‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 111 sur 325 · CHAI'. 2. CONSIDÉRATIONS SUR · texte numérisé non relu

CHAI'. 2. CONSIDÉRATIONS SUR

chevaux énergi<ques, qui ne sont que tout <ime, bientôt ruinés et liors de service, parce qu'en eux la tension du moteur est trop forte jH)ur les rouages de la machine, et qu'ils ne sauraient y résister.

On entend par défectuosité, l'absence d'ur.e ou plusieurs Ac?^ conditions qui indiquent la beauté. Nous devons faire observer ici que souvent, dans le vulgaire, on considère comme beau dans la conformation d'un animal ce qui plait simplement au regard, et comme défectueux ce qui parait disgracieux. Or, il est de remarque que souvent une beauté d'apparence doit être considérée comme une défectuosité nielle, et que, vue nersa^ souvent ce qui parait défectueux est beau dans l'acception propre du mot. Ainsi, par exemple, l'on entend dire tous les jours qu une tête effilée est belle et qu'une tête camuse est défectueuse. Nous \erions plus loin que l'une et l'autre de ces opinions sont également fausses et démenties par la raison.

Le nom de tares est employé pour désigner les cicatrices que porte l'animai à la surface du corps, soit qu'elles proviennent d'opérations qu'il a subies ou de lésions qui lui sont survenues par accident.

Enfin on appelle vices les défauts qui, dépendant du moral ou du caractère de l'animal, ne se manifestent à l'extérieur que par son expression physionomique. Ainsi, les chevaux méchans ou rétifs ont dans les mouvemens de leurs oreilles, dans l'expression de leurs yeux, un caractère particulier qui dénonce en eux l'existence de leurs vices.

Section i''^. — Considérations sur la machine animale et son appareil de mouvement.

Le squelette des animaux forme, comme on l'a vu dans les considérations d'analomie, une véritable charpente osseuse qui prête un appui solide à toutes les parties du corps, et en détermine, comme dit Richehand, la grandeur, les proportions, la forme et l'attitude.

Les membres, parties essentielles de l'appareil locomoteur, sont formés par une colonne centrale brisée dans plusieurs points de son étendue, mobile en plusieurs sens, autour de laquelle se groupent, par régions, les muscles owjorces destines à mouvoir les os ou leviers qui la constituent.

Les os sont disposés angulairement les uns au-dessus des autres ; mobiles à leurs points do contact ou articulations, ils présentent tous une conformation analogue; épais et volumineux à leurs extrémités, ils sont plus minces et ordinairement arrondis dans leur milieu; tous sont creusés à leur intérieur d'un canal médullaire. La raison de cette manière d'être est facile à trouver : ces organes devant remplir dans la machine l'usage important de leviers, la présence dans leur intérieur d'un canal médullaire leur donne pi us de résistance, d'après ce principe : que de deux colonnes creuses Jorniees d'une école quantité de la même matière et de même hauteur.^ celle qui présentera la cavité la plus considérable sera la plus forte. Le renflement des extrémités osseuses présente en outre le double avantage d'offrLi' aux articulations de larges surfaces, et de concourir, comme le pense Bicuat, à la i-é-

LA xMACniNE ANIMALE. I5i

gularilé des formes; car ce sont précisément les parties renflées des muscles qui correspouden» aux parties amincies des os.

Les muscles, formés de fibres juxta-posées et non entrelacées, s'implantent sur les os au moyen de tendons, cordes flexibles et inextensibles dont l'une des extrémités aboutit à l'os, tandis que l'aulre se prolonge dans l'épaisseur même du muscle, et s'y épanouit en membranes {aponévro.ses d' intersection)., sur lesquelles s'implantent les fibres motrices. Ainsi i.\^\A\ élemens principaux entrent dans la composition des muscles, le tissu charnu proprement dit, et le tissu tendineux. Au premier appartient la propriété de se contracter on àe. se raccourcir, au second celle de transmettre les effela de la contraclion. Or ces deux élemens n'entrent pas toujours en même proportion dans la composition des muscles, et, suivant que l'un ou l'autre prédomine, l'organe moteur présente des caractères dilférens. Parmi les muscles, en effet, les uns ont ce que l'on appelle une organisation complexe; en eux les fibres charnues sont très-courtes, mais Irès-mullipliées, parce que les surfacer>sur lesquelles elles s'implantent sont très-étendues. Lorsqu'on les coupe suivant leur longueur, on remarque en eux une disposition telle, que toutes leurs fibres très-courtes s(jnt dirigées obliquement entre les membranes fibreuses qui se sont prolongées dans leur substance. Ceux-là sont principalement caractérisés par le peu d'étendue, mais la grande force des mouvemens : « En effet, toutes les fibres étant » également grosses, elles ont le même degré

de force, et celte force, considérée dans un » muscle en tofalité, est mesurée par lenora- » bre de ses fibres. » (Richat.)

Que si, au contraire, la. longueur du muscle est due à de lontcues fibres charnues; si en lui l'élément fibreux n'entre que peu ou point, nécessairement il devra produire des mouvemens très- étendus, « car plus une fibre est » longue, plus elle se raccourcit dans sa con- » traction: donc, en se contractant, les musu clés rapprochent d'autant plus les os aux- » quels ils s'attachent, que leurs fibres sont » plus longues. » (Bichat.)

Ainsi, règle générale, la lon^nieur des fibres charnues inij>lique nécessairement L'étendue des niouvemens, tandis que leur nombre et leur multiplicité entraînent, comme conséquence nécessaire., lajorce de ces mouvemens., mais dans une étendue limitée. D'après cela, dans un cheval aux rapides allures, les rayons osseux des membres' devront être longs, jnirce que de cette longiieur résulte nécessairement celle des fibres musculaires,etconséquemment une plus grande étendue des mouvemens. Dans le gros cheval de trait, les muscles devront être volumineux, parce que leur volume est l'expression de la force qu'ils peuvent développer.

Considérés dans leurs rapports entre eux et avec les muscles, les os constituent des levier.s du V\ du 2' et du 3"^ genre. L'articulation du jarret nous offre un exemple du les ier du j>reniier genre dans l'action de ruer. Le point d'appui se trouve à l'articulation même, au point C, le calcanéum CD ( fig. >5 ) représente le bras du levier de la puis'^ance musculaire, et la résistance a pour bras de levier toute l'e.x- Irémité inférieure AC.

ANIMAUX JX)MKST1QL'KS : CON Fis. 80. Fie 85.

Celte Tiême articulation noas offre dajis la progression un exemple de laùer ilu 2'" c^enre. Le point d'appui se trouve sur le sol en A; la résistance est représentée par le tibia TC, qui transmet en G tout le poids du corps; enfin ]a puissance est le muscle qui s'attache en D au sommet du caloanéum.

Le Lei,>ier du 3* ^enrc est le plus employé. Ainsi, on en trouve des exemjjles dans les mouvemens d'extension et de flexion du bras sur l'épaule, de l'avant-bras sur le bras, du canon sur l'avant-bras. Considérez, en effet, l'articulation du genou . le point d'appui se trouve en G {fiîi: 86 ) dans l'arliculalion même. La résistance est représentée par Tt^xtrémilé inférieure du membre, et la puissance par les muscles extenseurs ou fléchisseurs cjui s'attachent en B ou en A, très-près de l'articulation.

Si l'on se contentait' de l'examen superficiel de l'appareil moteur et de l'agencement de ses rouages, « on serait tenté, comme le dit M. Gi- » RARD, d'accuser d'imprévoyance la nature » dont les combinaisons sont toujours si sages u et si admirables. » Observez, en effet, la disposition des muscles par rapport aux leviers qu'ils doivent mouvoir. Couclit's sur les os, ils sont avec eux dans un parallélisme presque complet; en outre la plu|)art s'implantent sur les os très-près de leurs articulations, et les meuvent à la manière de leviers du 3' genre, dans lesquels la puissance a toujours un bras de levier plus court que celui de la résistance ; enfin, leurs fibres ctiarnues agissent obliquement sur leurs tendons d'implantation, et conséquemment leur force se trouve décomposée.

D'autres causes de déchets dans la puissance musculaire se retrouvent dans la résistance que les muscles s'opposent réciproquement par antagonisme, et dans le passage des tendons sur une ou plusieurs articulations, dont le jeu et la mobilité détournent une partie de 1t force de traction.

Mais recherchez la raison de ces imperfections apparentes, et vous verrez bientôt l'admirable rapport de moyen à but qui existe entre la disposition des rouages du. mécanisme vjvaiit et les effets qu'il produit. Kt d'abord,

FORMATION EXTÉRIEURE. i.iv. iir.

ce |)arallélisme des puissances musculaires avec leurs bras de levier était nécessité par la régularité des formes; car les membres auraient eu un volume énorme si la direction des muscles s'était rapprochée de la perpendiculaire. Qu'on remaïque bien cependant que ce parallélisme est en partie détruit par le volume des extrémités osseuses, dont la saillie déiourne le muscle de sa direction et agrandit l'angle sous lequel il s'insère. Les éminenccs dont les os sont garnis, la rotule et les sésamoïdes remplissent aussi les mêmes fonctions dans le squelette; comme le renflement des extrémités des os, ces organes ont pour but de favoriser les puissances musculaires, soit en augmentant la longueur de leurs bras de levier, soit en les detouinant de leur direction parallèle à la manière des poulies de renvoi.

Quelques exemples vont me faire comprendre. Examinons l'articulation du fémur avec le tibia; soit AR (Jig. 87 ) le muscle destiné à opérer l'extension du Fig. 87.

second de ces os sur le premier : au lieu de suivre la direction AP, presque parallèle au iaras du leviei",

il va s insérer sous un angle bien plus ouvert à la roUile, qui, attachée an nio}ende ligamens fil-reux, transmet à cet os tout l'effort exercé sur elle. Dans rarticulatiou du fémur avec le coxaJ, l'émiuence osseuse qui domine celte articulation peut être considérée comme le bras de levier des puissances musculaires qui étendent la cuisse sur le bassin. Les apophyses épineuses des vertèbres remplissent encore le même rôle par rapport aux muscles qui viennent s'y implanter; en sorte qu'en règle générale le développement des éminences osseuses et des extrémités articulaires des os doit toujours être recherché comme une beauté dans la conformation d'un animal, puisqu'il implique nécessairement la force des puissances musculaires. Que si, maintenant, nous recherchons pourquoi les muscles s'insèrent sur les os si près des articulations, et les meuvent à la manièrede leviers du troisième genre.nous voyons que le déchet énorne de la force musculaire qu'entraîne l'emploi de ce levier est compensé, et bien au delà, par les avantages qui en résultent pour la vitesse et l'instantanéité des mouvemens. Qu'on examine, en effet, dans le membre antérieur, l'articulation du genou (même figure); certes, la puissance du muscle fléchisseur eût été plus favorisée, si son tendon, au lieu de s'insérer en A, était descendu jusqu'en C à l'extrémité inféiieure du canon. Mais observez que, pour faii e décrire à l'extrémité AP l'arc de cercle Pli, il aurait été forcé de se raccourcir do toute la longueur GC. tandis qu'il suffit d'un raccourcissement infiniment plus court, comme de G en A, pour produire un effet identique. Cet emploi du levier du 3' genre favorise df)i)c la Aitesse du mouvement au do-

pens, il est vrai, de la force musculaire; mais ce désavantage pouvait être contrebalancé dans les muscles en augmentant le nombre de leurs fibres sans augmenter beaucoup leur volume, puisque, par cela même qu'ils sont disposés de manière à produire des mouvemens trèsétendus par une petite contraction, leurs fibres peuvent être plus courtes etconséquemment plus multiplie'es.

11 résulte de ces considérations que les beautés générales à rechercher dans la conformation des animaux, sont le développement énergique des PUISSANCES MUSCULAIRES, le développement et la large UJ- des articulations ^ c l la saillie des éminences osseuses.

Section ii. — Division du cheval.

Boi iiGELAT, le premier des auteurs français c^ui ait fait un traité complet sur la conformation extéxieure du cheval, avait établi pour son étude la division en avant-main, corps proprement dit, et arrière-main. Celte division ne pouvant s'adapter à la description de tous les animaux, puisqu'ils ne sont pas tous susceptibles d'être montés, nous suivrons prcférablement celle adoptée dans l'anatomie vétérinaire.

§ 1". — Delà léto.

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