit de le

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laisser tremper clans l’eau froide ou mieux clans l’eau un peu chaude. 11 faut aussi faire disparaître à l’eau tiède les taches de sang et autres. Le linge ainsi trempé, il faut le retirer et surtout ne pas le tordre (cette recommandation est très-urgente, car si on négligeait de l’ohserver on pourrait avoir une ties-mau\aise lessive) ; on laisse seulement égoutter le linge ciiui minutes sur un tréteau, ensuite on procède à l’encuvage en plaçant le plus gros linge dessous, comme les torchons, les essuie-mains, les bas, etc..

Grav. 73.

■ Coui» de la lessiveuse Be.iume.

Grav. 72. — Lessiven.se économiciue de II. Beaume.

et en le tassant fortement dans le fond; on continue par le linge moins gros, cpi’on tasse un peu moins. 11 faut avoir soin de secouer chaejue pièce c'e linge et de bien l’étendre dans le cuvier.

Le linge doit reposer sur ce faux fond dont j’ai parlé plus haut et être i;angé autour de la colonne jusqu’à la hauteur des pitons où s’accroche la grille, puis on accroche la grille qui a pour mission d’omiièchcr le linge en se gonflant, d’obstruer le cham])ignon et de s’opposer par là à ce que la lessive se répande j'égulièrement sur le linge ; cette grille empêche aussi le linge de soulever le couvercle et par consécjuent la lessive de se réjiandre au dehors.

On i)i-éi>are la lessive de la manière suivante :

Pour chaque kil. de linge pesé sec il faut 1 liti'c d’eau dans le([uel on fait dissoudre : 50 grammes de cristaux de soude pour du linge fin peu sale; GO grammes, pour du linge de corps, de table et de lit ; 75 grammes pour le linge gras et les torchons.

TENUE DU MÉNi^GE.

On fait dissoudre sur le feu les cristaux dans une petite portion de l’eau à employer, afin de ne pas être obligé de chauffer une très-forte quantité d’eau et on mêle ensuite avec l’eau qui reste ; il faut avoir soin d’arroser le linge qui est dans le cuvier, puis on allume immédiatement le feu et il n’est plus nécessaire ensuite de s’occuper de la lessive qui se coule seule dans un délai qui varie de 3 à 5 heures suivant la grandeur des appareils.

Supposons une lessiveuse pour 10 kil. de linge sec : préparer

10 litres d’eau, en prendre environ 3 ou 4 litres, faire dissoudre dedans 500, COO ou 750 grammes de cristaux de soude, suivant le degré de saleté du linge, les mêler ensuite avec ce qui reste d’eau et arroser le linge qui est dans le cuvier avec cette solution .

Si au lieu d’employer la soude comme agent pour faire la lessive, on se sert de cendres, il suffit de les mettre dans un sac ou entre deux linges et de les déposer sur la surface du linge que l’on arrosera ensuite avec la quantité de liquide annoncée ci-des- , sus, mais qui ne serait dans ce cas que de l’eau pure. Dans les deux cas, après avoir allumé le feu on soutirera parle robinet de la cuve quelques seaux de liquide que l’on versera sur là surface du linge pour bien opérer le mélange de tout le liquide avec l’alcali, puis on met le couvercle de la cuve et on entretient l’ébulition pendant 3 heures pour les appareils du n“ 5, 3 ou 4 heures pour le n" 4, et 5 heures pour les autres de 5 à 9.

Le feu doit être poussé avec activité, sans exagération cependant ; au bout de deux heures et demie ou trois heures pour les petits cuviers, et quatre heures et demie ou cinq heures pour les plus grands, l’opération doit être terminée, si le feu a été bien conduit. On cesse d’alimenter le foyer, et on laisse le feu s’éteindre seul. On peut, à la rigueur, procéder au lavage de suite, mais

11 est infiniment mieux d’attendre quelques heures pour une petite lessive qui n’est composée que de linge fin, et, pour une lessive ordinaire, jusqu’au lendemain, si l’on a chauffé la lessive le soir, ce qu’on doit faire ordinairejnent.

Si l'appareil est neuf, il faut, la première fois que l’on s’en sert, le garnir d’un morceau de linge pour éviter des taches qui pourraient se produire, ce qui n’arrive i)lus lorsqu’il a servi l)lusieurs fois. Après le service, le cuvier devra être très-bien lavé.

La maison Beaume, route de la Reine CO, à Boulogne près Paris, fabrique dos appareils de lessive de toutes dimensions.

Les appareils ronds pour 5 kil. de linge sec coûtent 15 fr. Les autres avec fourneau en fonte, à retour de flamme :

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