RESPIRATION
gane qu'émerge le canal cholédoque, conduit excréteur qui porte la bile dans la première portion de l'intestin grêle, où cette liqueur, dont le mode d'action sur les substances alimentaires est complètement ignore, se mêle au chyme.
Dans les animaux domestiques autres que le cheval, l'âne et le mulet, l'appareil excréteur du foie se compose de trois canaux communiquant tant entre eux qu'avec une petite poche appelée vésicule biliaire, dans laquelle la bile est tenue en réserve. Le premier de ces conduits, étendu du foie au col de la vésicule, est nommé canal hépatique ; le second, qui n'est réellement que le col trèsalongé de ce réservoir, est nommé canal cystique, et le troisième, qui émerge du point ou les deux p'^emiers se réunissent, pour de là se rendre à l'intestin, est appelé canal cholédoque.
2" La rate est un organe spongieux, vasculaire, situé dans l'hypocondre gauche, le long de la grande courbure de l'estomac, à laquelle le suspend une duplicature du péritoine nommée épiploon splénogas trique. Les usages de la rate sont inconnus. Dans les ruminans, la rate est attachée le long du sac gauche du rumen.
3° Le pancréas estune glande déforme trèsirréguliere, située en travers de la région lombaire derrière l'estomac, et en dessus du colon : il sécrète un liquide nommé suc pancréatique, qui est versé dans la première portion de l'intestin grêle par un canal excréteur extrêmement court.
Les différences que présente cet organe dans les autres animaux domestiques sont relatives à sa forme et au nombre de ses canaux excréteurs seulement
Section llli — Jppareilde la respiration.
Cet appareil, dont le grand développement est toujours le cachet d'une constitution énergique, a pour but la transformation du sang veineux en sang artériel, ou la revivificalion du sang au moyen de l'air atmosphérique. Il se compose d'un organe essentiel, {^poumon, et d'un conduit à l'aide duquel cet organe communique librement avec l'air extérieur. Ce conduit, plus ou moins long, comprend : 1° \e^ fosses nasales, où siège le sens explorateur des qualités de l'air; 2° le pharynx, que nous avons fait connaître en tiaitant th; l'appareil digestif auquel il ap|)arlif^nl plus spécialement; 3" le larynx, organe essentiel de la voix, auquel sont annexés deux corps glandi formes nommés thyroïdes; 4" la trachée; ù° enïin les bronches.
§ I''. — Des fosses nasales.
Les fosses nasales sont deux cpvjtés aiifractueuses, séparées l'une de l'autre par uun cloison médiane (|ui fait suite à la lame pei-pendiculaire de l'éthmoïde, et prolongées pai" des arrière- cavités nommées sinus, entre quelques-uns des os de la face et du crâne. Chaque fosse nasale présente deux ouvertures : l'antérieure, bordée de deux lèvres mobiles, forme l'entrée des voies respiratoires; la postérieure, invariable dans ses dimensions,
132 ANIMAUX DOMESTIQUES : ANATOMIE fait communiquer les fosses nasales avec le pharynx. Parmi les os qui forment les parois de ces cavités, les uns, tels que réthmoïde et les cornets, représentent des espèces de volutes que tapisse une membrane muqueuse très-organisée, à laquelle on a donné le nom de pituitaire.
§ II. — Du larynx.
Cet organe, qui forme en quelque sorte la tête de la trachée, se trouve suspendu à l'cjs hyoïde en regard de l'ouverture postéricnire ou gutturale des cavités nasales. Cinq cartilages mobiles les uns sur les autres, savoir : le cricoïde^ le thyroïde, les deux arythénoïdes et Vêpiglottc, deux ligamens internes ou cordes vocales réunis antérieurement à angle aigu, sont, avec des muscles et une membrane muqueuse douée d'une sensibilité trèsexquise, les partîtes qui composent le petit appareil de la voix dont la cavité s'ouvre supérieurement dans le pharynx, et inférieurement dans la trachée.
§ III. — De la trachée et des thyroïdes.
Tronc commun des canaux aérifères ramifiés dans le poumon, la trachée est un long et large conduit composé : 1° d'une succession de cerceaux cartilagineux interrompus en arrière; 2° d'une membrane charnue qui en détermine le resserrement; 3° enfin d'une membrane muqueuse très-peu sensible. Elle commence au larynx, traverse le cou, pénètre dans la poitrine, et se termine au niveau de la base du cœur en donnant naissance aux bronches. — C'est sur les côtés des premiers cerceaux de ce concUiit que sont appliquées les thyroïdes, corps glaudiformes , rougeàtres, dont l'usage est complètement ignoré,
§ IV. — Des bronches.
Les bronches sont les deux branches de bifurcation de la trachée; l'une est destinée pour le poumon droit, l'autre d'un calibre un peu moins considérable, est propre au poumon gauche. Après s'être divisées et subdivisées en une multitude de tuyaux successivement décroissans à l'intéi'ieur des ponmons, les bronches aboutissent dans de petites vésicules à parois excessivement minces, dont l'agglomération en nombre plus ou moins considérable à la terminaison de ces tuyaux aéiifères constitue un lobule pulmonaire.
Les bronches sont formées de segmens cartilagineux, d'une membrane c\\d.\'ay\Q(\\\\ concourt à produire l'affaissement du poumon, enfin d'une membrane muqueuse formant à elle seule les tuyaux bronchiques à leur terminaison, ainsi que les parois des vésicules pulmonaires.
§ V. — Dci poumons et du thorax.
Les poumons, que l'on peut à juste titre considérer comme deux parties d'un même organe, attendu qu'ils reçoivent l'air d'un même conduit et le sang d'un même tronc vasculaire, qu'ils ont une organisation et des fonctions identiques, sont situés dans le
ET PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX, liv. m.
thorax qu'ils remplissent exactement, et séjiarés l'un de l'autre par le médiastin et le cœur avec lequel ils ont des connexions physiologiques très-inlimes. Bien différente de la cavité abdominale sous le rapport de son organisation et de son mécanisme, la poitrine ne présente que des alternatives très-limitées de dilatation et de resserrement en harmonie avec les deux actes dont se compose la respiration. Sa capacité étant toujours proportionnelle au volume des poumons, et un poumon volumineux se rencontrant constamment avec un appareil musculaire doué d'une grande énergie, il s'ensuit que l'ampleur du thorax est le cachet non équivoque d'une constitution vigoureuse. — Deux membranes séreuses, les plèvres, tapissent l'intérieur de la poitrine et se replient à l'origine des bronches pour envelopper chaque poumon; de leur adossemenl résulte une cloison antéro-poslérieure, nommée médiastin.
Les poumons sont formés d'une innombrable quantité de lobules distincts attachés le long des canaux aériens avec lesquels ils communiquent. Chacim de ces lobules est constitué par un groupe de vésicules dans lesquelles aboutit un tuyau bronchique ; c'est sur les parois excessivement minces de ces vésicules, qui communiquent toutes entre elles dans le même lobule, que le sang apporté par l'artère pulmonaire est pour ainsi dire étalé, molécule à molécule, et qu'après y avoir éprouvé l'influence de l'air, il est repris et rapporté dans les cavités gauches du cœur par les veines pulmonaires.
Les poumons sont les organes essentiel:
de la respiration. Celle fonction, par laquelle le sang, de noir et d'impropre qu'il était à entretenir la vie, devient rouge et vivifiant, se compose de deux mouvemens alternatits : l'un de dilatation, par lequel l'air atmosphérique est attiré dans le poumon, c'est Vinxpiration ; l'autre de resserrement, par lequel l'air modifié dans sa composition est expulsé de l'organe pulmonaire, constitue Xe.rpiration.
Dans les ruminans, les lobules pulmonaires sont généralement plus volumineux, et séparés par une couclie j)lus épaisse de tissu cellulaire; les vésicules pulmonaires sont aussi plus grandes et moins nombreuses. Cette structure en quelque sorte plus grossière du poumon, qui le rapproche un peu de celui des reptiles, ne doit-elle pas avoir pour conséquence immédiate une respiration moins complète, une conslitution moins énergique, et n'est-ce pas en effet ce que l'on observe dans ces animaux?
Section iv. — Appareil de la circulation.
Cet appareil, quia des connexions anatomi-
aues et physiologiques si intimes avec celui e la respiration, se compose d'un organe central, le cœur, agent d'impulsion du sang, et des vaisseaux distingués en artère:, veines et lymphatiques.
§ I". — Du cœur et du péricarde.
Le cœur, viscère musculeux, raïqiiel abrutissent toutes les veines, et duquel émanent les
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